Test : The Council Episode 1 – The Mad Ones

Fais des projets, comme si tu étais là pour l'éternité

Annoncé fin décembre par Focus Home Interactive (qui aura une grosse année avec Cthulhu et Vampyr), le titre épisodique des bordelais Big Bad Wolf livre déjà son premier épisode nommé “The Mad Ones”. Présenté comme un jeu narratif au XVIIIème siècle, The Council nous place dans la peau de Louis de Richet, convié sur une petite île au large de l’Angleterre par le mystérieux Lord Mortimer, ainsi que d’autres prestigieux invités.

Y’a du beau monde là ou pas ?

Le beau linge

Fondé par des anciens de Cyanides (déjà parents des titres comme Of Orcs and Men ou le diptyque Styx) et de Blizzard, le studio Big Bad Wolf puise son inspiration dans l’école TellTale pour nous proposer un titre certes très narratif, linéaire, conditionné par de nombreux choix, mais également pourvu de systèmes propres permettant de réelles modifications de l’histoire et des informations en notre possession.

Lorgnant du côté de “And Then There Were None” d’Agatha Christie (je vous conseille d’ailleurs l’excellente adaptation en série par la BBC), le tout se présente sous la forme d’un huis-clos sur fond d’enquête mystérieuse, puisque la mère de Louis a disparu de manière inexplicable quelques jours auparavant sur cette même île. Alerté par Lord Mortimer lui-même, Louis rejoint donc le Manoir de ce dernier pour la retrouver, alors que de bien prestigieux invités s’y regroupent. Outre le cardinal italien Piaggi, la troublante duchesse Emily Hillsborrow et le très poudré Baron de Nottingham, Gregory Holm, on note entre autre la présence de Napoléon Bonaparte et de Georges Washington parmi les convives dans ce qui se révèle bien vite la réunion d’un Ordre secret auquel Louis et sa mère appartiennent. Mais bien vite, l’absence de Lord Mortimer pose question et tous les invités complotent de mystérieux plans dans leurs coin. Louis ne tardera pas d’ailleurs à avoir des visions étranges et à se mêler des histoires de chacun, si tant est qu’il parvienne à leur donner confiance

Voilà en quelques lignes le résumé du premier épisode de The Council, qui servira non seulement à planter le décor, mais également à exposer ses différents systèmes. En effet, Big Bad Wolf a intégré nombre de compétences (15 en tout) à apprendre et développer pour Louis, divisées en 3 classes que sont l’occultiste, le diplomate et le détective. Le choix de départ n’influera que sur les premières capacités, les autres compétences étant accessibles également mais un peu plus complexes à faire évoluer. D’ailleurs, il ne faudra guère dépasser le ponton de départ pour se rendre compte que vous ne pourrez pas accéder à tous les lieux, ou obtenir toutes les informations qui y sont présentes puisque ces compétences sont nécessaires à leur accès.

Outre les compétences, Louis pourra découvrir des l ivres qui augmenteront ses statistiques pour le chapitre suivant

En outre, à chaque interaction avec un élément important ou pendant une conversation, vous pourrez user de ces compétences pour influencer la conversation dans votre sens ou repérer des indices autrement inaccessibles grâce à vos talents d’observation, votre maîtrise des langues ou vos connaissances.

Car oui, si j’évoquais le style Telltale plus haut, c’est uniquement pour l’aspect narratif et le système de choix ayant une importance sur l’intrigue. Néanmoins, concernant les titres du studio californien, il s’est rapidement avéré que le système de choix n’était qu’une illusion provoquée par une excellente sensation d’empathie envers les personnages et la peur de les perdre (On se souvient tous du hashtag #ForClementine de l’excellente première saison de The Walking Dead). On vous rassure, The Council entend bien vous frustrer d’une certaine manière puisque toutes les occasions manquées vous seront signifiées par un petit Pop-Up vous informant de la compétence qui vous a fait défaut.

L’exploration est importante, mais bridée par le scénario

Il vous faudra également être assez rapide pour repérer certains détails en un temps limité pendant une conversation ou choisir prudemment vos réponses, puisque vos interlocuteurs sont sensibles à certaines approches comme complètement immunisés à d’autres. C’est particulièrement visible lors des affrontements verbaux qui vous demandent de convaincre votre interlocuteur de vous révéler une information ou de vous confier un objet en un nombre limité d’essais, où les compétences jouent encore un rôle important.

Il vous faudra alors discuter avec les invités, voire chercher des indices dans leurs affaires pour percer leurs faiblesses en vue de les exploiter plus tard. Certains d’entre eux vous demanderont de les aider, et vous restez libre d’accéder à leur requête ou de continuer vers une voie plus personnelle, mais chaque choix a des conséquences – parfois imprévisibles – et vous ferme automatiquement la voie à des situations riches en renseignements… ou à des relations de confiance utiles. Si il aurait pu être complètement déséquilibré, le système de compétences reste soumis à des limites puisque Louis ne dispose que d’un nombre limité de points d’actions qui ne se rechargent que via des objets à découvrir dans le Manoir (l’exploration – quoique limitée pour les besoins du scénario – est vivement encouragée pour découvrir des objets utiles mais aussi des indices) ou après une nuit de sommeil. Certains objets vous permettront d’user d’une compétence gratuitement, ou de vous débarrasser d’un malus de statistiques que vous pourriez avoir attrapé d’une manière ou d’une autre. En nombre limité, ces objets ne pourront pas être conservés au-delà de 5 exemplaires, vous forçant à en user uniquement au bon moment.

Les choix ne sont pas la seule façon de mener le récit, les confrontations modèleront vos relations et les informations que vous récoltez

Chaque fin de chapitre – au nombre de 4 dans ce premier épisode pour une durée totale de 3 petites heures – est l’occasion d’un récapitulatif de vos réussites, de vos échecs mais aussi de ce que vous auriez raté, incitant alors le joueur à relancer potentiellement une partie.

Techniquement enfin, on note un soin très particulier aux décors et aux visages des protagonistes, très bien réalisés, avec ce qu’il faut de personnalité et un style graphique propre semi-réaliste et s’éloignant des classiques du genre. Les jeux de lumières sont superbes et déambuler dans les couloirs reste très agréables. On note par contre des animations de personnages assez raides et des yeux fort peu expressifs si l’on devait chercher la petite bête. Le doublage est intégralement en anglais avec des sous-titres traduits et un délicieux accent français pour la prononciation de certains noms qui ajoute un charme certain et un peu désuet aux conversations – ce qui est certainement l’effet recherché. Les musiques quand à elles renforcent la sensation d’oppression tout en gardant un cachet distingué et soutiennent parfaitement les différentes situations.

Conclusion

Bon, je ne vais pas parler de tout pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce premier épisode de The Council propose des pistes intéressantes, un huis-clos avec des personnages étranges, flirtant parfois avec le fantastique d’Allan Poe, des décors superbes, une belle mise en scène et de vrais choix nous obligeant à renoncer à certaines pistes pour en privilégier d’autres. On attend de voir les implications dans les épisodes suivants – dont la sortie devrait se caler tous les deux mois seulement – mais en l’état, The Council s’avère convaincant.

Temps de lecture : environ 4 minutes

The Council

  • Développeurs Big Bad Wolf
  • Type Aventure narrative
  • Support PS4, PC, Xbox One
  • Sortie 13 Mars 2018
The Council : The Mad Ones à notre sauce
8/10
The Council : The Mad Ones à notre sauce
Y'a bon
  • L'ambiance générale
  • Le doublage anglais "avec le French Accent"
  • La réalisation des décors
  • Les choix et dialogues réellement impactants
  • Le côté Agatha Christie
  • Une exploration utile
  • Des compétences et des objets accessibles
  • La qualité d'écriture
Beuuuuwark
  • Des animations un peu raides
  • Deux mois d'attente entre les épisodes
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    9/10
  • Ergonomie
    7/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    7/10
Commentaires Facebook
Catégories
Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
Autres articles jeux vidéo