On l’attendait et il est enfin là : le remake de Demon’s Souls comme fer de lance de la PS5, le fondateur, celui par qui tout un genre est né, sur PS3 à l’époque. Et je pense que beaucoup n’étaient à l’époque pas prêts, n’avaient pas compris et se sont heurtés à un mur infranchissable, symbolisé par les remparts de Bolétaria. En 2020, qu’en est-il ?


Demon’s Souls


Supports : PS5

Genre : JRPG

Date de sortie : 19 novembre 2020

Editeur : PlayStation Studios

Développeur : From Software Bluepoint Games

Multijoueurs : Oui


Le remake de Demon’s Souls prouve à lui seul la nécessité de passer sur PS5


  • Visuellement magnifique
  • Le Sound-Design magistral
  • 60fps en 4K dynamique
  • En français
  • Le lore, toujours ausi impressionnant
  • Les temps de chargement, une vraie bénédiction
  • Le mode Photo
  • L’IA des ennemis « d’époque »
  • Pas de « nouveautés », de lieu ou de phases de boss en plus
  • La Dualsense sous-exploitée ?

Le dévoreur d’âme

Personnellement, j’ai acheté Demon’s Souls à sa sortie sur PS3, chez mon revendeur habituel. A l’époque, les genres commençaient déjà à s’entremêler, mais on n’avait encore rien vu qui ressemblait à Demon’s Souls. Punitif, il l’était, mais ce n’était pas le seul jeu comme cela. Son personnage était lent, lourd, soumis à une jauge d’endurance qui l’empêchait de se battre ou d’esquiver correctement. De plus, les ennemis les plus basiques étaient capables de nous tuer très rapidement, et toute notre expérience engrangée était perdue. Une fois mort, nous revenions sous la forme d’un spectre, amputé de la moitié de notre jauge de vie, avec le mince espoir de revenir sur les lieux de notre trépas pour récupérer ce que nous avions perdu.

L’éditeur de personnage est foutrement complet

Autant dire que le désespoir a gagné bon nombre d’entre-nous à l’époque, dont moi – voire Sony, alors éditeur du jeu. Mourir, encore et  toujours, de façon souvent injuste, perdant toute progression dans un monde que nous ne comprenions pas, peuplé d’âme perdues, de démons majeurs et d’étranges gardiens. 11 ans plus tard, l’enfer est devenu un genre à part, presqu’un culte voué au level-design, à la narration environnementale et à l’extrême abnégation. Demon’s Souls, et surtout la trilogie Dark Souls, nous a appris la patience, la prudence et l’humilité. Le jeu voulait notre mort constamment, et rien n’était jamais acquis, excepté notre faiblesse. Mais les récompenses étaient à l’avenant : quel sentiment de réussite à la moindre découverte d’un raccourci – quel génie de création de niveaux ! – au moindre ennemi nouveau terrassé et surtout au terrible boss enfin abattu !

En 2020, sous la houlette de BluePoint Games, des “faiseurs” déjà à la manoeuvre sur l’excellent Remake de Shadow of the Colossus, Demon’s Souls est un titre de lancement de la nouvelle génération de machine chez Playstation et prouve en quelques instants qu’un cap à été franchi techniquement, mais aussi en terme d’état d’esprit. Partez en quête du secret du roi Allant et du démon dévoreur d’âme qui piège tous les pauvres aventuriers en quête de puissance au Nexus.

Bienvenue sur PS5

On ne va pas se voiler la face : les jeux Souls n’ont jamais été des vitrines techniques. Il a fallu des armées de moddeurs sur les versions PC pour rendre le jeu fluide. On va même dire que les jeux étaient majoritairement moches. Et terriblement obscurs en terme de lore. En 10 ans, les joueurs ont décrypté cet univers, morceau par morceau et je ne saurais trop vous conseiller la lecture de Dark Souls: Par-delà la mort de Damien Mecheri et Sylvain Romieu chez Third Editions afin d’y trouver toutes les clés de lecture. Mais pas tout de suite (et pas trop vite).

Lancez-vous d’abord dans Demon’s Souls. Laissez-vous imprégner de son univers, mourrez vite et souvent, et  rendez-vous compte à quel point le jeu va vous rendre meilleur, plus patient, plus attentif. La claque sera grande, le désespoir et la frustration aussi, au début. Au début de chaque nouvelle zone, quand de nouveaux ennemis, de nouveaux défis et de nouvelles morts injustes vont vous tomber dessus. Mais retenez-vous de lancer votre manette au sol. Déjà parce que la Dualsense est chère à remplacer, mais aussi parce que vous allez vous rendre compte que chaque avancée, chaque mètre gagné sur l’ennemi vous procurera un grand sentiment de satisfaction.

Soyez rapide, vous allez devoir passer

La mort n’est pas une délivrance quand elle n’existe pas

Techniquement, Bluepoint Games sublime littéralement chaque brique de Demon’s Souls. Le studio a déjà pu prouver qu’il était capable à la fois de respecter le matériel d’orgine avec une extrême précision tout en en améliorant et corrigeant les écueils. D’un point de vue technique, Demon’s Souls s’en retrouve transcendé : des effets de lumières aux reflets sur les murs en passant par la fluidité exemplaire du jeu, le tout couplé au SSD magique de la Playstation 5 qui permet aux joueurs de passer d’un environnement à l’autre en quelques secondes, mais aussi de revenir à la vie tout aussi rapidement après un échec.

Demon’s Souls propose deux modes distincts, dont un qui permet de jouer à 60fps en 4K dynamique et un Mode Cinématiques capé à 30 fps en 4K. A vous devoir si vous souhaitez profiter d’une fluidité qui apporte du confort supplémentaire au détriment de la résolution (ça a été mon cas) ou garder la 4K au détriment des 60 images par seconde. Dans les deux cas, il n’y a pas de différence visuelle flagrante. Et petite cerise sur le gâteau : l’indispensable mode Photo fait ici son apparition, et croyez-moi qu’il va vous servir !

Foncer n’est pas toujours une bonne idée quand on est poursuivi

La frustration et la douleur sont toujours là, mais quel soulagement de ne devoir attendre qu’une poignée de secondes pour reprendre sa partie, que l’on démarre le jeu depuis l’interface de la console ou que aie été tué lâchement d’une flèche dans le dos juste avant d’atteindre une zone de brouillard, après avoir sué sang et haut pour y parvenir. Oui c’est du vécu.

Le jeu conserve son système d’encombrement si particulier qui fait que plus vous portez une armure lourde et protectrice, moins vous êtes mobile et plus vous dépensez de l’endurance. Un élément qui a son importance et auquel vous serez vite confronté au détour d’un pont attaqué par un dragon. Quand vous comprenez que le seul moyen de passer est d’être intégralement nu pour courir assez vite et éviter les flammes, tandis que des archers vous attendent à l’autre bout, un déclic sur la logique du titre s’opère. La bonne nouvelle, c’est que Bluepoint Games a eu la présence d’esprit de faire en sorte que chaque objet excédentaire soit envoyé dans votre réserve au Nexus, nous évitant des « retour à la base » frustrants pour se vider les poches.

Vous vous sentirez perdus, face aux hordes de monstres devant vous, mais aussi dans le Nexus, ce Hub central contenant les Archipierres des différentes zones – accessibles dans l’ordre de votre choix après le premier boss – simple en apparence, mais complexe dans ses fonctions. Vous y trouverez les PNJ perdus comme vous, d’autres plus utiles comme divers marchands différents de ceux présents dans les niveaux, ou le dernier gardien du Nexus qu’on vous demandera rapidement d’aller voir.

Ne vous attendez d’ailleurs pas à une icône ou quoi que ce soit pour vous guider. La seule interface présente à l’écran comportera votre vie, votre mana, votre endurance et vos objets. Pour le reste, fouillez, cartographiez mentalement les lieux et l’emplacement des personnages importants et avancez prudemment. N’oubliez jamais que dans un Soul, vous n’êtes pas le prédateur, mais la proie.

A ce niveau, les boss sont un peu différents de la série Dark Souls. Mortels pour la plupart, ils ont au final peu de mouvements et vous pourrez sans doute plus facilement les prévoir (un constat qui rappelle l’excellent Hellpoint d’ailleurs), à condition de bien les observer. Déjouer leur pattern rend finalement les affrontements mois stressant… au fil du temps. On notera aussi quelques désagréments dans l’IA ennemie, certains ennemis se bloquant parfois les uns contre les autres, vous octroyant des ouvertures monumentales en vous protégeant de leurs attaques. Des soucis d’époque, dirons-nous.

A ce sujet, gardez en tête également que le titre s’adapte aussi à vous, noircissant sa Tendance à chaque fois que vous trépassez depuis votre forme humaine. Et plus une tendance est sombre, plus les lieux deviennent hostiles. Et oui, là où la plupart des jeux font en sorte de faciliter votre périple au fil de vos échecs, Demon’s Souls n’en devient que plus dur. Aussi – et même si cela vous semble plus difficile au départ – n’essayez pas de retrouver votre forme humaine. Préférez jouer sous forme de spectre, même si cela implique une barre de vie diminuée de moitié. En effet, la Tendance ne change pas si vous trépassez sous forme de spectre. Et si vous redevenez humain après chaque boss vaincu, sachez que perdre la vie dans le Nexus n’a aucune influence sur le jeu. La Tendance est aussi impactée par les actions des autres joueurs, puisque le titre est connecté. Avant de vous aventurer dans un monde, jetez un œil à sa Tendance, sous peine de galérer encore plus !

Habituez-vous à ce message

Si visuellement le jeu est superbe et prouve à lui seul l’utilité d’une nouvelle génération de console, le son n’est pas en reste. Intégralement doublé en français, Demon’s Souls dispose en plus de sons environnementaux retravaillés et d’effets sonores saisissants. Il n’y a qu’à entendre le crissement du métal du bouclier du Chevalier de la Tour contre le sol pour en être convaincu. Et que dire des grognements dans les sombres couloirs ou le choc de notre arme contre un ennemi.

Controversé à son annonce, un système d’aide des développeurs a été implémenté directement dans l’interface de la console afin de guider un peu les nouveaux joueurs face à l’ampleur de leur tâche. Pour l’avoir testé, les puristes peuvent être rassurés. Il s’agit principalement d’indices sous la forme de textes et de vidéos de 10 secondes présentant rapidement les enjeux d’un endroit ou d’un boss. Quelques indications de plus en plus précises sur la manière de l’aborder, mais pas la solution au problème sont donc au rendez-vous.

Pour reprendre l’exemple du Chevalier de la Tour, le premier indice vidéo montre un peu l’environnement de combat de boss, avec une petite description concernant la présence d’archer. La seconde aide conseille de se débarrasser des archers en priorité. Enfin, la troisième conseille juste de ne pas attaquer frontalement le Chevalier et de trouver un moyen d’atteindre sa tête. Un système d’aide pertinent donc qui ne dénature rien de l’expérience mais qui permet aux nouveaux venus de se faire la main et d’appréhender la logique du jeu.

En face, un pauvre autre joueur qui a péri

Si on est seul face à la mort, Demon’s Souls n’en reste pas moins un jeu multijoueurs. Vous verrez souvent des spectres d’autres joueurs progresser dans les niveaux en même temps que vous et des taches rouges sur le sol pourront vous donner la vision des derniers instants d’un autre infortuné. De nombreux messages laissés par d’autres sur le sol pourront le plus souvent vous avertir, mais restez vigilant : tous les joueurs ne sont pas bien intentionnés et pourront vous induire en erreur. Pire, certains pourront même envahir votre partie pour vous terrasser. Mais vous pouvez aussi invoquer et être invoquer dans les mondes d’autres joueurs pour de la coopération, un aspect qu’il m’a été difficile d’essayer vu que je jeu est à peine disponible, mais déjà présent dans la version d’origine.

Demon’s Souls

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Demon’s Souls était un monument difficilement accessible et compréhensible en 2009. En 2020, il devient ambassadeur d’une nouvelle génération et peut tenir la dragée haute à toute nouvelle exclusivité de cette année. D’une beauté subjuguante, extrêmement fluide et doté d’un univers capable de nous engloutir, Demon’s Souls version 2020 parvient non seulement à être un vrai titre Next-Gen mais également un Remake respectueux et fidèle de l’original. Chapeau bas, Bluepoint Games.

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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