Master Reboot | Test

Fais Reset !

Imaginez un monde où la mort n’est plus une fatalité. Un monde où les souvenirs d’un défunt peuvent être sauvegardés dans le SoulCloud, afin de préserver ce qu’il était et de le rendre théoriquement immortel

Voilà le monde dans lequel vous évoluerez à la première personne dans Master Reboot. Lâché dans ce que vous comprenez bien vite être le SoulCloud, vous allez revisiter nombre de mémoires dans un but qui vous est inconnu.

Mister Ree

Car oui, vous en tant que joueur êtes propulsé dans le SoulCloud sans aucune explication, ni indication sur la raison de votre présence ni même l’identité de celui que vous contrôlez. A vous d’avancer et de découvrir comment progresser dans les différentes mémoires visitées. Sur votre route, vous découvrirez des bribes de mémoires sous la forme de notes, dossiers ou photos qui vous conteront succinctement l’histoire, mais rien de très défini.

Critical Error

Le titre est présenté comme un jeu d’ambiance et d’horreur. Sur la forme et le fond cela rappelle un peu Datura. A partir d’un Hub central, vous poussez la porte de divers bâtiments vous menant dans des parcelles de mémoires, contenant chacune des documents à découvrir (sous la forme de petits canards en plastique), des peintures malsaines accompagnées de messages plutôt hostiles et plusieurs énigmes à résoudre pour espérer obtenir un fragment d’explication. Car comme vous le constaterez bien vite, rien ne va plus dans le SoulCloud et une présence vous veut clairement du mal.

Tout commence ici… et c’est plutôt pas mal !

Tout commence ici… et c’est plutôt pas mal !

Comme je le disais, aucune indication ne vous est donnée, vous devrez comprendre comment progresser à tâtons dans des univers souvent dénués de sens, fruits pourris d’un esprit torturé. L’ambiance sonore est particulièrement réussie, tantôt bucolique lors de séquences d’exploration, tantôt oppressante lorsque vous êtes pris en chasse ou que vous visitez une mémoire particulièrement glauque (mention spéciale à l’avion et à l’hôpital). Bruits de pas inopinés, jump scare bien placés, échos inconnus surgissent aléatoirement ou apparitions fugaces, vous serez inévitablement pris dans l’ambiance de Master Reboot. Les différents environnements sont très variés, d’anciens temples à des plaines de jeu fantômes en passant par une esthétique futuriste, le dépaysement est de mise et tout s’enchaîne pourtant logiquement à mesure que vous comprenez les raisons de votre présence.

Oserez-vous parcourir cet hôpital sans lampe torche ?

Oserez-vous parcourir cet hôpital sans lampe torche ?

Les nombreuses énigmes ou mécanismes ne sont que très rarement pénalisants, il vous suffit simplement de comprendre la logique de l’épreuve pour la passer aussi vite, bien que cela demande parfois plusieurs essais (la séquence de l’avion, de l’autoroute, )

Deception

Oui mais, alors que l’esthétique générale et l’ambiance sonore s’en tirent plutôt bien, quelques soucis artistiques de maniabilité viennent ternir l’ensemble. Si le design général se veut simple et épuré, tenant ses structures de volumes visibles de l’univers informatique, les quelques séquences de fin de mémoire sont complètement ratées. Sorties d’un cours d’animation de première année à la qualité graphique discutable, elles tranchent radicalement avec l’univers onirique des phases de gameplay Impossible de ne pas sortir de l’ambiance sombre du titre quand on assiste à ces petites séquences après avoir échappé à l’entité qui nous poursuit dans des conduits d’aération

Autre souci, la maniabilité est quelque peu handicapante par moment, notamment quand le titre vous met une arme dans les mains et que les balles ne semblent jamais atteindre le pointeur du viseur. Essayez un peu de tirer sur les bouteilles en verre à la fête foraine pour voir elles sont impossibles à toucher si vous ne visez pas juste à leur droite, dans le vide  ! Aussi, l’inertie du personnage est parfois déroutante. Si j’ai toujours trouvé que les sauts à la première personne étaient difficiles à gérer, certains passages de course vous feront faire des bonds de plusieurs mètres en avant alors que le même saut juste avant était tout à fait normal. Je chicane, car Master Reboot dispose dune durée de vie honnête pour un titre téléchargeable (un peu plus de 3h), pour une douzaine de séquences, et ces soucis interviennent somme toute peu souvent. Néanmoins, pour un titre dont la raison d’être est de nous faire ressentir de la peur et du malaise, ces détails font qu’on sort directement du jeu pour pester sur ces soucis incompréhensibles d’ergonomie.

Conclusion

Vendu 15€ sur le Playstation Store et un peu moins sur Steam, Master Reboot est un titre qui sen sort plutôt bien, fort de son ambiance étrange, qui ne vous fera certes pas hurler de peur, mais qui a le mérite de vous mettre mal à l’aise assez souvent et vous faire sursauter une fois ou l’autre grâce à des jump scare classiques mais efficace. Doté d’une bande sonore des plus adaptée, de puzzle game n’enrayant que peu votre progression (quoique certaines sont assez complexes) et d’un final qui ne déçoit pas, Master Reboot pourra vous sembler un peu cher compte tenu de sa durée de vie et sa non-localisation en français (d’autant que quelques rares passages sont doublés sans être sous-titrés), mais respecte ses promesses en livrant une histoire somme toute simple, mais bien amenée dans un univers étrange qui titille la curiosité à chaque instant. Pas le jeu de l’année, mais une expérience bien agréable à vivre tout de même !

Master Reboot

  • Développeurs Wales Interactive
  • Type Enigme / Epouvante
  • Support PS3, PC, WiiU
  • Sortie 29 Octobre 2013
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • L’immersion
  • Les environnements sont très inquiétants
  • Nounours
  • L’histoire métaphorique
  • Le concept même su SoulCloud
  • La Direction artistique

Beuargh!

  • Un peu court
  • Peu d’intérêt à le relancer une fois l’histoire terminée
  • Techniquement faiblard
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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