Test : The Surge 2 – On en reprendrait bien un bout

Le meilleur Soul-Like, sans hésiter

Quand on aime souffrir en jeu vidéo, il n’y a pas 36 moyens : soit on se tourne vers les premiers jeux en 3D, soit on pense directement à la série des Demon’s / Dark Souls / Bloodborne en oubliant systématiquement que les plus réussis des rejetons de l’oeuvre de Miyazaki restent sans doute les allemands de Deck13 Interactive avec The Surge.

Jericho, cet amas d’acier dans lequel vous allez aimer vous perdre

Exosquelette

Je vais être honnête : je n’ai pas joué à The Surge premier du nom, je n’ai jamais pris le  temps, même si il avait été offert sur le PS+. Aussi je botterai en touche en vous renvoyant à l’article d’Axel paru en 2017. Maintenant que j’ai pu changer ma façon de jouer en passant par l’école des Souls, le challenge ne me fait plus vraiment peur. Tout juste persiste une pointe d’appréhension quand à la difficulté et à la frustration.

Après tout, la difficulté devient relative tant que nous gardons calme et prudence, et c’est là tout l’enjeu de ces titres. The Surge 2 ne déroge pas à la règle mais propose son propre univers futuriste dans lequel les améliorations cybernétiques et armures mécaniques sont le lot de tous. Enfin, sauf de vous au début de l’aventure.

Au moins on commence avec un slip…

Si le jeu débute par un crash d’avion en pleine ville de Jéricho, ce n’est que plus tard que vous reprenez conscience dans un hôpital, les fesses à l’air et sans autre moyen de défense que des défibrillateurs. Car l’alarme retentit, les corps gisent et ce que vous preniez pour un centre de soin se révèle être un pénitencier. Pourquoi y êtes-vous incarcéré ? Aucune idée, mais il vous faut sortir et vite, et avec les moyens du bord.

Les premiers ennemis sont l’occasion de tester les combats, avec un système de ciblage qui vous permet de viser précisément certaines parties du corps, comme la tête ou les membres. Pourquoi ? Pour profiter de points faiblement protégés et faire quelques dégâts à l’aide de coups horizontaux ou verticaux, qui ne touchent forcément que si vous avez le bon angle d’attaque. Une fois votre exosquelette récupéré, c’est là que les choses sérieuses et amusantes commencent. En effet, le ciblage va vous permettre non seulement de découper la partie visée de l’ennemi, mais ce faisant, de récupérer la pièce d’équipement qu’il porte, ou le schéma de fabrication.

Les combats sont prenants et les drones servent bien à isoler un ennemi d’un groupe

On nous laisse ici encore le choix de foncer rapidement ou de prendre un peu de temps de farmer près des unités de soin – point de résurrection en cas de mort prématurée qui concentre toutes les options d’amélioration – pour compléter son arsenal et ses ferrailles. Véritable monnaie à tout faire, la ferraille – à l’image des Souls – sera perdue sur place en cas de défaite, et vous ne disposerez que d’un temps limité pour aller la récupérer, sous peine de la perdre définitivement. Heureusement, vous pourrez les stocker dans les unités de soin pour éviter les pertes trop importantes, étant donné que ces ferrailles servent autant à gagner des niveaux (pour améliorer la santé, l’endurance et l’énergie et même équiper plus d’implants) qu’à fabriquer et améliorer votre équipement.

The Surge 2 est l’un des rares jeux qui propose une progression si prenante qu’elle éclipse tout le reste

Côté jauge, outre les deux sus-citées qui permettent d’encaisser des coups et de frapper ou d’esquiver vient s’ajouter la jauge d’énergie, qui se remplit au fil des combats et qui permet – une fois stockée – de créer des unités de soin utilisables à tout moment. Une pression longue sur la touche Rond permet de stocker une unité de charge pour l’utiliser sous forme de soin, tandis qu’un moment sans combattre fait irrémédiablement baisser la jauge. Un système qui pousse à l’attaque plus qu’à la défense, puisque plus vous attaquez, plus vous disposez de jauges de soin. Mais il ne faudra pas non plus être trop gourmand, puisqu’une unité d’énergie sera nécessaire pour démembrer un ennemi.

Ces derniers ont tous des patterns spécifiques et des vitesses d’attaques différentes qui mettront à mal votre sens du timing, puisque pour bien faire, il faudra contrer chacun de leurs coups pour les déstabiliser un instant à la manière d’un For Honor, car chaque duel est l’occasion de contres millimétrés puisque – sous couvert de l’équipement d’un implant (les perks du jeu) – vous pourrez prévoir la direction de l’attaque ennemie et vous aurez l’occasion de la contrer en restant en garde et en dirigeant le stick droit dans la direction du coup ennemi. Un système qui pousse à prendre quelques risques mais qui se révèle non seulement jouissif à utiliser, mais terriblement puissant. Pour les ennemis faibles ou pour entamer un peu leur jauge de vie, vous récupérez divers drones que vous pouvez lancer pour entamer leur vie, mais ces derniers serviront également à tagger différents endroits à l’intention des autres joueurs.

A la découpe

Si des panoplies existent conférant de bons bonus en cas d’équipement complets, on aime voir notre avatar équipé avec ce qu’il a pu trouver 😀

Honnêtement, The Surge 2 est un excellent Soul-Like, peut-être le meilleur derrière la référence du genre et si les environnements manquent un peu de personnalité (décors métalliques obligent, malgré quelques passages plus verts), le level-design est très bien pensé, ramenant le joueur vers la précédente unité de soin via plusieurs routes, les raccourcis se débloquant au fil du jeu. La progression est alors bien plus rapide et plus simple que dans un Dark Soul, avec à la clé un véritable sentiment d’évolution, tant au niveau de l’équipement que dans la découverte de la ville de Jéricho. Si les ennemis réapparaissent à chaque utilisation du terminal médical, on apprend rapidement à les esquiver pour rejoindre le dernier endroit débloqué ou on passe un peu de temps à récolter de la ferraille sur leurs cadavres pour améliorer son avatar. Les combats de boss sont également très prenants, même si la difficulté peut parfois se révéler un peu frustrante (surtout contre les moins imposants, mais plus véloces).

Si on a quelques échos du premier épisode, The Surge 2 vous propose de créer votre propre avatar, ce qui nous fait perdre un peu en attachement, mais j’ai envie de dire que – pour une fois – la narration importe peu devant la découverte des environnements et de la structuration des niveaux. Croyez-moi, je n’ai pas l’habitude de mettre le level-design devant la narration dans un jeu vidéo, mais celle de The Surge 2 est suffisamment en retrait que pour ne pas nous bloquer trop longtemps, tandis que nous trépignons de découvrir le prochain environnement. Il faut tuer tel gars ? Ok, ouvre la porte, je m’en occupe, je ne m’embarrasse pas des détails ! Je mettrai peut-être deux heures pour l’atteindre, mais une fois tout près, je sais que même si je meurs et suis renvoyé à la dernière unité de soin, le chemin sera plus court, voire direct, éliminant toute réelle frustration et me laissant apprécier le combat.

Conclusion

Oui The Surge 2 est sec visuellement. Pas spécialement beau, ni attrayant, mais c’est l’un des rares jeux qui propose une progression si prenante qu’elle éclipse tout le reste. On se sent évoluer, assez rapidement, on tremble de plaisir à chaque nouveau type d’ennemi, on peste devant la mort qui nous frappe, mais on repart au combat mieux préparé et sans réelle perte de temps. Son univers n’est pas assez prenant pour qu’on s’y attache, mais le jeu est si bien construit qu’on y revient pour voir ce qu’il nous réserve ensuite.

Temps de lecture : environ 4 minutes

The Surge 2

  • Développeurs Deck13 Interactive
  • Type Action-RPG
  • Support PS4, PC, XBox One
  • Sortie 24 Septembre 2019
The Surge 2 à notre sauce
8/10
The Surge 2 à notre sauce
Y'a bon
  • Un gameplay aux petits oignons
  • Un vrai sentiment de progression gratifiant
  • Les contres, un vrai plaisir sadique une fois maîtrisés
  • Un équipement à la découpe amusante
  • La construction des niveaux, passionnante à découvrir
  • Une difficulté très présente mais jamais injuste
Beuuuuwark
  • Un univers froid et pas très varié
  • Une narration en retrait
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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