Première Gamescom pour ma pomme, et surtout premier « vrai » gros salon international & professionnel de jeu vidéo. Si j’avais déjà expérimenté la foule et les journées interminables lors du salon Gameplay en avril dernier à Colfontaine, inutile de vous préciser qu’on tapait là dans un gabarit nettement plus imposant. Ah, Cologne… L’austérité urbaine allemande, sa chaleur étouffante… Figurez-vous que je n’en ai pour ainsi dire rien vu. C’est que le tourisme pendant la Gamescom, ce n’est pas bien possible. Hormis les déambulations entre la tripotée de Halles du Koelnmesse, je n’ai pas vraiment vu la lumière du jour. Aussi ne reviens-je pas bronzé mais plein d’impressions sur la poignée de jeux qui m’ont été présentés.

Mais d’abord, et sans m’étaler plus que de raison du fait que mon acolyte Mr Scintillant ait déjà poussé son coup de gueule, j’aimerais offrir une mention spéciale à 2K et à la présentation en carton de NBA 2K16 à laquelle j’ai assisté. On m’a convié dans un box climatisé garni de sièges blancs à regarder une vidéo de sept minutes…. Sans que je puisse jouer au jeu, qui lui sort le 29 septembre, et devrait donc -en théorie, et dans le cas contraire alarmons-nous- être jouable. Sans passer sur le ton et l’air neurasthénique de notre hôte, mentionnons tout de même en point d’orgue que ladite vidéo tournait à l’extérieur du booth. Gros bémol en somme pour 2K, et je crois que mes coéquipiers ne pourront que confirmer.

Mais passons, si vous le voulez bien, aux choses sérieuses, les jeux.

Je m’octroie le luxe de survoler très rapidement quelques titres : bien évidemment NBA 2K16 dont vous trouverez aisément un trailer, mais aussi sur Anarcute, que notre ami Calvin avait déjà entrevu à l’Indie Game Play et que vous pouvez retrouver ici-même. Le moins que l’on puisse dire c’est que les petits gars d’Anarteam, venus de Valenciennes, se donnent à fond sur leur bébé et que c’est franchement cool. L’esthétique est colorée, c’est punchy et varié, bref un bon beat’em all kawaii dans lequel on pourra péter la Tour Eiffel. Ensuite il y a Mayan Death Robots, un jeu venu de Belgique dans lequel vous dirigez un robot géant qui affronte ses congénères. Le titre reprend clairement des mécaniques de Worms en dynamisant un peu le tour-par-tour. J’ai mis la main dessus en compagnie de notre SirYakko national, et il faut avouer qu’on est un peu restés sur notre faim. Le jeu a clairement un bon potentiel de fun en tandem local, mais c’est encore un peu brouillon et ça manque cruellement de contenu pour le moment. Les comparses de Sileni Studios ont encore fort à faire mais, au vu de leur sincère enthousiasme, on ne s’inquiète pas trop pour eux. Mais si ces quelques lignes ont piqué votre curiosité, n’hésitez pas à remiser par devers vous la démo dispo sur le site (en lien juste au-dessus).

Esper

Esper

Puzzle-game — Samsung Gear VR/Oculus Rift — Déjà disponible

Je vous avoue qu’à 9h mercredi matin, la tête dans le fondement et les yeux écarquillés devant l’immensité de la Gamescom, je m’attendais à tout sauf à perdre ma virginité en terme de réalité virtuelle. A tel point que quand Simon, le project lead de Coatsink, le studio Anglais derrière Esper m’a tendu son Gear VR, j’étais, comme dirait Han Solo « finalement plus très chaud ».

Mais je suis pessimiste par nature et l’expérience, fût, pour le salut de mon estomac, et donc du booth Unity, tout à fait concluante et même plutôt plaisante. Esper, c’est un puzzle-game en vue à la première personne, situé en 1975. Il se trouve qu’une partie de la population semble douée de télékinésie, ce qui provoque la panique dans les hautes sphères du gouvernement. Ce dernier met en place des tests, visant à s’assurer que les sujets de sa Majesté soient restés parfaitement inoffensifs au regard du pays, tout en conservant leur flegme légendaire et leur si joli accent.

Tout l’intérêt du Gear VR, c’est qu’il se pilote grâce à un trackpad situé sur le côté droit du casque, ce qui donne un sentiment d’immersion dans Esper très bon. On nous place dans une pièce modulable où vont venir se construire devant nous les différents puzzles. Le studio revendique bien évidemment les influences de Portal, avec un narrateur à l’humour typiquement anglais et toujours ces prétextes de tests dont on doute qu’ils soient toujours bien intentionnés. La demi-heure de jeu que j’ai effectuée s’est avérée plutôt plaisante, même si la chaleur de l’endroit générait une dose de buée sur les lunettes assez crispante. La précision de certains mouvements au trackpad pouvait se révéler difficile à gérer à certains moments mais l’ensemble se révélait plutôt solide. Si vous réunissez toutes les conditions, autrement dit aimer Portal, posséder un Gear VR et un smartphone Samsung, il y a fort à parier que l’expérience saura vous réjouir. Et impressionner vos potes pendant que vous filmerez l’air ahuri qu’ils ont avec ce truc sur le museau.

Esper est d’ores et déjà disponible sur le Gear VR store pour la modique somme de 4,99$.

Et la petite équipe de Coatsink, basée à Sunderland, bosse sur plein d’autre jeux, comme Shu et SuperGlad. Shu est un platformer dans la veine de Trine, où l’on dirige une petite équipe de personnages aux capacités diverses qu’il faudra utiliser à bon escient afin de venir à bout des différents puzzles. SuperGlad quand à lui est un jeu d’aventure/puzzle-game dans lequel on incarne une fillette qui parcoure des mondes qu’elle imagine avec son pote l’Ours. Inspiré par Adventure Time, le titre promet des puzzles corsés dans un univers enchanteur.

Très belle découverte que celle du studio Coatsink, dans les veines duquel semble couler l’amour du puzzle-game et un univers graphique à part entière.

Sebastien Loeb Rally Evo

Sebastien Loeb Rally Evo

Course automobile/Simulation — PC, PS4, Xbox One — Début 2016

J’entretiens une relation étrange avec Milestone. Le studio italien, responsable depuis des années des licences SBK, WRC et MotoGP, a récemment livré Ride, un jeu de moto orienté simu à la finition… insipide. Autant j’admire l’ambition et la passion que les mecs de Milestone mettent dans leurs projets, autant je sais au fond de mes tripes qu’ils se loupent presque tout le temps.

Alors quand est arrivé Sebastien Loeb Rally Evo, une nouvelle licence évidemment orientée gadoue et tonneaux dans les sapins, je suis resté de marbre. Il y a un peu de ressenti personnel ; aucun jeu de rallye n’a réussi à me faire vibrer comme les anciens jeux Colin McRae en matière de rallye (va-t’en Gran Turismo, cache donc ces vieux atours dégoûtants que tu oses nommer rallye). Il y aussi en face Codemasters et son Dirt Rally qui semble avoir placé la barre fichtrement haut.

Mais je dois reconnaître, tout en gardant la tête froide, que j’ai plutôt été enthousiasmé par les minutes passées en compagnie de Sebastien Loeb Rally Evo. Inutile de me perdre en palabres, il s’agit de piloter des voitures de rallyes sur des tracés où la boue, le gravier, le sable et l’herbe grasse règnent en maître. A ce titre, saluons l’initiative de Milestone qui nous offre plus de 300km de tracés reproduit à l’identique, dans leur intégralité. On trouve donc des spéciales très longues, agréables à l’œil et sur lesquelles le travail visuel apparaît très soigné. Ces tracés, il sera possible de les arpenter au volant d’une cinquantaine de bolides, des années 60 à nos jours. L’occasion de mettre le grappin sur l’Escudo Pikes Peak (et le tracé qui l’a rendu célèbre, autant vous dire que je trépigne), la 205 GTI Evo ou encore la Citroën Xsara qui a rendu célèbre notre bon Seb. Ce dernier, puisqu’il donne son nom à la nouvelle franchise de Milestone, y tient forcément une place importante. Non seulement il sera votre co-pilote et coach au cours de votre carrière personnelle (celle-ci s’appuyant sur l’idée stratosphériquement banale du jeune poulain en quête de gloire et de podiums par-delà le monde) mais vous narrera par le menu les courses légendaires qui ont fait de lui le pilote de rallye le plus titré. Il sera en effet possible de revivre l’impressionnante carrière de Loeb, à travers ses souvenirs racontés dans une longue interview que Milestone a fait du pilote français.

Pour le reste, rien que du très classique : Milestone promet un nouveau moteur physique ultra-poussé avec un accent donné aux suspattes et une gestion ultra-précise des dégâts de la carrosserie.

Mais que donne le jeu manette en main me direz-vous? Eh bien il est fort ardu de vous le dire, car je n’ai pas eu de manette en main. J’ai été invité à poser mes petites fesses dans un siège baquet garni d’un volant à retour de force qui a achevé de me vider de mes forces tant celui-ci tirait sur mes frêles avant-bras. Oui, forcément, avec du matos pareil, les sensations sont dingues et l’orientation simu vraiment, pleinement jouissive. Mais gageons que ça vaut pour beaucoup de jeux qui lorgnent sans vergogne vers la simulation pure. Aussi me permettrais-je de rester méfiant à l’égard de Sebastien Loeb Rally Evo. Les features entrevues lors de cette preview sont alléchantes, mais gardons à l’esprit que, sans mentionner Dirt Rally qui viendra s’opposer fermement aux ardeurs des Italiens, la quantité de joueurs équipés d’un tel matériel reste infime. En espérant que les feedbacks soient par exemple aussi bon avec un simple pad qu’avec Ride, l’un des seuls points où la nouvelle licence de Milestone avait brillé.

Gigantic

Gigantic

MOBA/Shooter TPS, Xbox One, PC(Windows 10), fin 2015

J’ai eu l’occasion d’aller tâter un autre jeu en binôme, avec mon collègue Joul. On s’est rendu au booth Gigantic, tenu par les américains de Motiga, une boîte indépendante qui siège à Bellevue, dans l’état de Washington. Composée de vétérans de l’industrie passés par StarCraft II, Gears of War, ou Halo, l’équipe bosse d’arrache-pied sur son MOBA/Shooter à la troisième personne. Les habitués trouveront vite leurs marques : on s’affronte dans Gigantic en 5 contre 5, sur des maps striées de trois lignes. Autant de chemins pour prendre d’assaut l’une des nouveautés qu’apporte Gigantic : les Gardiens. Ces mastodontes de plusieurs mètres de haut gagnent de la puissance à mesure que votre équipe massacre l’autre ou qu’elle contrôle des objectifs. On retrouve donc des mécaniques efficaces et rapidement compréhensibles. Il ne nous a fallu que quelques instants pour cliquer comme des forcenés à la recherche du moindre frag.

Comme dans tout MOBA qui se respecte, on prend le rôle d’un héros aux caractéristiques uniques dans un éventail de classes somme toute classique : mage, tank, assassin à distance… Tout ça sonne bien familier et on se retrouve vite au cœur du champ de bataille après s’être fait propulser par un tremplin sur l’une des lanes. Petite particularité qui m’a séduit, la possibilité d’être éjecté de la map par un adversaire… ou par notre propre bêtise. A notre tour ensuite de jouer de pair avec nos frères d’armes pour nourrir notre Gardien et affaiblir celui des ennemis. S’ensuivra en point d’orgue un ultime Affrontement entre les deux Gardiens où un mot semblait se dessiner en filigrane lors de notre game : foutoir absolu.

Côté visuel, si vous avez déjà jeté un œil curieux sur Gigantic, vous aurez remarqué sa patte originale et il faut l’avouer, carrément réussie. Elle rappellera aux vrais les longues heures de Team Fortress 2 non sans forcer le curseur de saturation des couleurs quelques poils de plus.

Sans parier que Gigantic parviendra à révolutionner un genre non-seulement surpeuplé mais surtout aux codes quasi-immuables, il y a matière à penser qu’il saura séduire une franche partie des joueurs. Si les affrontements sont encore un peu brouillons (notamment quand les Gardiens entrent en scène), il permettra aux possesseurs de Xbox One de rejoindre la grande famille des MOBAteurs, et de devenir eux aussi des rageux détestables.

Fragments of Him

Fragments of Him

Point’n’Click/Narration, PC, Xbox One, 2016

Après que Gone Home ait ouvert la porte aux jeux centrés sur la narration et à l’absence quasi-totale d’interaction (et en tous cas de challenge), voici Fragments of Him qui me semble être un digne héritier du jeu de The Fullbright Company. Fragments of Him est un projet porté par SassyBot, un petit studio indé Néerlandais composé de Tino et Elwin, deux étudiants de l’Université de Sciences Appliquées de Breda aux Pays-Bas. Le projet de Fragments of Him est né lors de la 26e Ludum Dare, qu’ils ont effectué aux côtés de leur prof Mata Haggis.

Ce dernier a déjà un bon bagage dans le milieu, puisqu’avec quinze ans de métier en tant que narrative designer, il a pu toucher à toutes sortes de projets, de l’indé aux productions AAA. Il a notamment écrit la campagne des Marines du dernier Aliens VS Predator.

Selon ses propres dires, Fragments of Him est un projet dans lequel il y a beaucoup de son vécu personnel. Le titre raconte l’histoire de Will, un jeune homme qui trouve la mort dans un tragique accident de voiture. Trois de ses proches, son ex-petite amie, son petit ami et sa grand-mère, doivent alors apprendre à faire le deuil d’un être qui leur était cher. C’est au travers de leurs souvenirs à chacun, et aussi ceux de Will, que l’on découvrira comment faire face aux événements tragiques de ce genre.

Dans un style graphique très épuré et il faut bien l’avouer, un peu morne, on aura l’occasion d’aborder des thèmes comme l’amour, la mort, mais aussi l’espoir. Si les cinq premières minutes du jeu (auxquelles j’ai pu jouer) laissent entrevoir une narration et un cheminement très linéaire (d’après les développeurs, il n’y aura pas d’embranchements ou de morceaux de l’histoire cachés), il faut admettre que tout cela a attisé la curiosité de votre humble serviteur.

Avec quelques doutes néanmoins, notamment de trouver dans Fragments of Him une histoire peut-être trop personnelle et à laquelle on n’arrive pas à s’accrocher. Une immersion qui pourra être rendue encore plus difficile par la représentation graphique, grisâtre et plate, censée d’après le studio permettre aux joueurs de mieux imaginer l’histoire, mais qui en rebutera plus d’un.

Il faut cependant saluer l’initiative de SassyBot et de Mata Haggis, qui s’aventurent et expérimentent d’autres formes de jeux, et ça, notre loisir préféré en a cruellement besoin.

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Petit Ange Parti Trop Tôt

Parfois, un Pixel s'éteint et vogue vers d'autres horizons. Mais ce n'est pas parce qu'il ne fait plus partie de notre grand barbecue que ce qu'il a écrit disparaît !

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