Test Indygo PC cover

Test: Indygo – Voyage au fond du gouffre…

Dépression, mais prévention.

La dépression. Très souvent minimisée ou diagnostiquée comme un rhume, celle-ci touche plus de personnes que l’on ne le croit. Les studios Pigmentum Game s’y sont intéressé et ont décidé de présenter cette maladie réelle grâce au support ludique du jeu: Indygo. Attention néanmoins, ce jeu n’est pas un remède contre la dépression, ni un documentaire; il s’agit d’une aventure fictive à la fois effrayante et intéressante dont l’issue ne dépend que de vous. Le défi est-il réussi?

« Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi? »

Le personnage que vous incarnez à travers ces tableaux baignés de cette couleur bleu indigo – qui donnera le titre du jeu – est un peintre reconnu du nom de Thomas; il tient un journal intime dans lequel il raconte, au jour 126, qu’il est toujours enfermé volontairement dans son atelier. Il fuit la compagnie du monde extérieur et de son épouse Anna, cette dernière cherchant en vain des solutions pour soigner l’état d’esprit du peintre. Lorsqu’on commence le jeu, il semble être déjà à un stade avancé de son mal être qu’il dépeint de manière significative grâce à des dessins que l’on retrouve dans les décors, ou par le biais de son journal fréquemment mis à jour.

Dans Indygo, les choix du joueur auront des répercussions assez conséquentes sur la suite de l’histoire. Il n’y a pas de but prédéfini, comme obtenir à tout prix un happy end pour notre peintre souffrant. Il y a d’ailleurs plusieurs fins à découvrir en fonction des choix et des actions accomplies durant la partie (j’en ai personnellement trouvé trois, les deux extrêmes et le « juste milieu », mais il est possible qu’il en existe au moins une autre moins évidente). Le seul objectif précis dont le jeu se targue est celui de la découverte d’un des multiples aspects de la dépression. Comme il est stipulé au début du jeu, un état n’est pas l’autre et chaque personne atteinte souffre d’une manière différente. On ne parlera donc pas d’une immersion complète dans la tête d’une personne en dépression – ce qui serait impossible et trop délicat – car les interactions in game pour guérir ou inversement sont beaucoup trop évidentes, en regard des vraies « solutions ». Mais si le joueur peut déjà être informé sur le sujet, voire être capable d’en reconnaître quelques signes, alors le défi que s’était lancé le studio polonais avec son idée de jeu a été relevé comme il fallait.

Test Indygo PC AvertissementTest Indygo PC 2
A gauche, une note explicative sur ce qu’est réellement la dépression.
A droite, un avertissement au lancement de la partie sur les effets néfastes
que pourrait avoir le jeu sur les joueurs les plus sensibles.
 

Une atmosphère sensible

Basé sur un mécanisme de point-&-click, Indygo propose des interactions simples avec son environnement: d’un clic, on récolte des objets nécessaires et observe les décors (observations accompagnées d’une nouvelle remarque pleine de détresse ou d’ironie de la part du peintre). Tous les objets ramassés permettent de résoudre un puzzle ou d’aboutir sur un choix menant ou non à la guérison de Thomas. Ces choix prennent aussi la forme de réponse à des lettres d’intervenants comme Anna ou un médecin. En fonction de l’humeur de Thomas, certaines réponses seront accessibles et changeront également la donne selon le résultat escompté.

Test Indygo PC

Un appel à l’aide ou une lettre d’adieu, à vous de choisir…

En plus de jouer sur l’humeur du personnage principal, les répercussions obtenues après choix influent sur l’atmosphère générale. Ce petit atelier de peintre en désordre, gribouillé au crayon bleu, le deviendra un peu plus si son occupant plonge. La luminosité diminue, les peintures et dessins deviennent des lambeaux de toile, … La boucle musicale au piano qui nous accompagne tout au long de la partie semble devenir plus pesante également. L’avertissement présenté au début du jeu prend donc tout son sens pour les personnes qui seraient plus sensibles à ce genre d’atmosphère, qui ne cessera de se dégrader si les « mauvais » choix sont opérés. Mais quoi que vous cherchiez, toutes les alternatives sont intéressantes et méritent d’être découvertes en se plongeant à plusieurs reprises (à petite dose!) dans l’univers d’Indygo.

« Les répercussions obtenues après choix influent sur l’atmosphère générale. »

Conclusion

Indygo est un jeu qui remplit son rôle comme il se doit: il informe sur le sujet qu’il a choisi, un sujet sensible et qui touche beaucoup de monde de près ou de loin. Le but n’était pas de divertir, mais de sensibiliser par la voie du jeu vidéo, ce qui touche davantage de monde que s’il s’était agi d’un article papier ou d’un documentaire. Le tout dans un univers graphique et sonore significatif et intrigant, sensible aux différents choix opérés dans le jeu. Un petit plus: la note explicative sur la dépression ainsi que l’avertissement au début du jeu. Ce ne sont peut-être que des détails, mais mieux vaut prévenir que guérir.

Temps de lecture : environ 3 minutes

Indygo logo - 150x150

Indygo

  • Développeurs  Pigmentum Game Studio
  • Type Point-&-click, narratif
  • Support PC
  • Sortie 24 Octobre 2017
Indygo à notre sauce...
8/10
Indygo à notre sauce...
Y'a bon
  • Un boulot d'information et de sensibilisation bien accompli
  • Un environnement sensible qui reflète l'état d'esprit du "héros"
  • Des fins multiples pour davantage d'exploration, et donc d'informations
  • La "vulgarisation" d'un mal trop pris à la légère par le jeu
Beuuuuwark
  • Des solutions parfois trop évidentes
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    7/10
  • Contenu
    8/10
Commentaires Facebook
Catégories
Tests jeux
Queen Potato

Prof de français excentrique le jour, gameuse la nuit, Queen Potato soumet les jeux vidéo à sa botte pendant des live streams endiablés. Sauf les survival horror. Ceux-là sont encore des espèces qui lui donnent du fil à retordre.

    Autres articles jeux vidéo

    Dans le même genre