RIDE | Test

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RIDE

Milestone, éternel responsable des licences MotoGP, SBK ou WRC, a voulu frapper un grand coup en pondant sa propre franchise. Avec RIDE, le studio Milanais avait pour ambition de s’affranchir de ses licences historiques pour mieux capturer l’essence de la course sur deux-roues. Alors, est-ce qu’avec RIDE on file à toute berzingue en sentant le vent dans nos cheveux ? C’est une excellente question.

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Et je vous remercie de l’avoir posée car j’ai la réponse : non. On ne sent pas le vent dans nos cheveux car quand on fait de la moto, on commence par mettre un casque. J’ai dit deux-roues, et même si les Segway pourraient entrer dans cette catégorie, sachez que dans RIDE, on tape plutôt dans la grosse cylindrée. Pas moins de 114 motocyclettes vous sont proposées : du roadster pépère de 600cm3 au proto fulgurant hurlant au moindre mouvement de poignée, il y a de quoi trouver son bonheur. Un bonheur qu’il vous sera possible de personnaliser : en effet, quasiment tous les engins du jeu peuvent être customisés : les éléments du moteur, qui vont du filtre à air à la boîte de vitesses en passant par les têtes de cylindre, ainsi que la partie cycle et cosmétique : suspensions, freinage, peinture, tés de fourche, poignées… Il y a de quoi perdre quelques dizaines de minutes à chaque nouvelle acquisition. La partie moteur entraînera bien évidemment des changements de comportement sur la piste, hormis le pot d’échappement qui semble dans RIDE remplir un rôle purement esthétique. Quel qu’il soit, il aura toujours la même sonorité.

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Vroum !

Il est également possible de personnaliser son avatar : sexe, coupe de cheveux (qu’on ne verra pas, car souvenez-vous, vous porterez un casque), combinaison, casque, gants, bottes… Bref de quoi faire de véritables défilés de mode à 200km/h.

Une fois votre brêle bichonnée et sortie du garage, voici enfin l’occasion d’aller se tirer la bourre sur circuit ou sur routes. Malheureusement de ce côté-là, RIDE propose un choix faméliques de tracés. Au nombre de 14, ces pistes qui se veulent variées manquent clairement d’ambition et ont tendance à se ressembler. De la Côte d’Azur au Japon en passant par le Pays de Galles, les tracés sur route proposent des ambiances diverses et ont peut déceler quelques inspirations, comme la French Riviera, qui fera inévitablement penser aux amateurs à Costa di Amalfi, un circuit très technique de Gran Turismo 4. Côté circuits, on trouve Imola, Donington, Almeria ou encore Magny-Cours. Des circuits de « seconde zone » dans le sens où ce sont des tracés peu représentés dans les jeux de course. Si certains ont du charme comme Potrero Encanta, on regrette l’absence de certains circuits historiques, comme le Nurburgring, Monza, Suzuka ou Spa-Francorchamps, des circuits trop souvent réservés aux seuls jeux de voitures.

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Le classement mondial, où les rebondissements sont aux abonnés absents.

Et ce n’est pas le seul point répétitif dans RIDE. Le mode Carrière, ennuyeux et dénué de tout intérêt, vous fait participer à des « coupes » catégorisées selon la cylindrée des différentes motos. Chacune des courses vous fera gagner de l’argent pour acheter de nouveaux engins ou les personnaliser, ainsi que de la réputation, qui vous fera progresser dans un classement mondial. Les courses s’enchaînent et se ressemblent inexorablement, plongeant le joueur dans une morosité à peine effacée par la conduite de certaines machines nerveuses et plaisantes, à l’image de la MV Agusta Brutale. Côté épreuves, on retrouve les courses classiques où il faut finir en tête, le contre-la-montre, des championnats groupant et mélangeant plusieurs types d’épreuves, ainsi que des épreuves plus « exotiques » : les dépassements consistent à doubler un certain nombre de pilotes (amateurs, qui profitent d’une journée ouverte sur la piste, et que le jeu vous demande pratiquement d’humilier… ce qui ne colle pas vraiment à l’esprit motard) dans un temps imparti. On trouve également des courses par équipe, qui n’apportent pour ainsi dire pas grand-chose : on tombe systématiquement sur des coéquipiers à la médiocrité stratosphérique. Les courses d’accélération, calquées sur les courses de dragsters des Need for Speed Underground, sont elles aussi complètement loupées ; il suffit de passer le rapport supérieur au moment ou l’aiguille atteint le rupteur pour mettre un boulevard à votre adversaire qui semble être à deux de tension.

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Au milieu de cette foultitude de défauts, RIDE réussi néanmoins à procurer des sensations de conduite plutôt plaisantes, notamment au pad. Les vibrations offrent d’excellents feedbacks sur la tenue de route de votre moto, et une fois au guidon d’un monstre de puissance et les aides au pilotage désactivées, on se prend au jeu de la trajectoire parfaite. Ces engins là demandent d’ailleurs beaucoup de doigté en sortie de virage, sous peine de sortir des courbes en wheelie désastreux. Certains tracés se révèlent ainsi plutôt réussi, tant on y passe le plus clair de notre temps couché au plus près du bitume. N’essayez cependant pas de chercher une quelconque créativité chez vos adversaires : comme des moutons, ils se suivent sans broncher, formant des files indiennes terriblement frustrantes quand on veut chercher un tant soit peu la bagarre. Côté caméra, on a le choix entre plusieurs points de vue, notamment celle de l’intérieur du casque, de prime abord très déstabilisante mais qui se révèle au final infiniment jouissive.

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Graphiquement, RIDE constitue un désastre assez faramineux. Hormis la modélisation des motos très propres, les pilotes sont pour leur part tout droit sortis d’un jeu datant d’il y a 5 ans, si ce n’est plus. Les textures de certains circuits sont à pleurer, et les interactions entre le pilote et sa moto sont complètement absurdes. Par exemple, à la fin d’une course et en cas de victoire, votre pilote se mettra debout et effectuera une petite danse avec ses bras… Pendant que sa poignée d’embrayage rétrogradera tranquillement, toute seule. Sans parler des collisions avec le décor plutôt archaïques : bien souvent, une fois sorti de la bande de goudron, vous aurez droit à une rencontre douloureuse avec un mur invisible. Derrière certaines de ces parois, on trouve le public. On serait en droit d’espérer, ou seulement d’imaginer une foule en délire avide de hurlements mécaniques, mais non : dignes des tribunes d’un FIFA 99, le public est visuellement tout à fait infâme. Ces écueils esthétiques s’immiscent jusque dans les menus, où la navigation est pensée pour le clavier (bizarre dans une jeu de conduite où le pad est plus confortable) et qui vous demandera de vous servir de ce dernier même si vous utilisez une manette. Mal fichue, l’interface des menus se voit accompagnée de musiques d’ascenseurs horripilantes qui plongent plus bas encore que certains thèmes des vieux Gran Turismo. Il est heureusement possible de baisser -voire couper- le volume des musiques, ce qui malheureusement feront paraître encore plus interminables les temps de chargement de RIDE.

En point d’orgue de cette avalanche de mauvais point, RIDE a le mauvais goût de corrompre les sauvegardes (c’est arrivé à quasiment tous les joueurs), vous forçant à recommencer votre mode carrière de zéro. Plutôt rageant, et qui ne manquera pas de convaincre certain d’arrêter à ce point la torture.

Conclusion, je dis non ! Mais un avis, je dis oui !

Sans surprise, et malgré son ambition pas démesurée, RIDE constitue un coup d’épée dans l’eau de la part de Milestone. Même si les sensations de conduite sont présentes et que le choix des véhicules est plus que satisfaisant, ces deux bons points se retrouvent noyés sous une montagne de défauts qu’il est impossible d’occulter. Graphiquement déplorable, tout sauf user-friendly et instable, RIDE ravira à la limite ceux qui sont en manque cruel de jeu de moto un tant soit peu réaliste. Dommage, car on décèle une certaine maîtrise à ce niveau chez Milestone, et RIDE aurait sérieusement pu s’imposer sur un secteur devenu depuis longtemps aride. Try again.

RIDE

RIDE

  • Développeur Milestone
  • Type Course/Simulation sur deux roues
  • Support PC, Xbox One, Xbox 360, PS4, PS3
  • Sortie 27 mars 2015

Dans le même genre :

  • SBK
  • MotoGP
Note la flamme s'est éteinte

Y’a bon!

  • Les sensations de conduite
  • Le choix de motos
  • Beaucoup de possibilités de personnalisation
  • La vue à l’intérieur du casque
  • La modélisation des machines

Beuargh!

 

  • Moche
  • Instable
  • La corruption des sauvegardes
  • Aucun intérêt dans le mode World Tour
  • Peu de circuits
  • IA aux fraises et peu créative
  • Interface pas pensée pour la manette
  • Répétitif
  • Interaction joueur/moto absurde
  • Musiques insipides
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Rédacteur sous perfusion de jeux alternatifs et obsédé par ceux qui se cachent derrière. Ce sémillant individu attend sans sourciller la sortie de Red Dead Redemption sur PC en goûtant des bières belges les fesses posées sur la selle de son vélo. Accessoirement dépendant à Grand Theft Auto V.
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