Véritable fleuron des années 90 dans le domaine du jeu vidéo, le FMV (Full Motion Video – bref de la vidéo) a été pendant un temps synonyme de titres nanardesques aussi mal joués que doublés. Et ce ne sont pas nos récentes incursions dans le domaine qui nous prouveront le contraire. Pourtant, on constate un certain retour du genre ces dernières années, souvent pour le meilleur, comme par exemple Her Story ou Missing. Les gars de chez Wales Interactive reviennent aujourd’hui avec The Bunker. Les gars étant déjà derrière Master Reboot et Soul Axiom, des titres limités techniquement mais pétris de bonnes intentions et d’une excellente narration, et l’histoire ayant été concoctée par des gars responsables de SOMA, autant dire qu’on était légèrement impatients.

Une mère qui doit élever son enfant dans un bunker pendant 3 décennies...
Une mère qui doit élever son enfant dans un bunker pendant 3 décennies…

Naissance

Et tout débute par une naissance, celle de John. Mais sa venue au monde est particulière puisqu’il est né dans un Bunker de l’armée, le jour d’un bombardement nucléaire massif. Une petite soixantaine de personnes ont trouvé refuge dans l’abri et devront vivre comme ils peuvent en attendant que le monde extérieur soit purgé des radiations mortelles… ce qui peut prendre du temps.

Les choses les plus anodines cachent parfois les plus grands secrets
Les choses les plus anodines cachent parfois les plus grands secrets

Et de retrouver John quelques trente années plus tard au chevet de sa mère mourante. Celle-ci sentant sa fin venir, elle lui fait répéter la routine journalière pour le maintenir en sécurité : Prendre des médicaments, vérifier l’état des systèmes, des radiations… autant de petites choses qui vont construire le quotidien et l’équilibre mental de John, car dorénavant, celui-ci sera seul… et bien désemparé. Car s’il suit à la lettre les recommandations de sa défunte mère, un événement imprévu viendra remettre en question toute l’existence de John.

Où sont passés tous les autres ? Ce sera à vous – au travers de nombreux flashback – de faire toute la lumière sur le passé du Bunker.

Une pièce de Puzzle

Et qu’on ne vienne pas me dire que le titre n’est pas graphiquement réussi cette fois, puisque chaque plan est soigné, chaque décor est travaillé et chaque acteur est convaincant, à commencer par Adam Brown (mais si, Ori, dans la trilogie du Hobbit), qui porte littéralement l’aventure sur ses frêles épaules. En terme de casting connu, il y a également Grahame Fox (Ralf Kenning dans Game of Thrones S04) et Sarah Greene (Vikings, Penny Dreadful). Bref, des acteurs avec un vrai bagage de comédiens.

Maman ?
Maman ?

Le genre du FMV regagne des points avec The Bunker.

Techniquement, c’est irréprochable : chaque séquence est travaillée, correctement intégrée et liée aux autres, malgré le gameplay “point’n click” forcément plus limité mais inhérent au genre.

Car pour progresser et essayer de s’en sortir, John va devoir évoluer dans les différents niveaux du Bunker en suivant des objectifs précis et en mettant la main sur quelques objets, réparer quelques systèmes et se souvenir de certains passages marquants de sa triste vie.

Fuite

Serez-vous assez observateur - ou rapide - pour retrouver tous les "amis" de John ?
Serez-vous assez observateur – ou rapide – pour retrouver tous les “amis” de John ?

Ce sous-titre a une double signification. tout d’abord scénaristique, puisque c’est une fuite qui va être l’élément perturbateur décisif de notre infortuné héro. Ensuite, le joueur participera à une véritable fuite en avant, désespérée. En résulte une aventure sans aucun temps mort, dotée d’un rythme de plus en plus frénétique qui balaie la fameuse routine des premières minutes. Mais cela a une conséquence certaine sur la durée de vie, plutôt maigre pour un titre du genre, mais d’un autre côté, c’est totalement justifié par la narration et la situation. John ne vit plus dans le Bunker, il survit, et cette situation n’est pas propice à une longue aventure.

Les nombreux flashbacks sont également là pour rythmer l’aventure et donner les clés de compréhension nécessaires au choix final. Car oui, The Bunker dispose de deux fins, d’un choix laissé à votre appréciation, et qui – d’une certaine manière – s’avère poignant. Car au fil des heures, on s’attache réellement à John, à sa situation. Il n’est qu’un grand enfant qui a grandi, materné par sa mère dans un environnement clos. Le retrouver seul, dépassé, apeuré mais malgré tout décidé à survivre crée un attachement particulier.

L'isolement cause parfois des problèmes quand s'entrechoquent espoir et résolution.
L’isolement cause parfois des problèmes quand s’entrechoquent espoir et acceptation.

L’aventure se vit vite, haletante, mais relativement dépourvue de challenge. Seules quelques énigmes simplistes viendront entraver la route de John, sans pour autant que cela ne gâche le plaisir, car celui-ci est à trouver ailleurs.

Tout le sel est de redécouvrir le passé du Bunker et de ses habitants. Car le passé représente autant le verrou que la clé.

A noter pour la petite histoire que le Bunker existe réellement et peut-être visité dans le comté d’Essex en Angleterre.

Conclusion

Le genre du FMV gagne des lettres de noblesse avec The Bunker. Enfin pris au sérieux, magistralement interprété par Adam Brown, doté d’une histoire, une fois de plus, simple mais parfaitement rythmée et racontée, The Bunker nous fait vivre une aventure psychologique stressante et triste à la fois. On pourra venir grincer sur le gameplay simple – même si des séquences feront appel à votre rapidité – ou la durée de vie, mais on ne peut nier l’aventure soutenue et l’attachement éprouvé au protagoniste principal.

The Bunker

  • Développeurs Wales Interactive / Splendy
  • Type FMV claustrophobique
  • Support PS4, PC, XBox One
  • Sortie 20 Septembre 2016

Y’a bon!

  • Parfaitement réalisé
  • Avec des acteurs compétents
  • Une histoire menée tambour battant
  • Un véritable attachement pour John
  • Deux fins
  • Des objets à (re)trouver

Beuargh!

  • Un peu court
  • Peu de challenge
  • En anglais sous-titré anglais
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A propos de l'auteur Voir les articles

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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