Soul Axiom | Test

Privilégiez les solutions d'auto-hébergement, on vous dit !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les gars de chez Wales Interactive ont de la suite dans les idées. Pour vous situer, c’est l’équipe derrière l’idée – que je trouve brillante – du Soul Cloud. Poussant le concept de la sauvegarde en ligne au maximum, ils sont parvenus à l’idée que l’âme et les souvenirs d’une personne pouvaient être numérisés et envoyés dans un espace numérique en vue d’être revus et revécus par tout-un-chacun, garantissant ainsi une sorte d’immortalité numérique de l’âme. C’était d’ailleurs le sujet de Master Reboot, dont nous vous avions parlé il y a quelques temps. Soul Axiom reprend donc le même concept.

Y'a rien à faire : cet univers est fascinant

Y’a rien à faire : cet univers est fascinant

SET Soul Axiom = REPLACE (Messages, ‘Blue Duck’, ‘Monkey’)

Mais rassurez-vous, nul besoin vital d’avoir parcouru Master Reboot pour apprécier Soul Axiom, même si ce dernier est très certainement une suite qui découle des événements vécus dans leur précédente production. Seulement voilà, à vouloir trop suivre les critiques, on risque fort de tomber dans l’excès inverse…

L'esthétique est folle

L’esthétique est folle

Là où Soul Axiom frappe fort, c’est dans son esthétique. Il est d’ailleurs fort possible que vous confondiez les premiers environnements avec ceux d’un Tron, grâce à son esthétique mêlant néons, environnements sombres et références au monde réel – Soul Axiom ferait d’ailleurs un meilleur “Tron – Le jeu” qu’un “Tron – Le jeu” officiel, mais passons. Ne nous leurrons pas, cette direction artistique très réussie est surtout un cache-misère pour la pauvreté des décors et des textures, comme cela pouvait être dans Master Reboot. Les mecs de Wales Interactive ne sont pas de glorieux techos, mais ils ont des idées, beaucoup de passion, et cela se ressent. A un point même qu’au bout de quelques minutes, on oublie sans mal l’aspect technique pour se laisser bercer par le « cybernetico-onirisme » ambiant.

Du moins après la chute du bateau volant sur lequel vous aviez atterri et qui a été attaqué par une harpie géante cagoulée.

Hum ? Je vous sens perdus.

Mais le jeu peut-être bien vilain aussi

Mais le jeu peut-être bien vilain aussi

Au bout de quelques minutes, vous mettrez la main sur la première capacité Phase/Dephase, celle de matérialiser / dématérialiser certains murs ou objets à l’aide de vos mains, et vous allez résoudre votre première énigme. Simples à comprendre au début, celles-ci se complexifieront avec le temps, pas tant dans leur résolution, mais dans leur approche.

Dénichez et usez de vos pouvoirs pour avancer

Dénichez et usez de vos pouvoirs pour avancer

Que dois-je faire ? Qui suis-je ? De qui vois-je la mémoire ? Qui est cette Harpie qui semble m’en vouloir ? L’univers de Soul Axiom est très cryptique et il vous faudra parcourir de très nombreuses mémoires pour espérer dénicher des bribes d’informations.

Le souci, c’est que si Master Reboot se révélait un peu court pour déployer son univers et son concept, Soul Axiom semble avoir voulu trop en faire et démultiplie les niveaux à compléter, tant et si bien qu’on se retrouve quelque peu perdus au bout d’un moment. Heureusement, ceux-ci sont variés et si le jeu a quelque peu perdu de la composante horreur qui faisait une des forces de Master reboot (Seren mon amour…), on conserve tout de même les lieux étranges, les inscriptions inquiétantes et une ambiance générale tenant d’avantage du cauchemar que du rêve. 

On se demande quand même parfois dans quoi on fout les pieds

On se demande quand même parfois dans quoi on fout les pieds

Et ce n’est pas faute d’essayer de varier les énigmes, à résoudre grâce aux pouvoirs acquis, les environnements et les mécaniques. Pêle-mêle, on se retrouve dans un magnifique château de glace, un manoir hanté par des loup-garou, un temple maya, une station spatiale, un appartement voué aux voyages temporels et j’en passe. Quelques combats de boss et épreuves chronométrées viennent ponctuer l’aventure, et ce ne sont pas les meilleurs moments.

On oublie sans mal l’aspect technique pour se laisser bercer par le « cybernetico-onirisme » ambiant.

Si le boss de fin est compréhensible, que dire de l’affrontement à proprement parler ignoble avec les corbeaux en haut d’une tour ou le moment où il nous faut sortir promptement d’un avion qui coule alors que la porte est fermée ? Quelques accros malvenus heureusement plutôt rares, mais franchement frustrants.

Corruption, votre honneur

Les plans seront d'une grande aide

Les plans seront d’une grande aide

Trois autres pouvoirs viendront enrichir votre panoplie, à savoir Play/Stop (pour faire bouger certains éléments et les bloquer), Destroy pour détruire (!) certains éléments de décors ou des ennemis et enfin Corrupt, une capacité en rapport avec les données corrompues d’Elysia, la version évoluée du Soul Cloud. A chaque fin de niveau, vous obtiendrez une petite séquence vidéo assez moche et encodée en 480p (j’ignore si c’est fait exprès, à vrai dire) contant un moment de la vie de l’un des quatre protagoniste de l’histoire. Volontairement écourtées, toutes ces petites vidéos vous en apprendront plus sur les raisons de votre présence en ce lieu, tout comme les nombreux PEMOs à trouver, ces petits singes mécaniques contenant des données du monde réel (lettres, e-mail, coupures de journeaux, photos…). Mais rassurez-vous, avec un peu de persévérance, vous connaîtrez le fin mot de cette histoire pas si complexe que ça.

Beware...

Beware…

Au bout de nombreuses heures – car non seulement il y a de nombreux niveaux en plus du HUB central, mais certaines énigmes sont vraiment retorses – vous mettrez enfin la main sur le pouvoir vous permettant de décoder les données corrompues disséminées dans tous les niveaux, l’occasion de repartir dans chacun d’entre-eux – heureusement intégralement débloqués – pour trouver ces étranges petits cubes violet qui vont vous emporter dans de nouveaux niveaux, encore plus étranges que ceux dont ils sont issus, mais également un peu plus courts. Ces niveaux corrompus sont la seule manière d’accéder aux vraies fins (au nombre de trois + un épilogue), et qui mettent un point final à cette histoire glauque, mêlant passion, horreur, meurtres et vengeance morbide.

Conclusion

La passion l’emporte sur la technique pour Soul Axiom. Wales Interactive creuse son concept et accouche d’une version 2.0 du Soul Cloud, baptisée Elysia, toute aussi torturée que son aînée. En découle un jeu plus long, parfois trop, qui multiplie les énigmes complexes et les messages mystérieux pour tenir le joueur en haleine. Le pire ? C’est que ça fonctionne, et on oublie assez vite les carences techniques évidentes ainsi que les défauts rageants pour se plonger – la tête la première – dans l’étrange création du studio.

C’est là tout le paradoxe de Soul Axiom. C’est long, par moment franchement prise de tête, souvent moche et parfois buggé. Mais c’est aussi terriblement bien trouvé, accrocheur, varié et simple à la fois. Les développeurs livrent ici une amélioration de Master Reboot, tout comme son complément, en apportant une touche de réflexion et de religion sur l’immortalité et la nature de l‘âme humaine.

Soul Axiom

  • Développeurs Wales Interactive
  • Type Enigme technoniriques
  • Support PS4, PC, XBox One, WiiU
  • Sortie 07 Juin 2016
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • Le concept du Soul Cloud de retour
  • L’univers déployé est fascinant
  • Une ambiance « technonirique »
  • Les puzzles et l’utilité des capacités
  • Plusieurs histoires entremêlées…
  • … et plusieurs fins complémentaires

Beuargh!

  • Trop long du coup…
  • Quand même assez moche
  • En anglais uniquement
  • Certaines énigmes bien cryptiques
  • Quelques passages « Action » fort peu agréables
  • Des bugs bloquant (freeze, chute infinie…)
  • Un système de sauvegarde pénalisant
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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