Il arrive qu’on se pose des questions quant à l’existence de certains jeux. C’est le cas pour Babylon’s Fall, le dernier jeu de Platinum Games. Oui, je vais paraître cruel dans cet article, mais sans cracher sur le travail des développeurs, je n’ai pas compris leurs intentions. Et je suis en général bon public.


Babylon’s Fall


Supports : PC, PS4, PS5

Genre : Action-RPG

Date de sortie : 03 mars 2022

Editeur : Square-Enix

Développeur : Platinum Games

Multijoueurs : Oui


J’avoue ne pas avoir compris à qui s’adressait Babylon’s Fall, ni quel est le public visé tant il semble sorti d’une autre époque peu glorieuse.


  • Un univers semblant prometteur
  • Un gameplay qui permet beaucoup de tests et de variations
  • C’est fluide !
  • Cet affreux filtre peinture cache-misère
  • Un jeu service qui n’essaye même pas de donner autre chose
  • Redondant au possible
  • Une difficulté absurde
  • Des environnements qui promettent beaucoup, mais ne donnent rien

Platinum’s Fall

Babylon’s Fall – la dernière collaboration entre Platinum Games et Square Enix – est un RPG d’action qui se déroule à Neo Babylon, où l’Empire Domitinien tente de voler les trésors qu’il des ruines de la civilisation babylonienne déchue. En tant que l’une des Sentinelles asservie l’empire, vous utiliserez vos pouvoirs de Dynamis pour voyager à travers les nombreuses couches de la Ziggurat, la seule tour restante des temps passés.

Dès le début, le style artistique de ce jeu a attiré mon attention. Il y a une intention claire de faire ressembler ce jeu à une peinture, et vous pouvez percevoir des mouvements de pinceau et un filtre semblable à une toile lorsque vous déplacez la caméra. Car oui, il s’agit bien d’un filtre posé par-dessus l’image qui tente de vous donner cette impression. Un simple mouvement de caméra suffit pour s’en rendre compte, tandis qu’un plan plus rapproché sur les protagonistes montre à quel point il sert de cache-misère.

Prenez un autre titre comme l’excellent Greedfall de Spiders. Voilà un studio qui a réussi à donner à son jeu des airs de peintures de  grands maîtres hollandais en jouant avec les lumières et les matières. En somme, en dotant son jeu d’une vraie direction artistique. Dans le cas de Babylon’s Fall, il ne s’agit que d’une 3D pauvre avec un filtre Photoshop appliqué non pas aux textures, mais juste entre le jeu et vous. Et c’est très perturbant.

Il faut un temps interminable pour le moindre petit boss…

Cela dit, Platinum Games est mieux connu pour ses qualités de concepteurs de systèmes de combats que pour ses prouesses techniques, dont je placerai l’aspect visuel un peu en retrait. Mais quand même. On pourrait parler de l’énorme gâchis que représentent les lieux, pourtant si propices à des dingueries visuelles. On parle d’une tour gigantesque, inspirée du mythe babylonien, et on ne nous sert que de jolis couloirs sans aucune inspiration, ainsi que des arènes qu’il faut vider de ses monstres. Oui, un système que l’on trouvait déjà nul dans Dante’s Inferno, si j’ose la comparaison.

Ma plus grosse déception c’est le peu de cas qui est fait de cet univers très emballant !

L’esthétique mise à part donc, Platinum Games propose généralement les meilleurs systèmes et mécanismes de combat dans les RPG d’action – il suffit de regarder Bayonetta, Astral Chain ou Nier Automata. Mais manque de bol, ce n’est pas le cas dans Babylon’s Fall, puisque le combat est au mieux moyen et au pire ennuyeux, les ennemis ne semblant la plupart du temps pas réagir à nos coups, tandis qu’ils se révèlent le plus souvent n’être que des sacs à PV absurdes.

Ils appellent ça des chapitres, moi des arènes à vider

L’un des rares points positifs est la fonctionnalité des armes que vous équipez, qui varie en fonction de l’emplacement dans lequel vous les placez. Puisque cela affecte la façon dont vous les utilisez en combat, cela vous permet d’expérimenter énormément de combos et vous permet d’adapter votre style de jeu comme bon vous semble, du moins jusqu’à ce que vous les remplaciez par de meilleures armes. 

D’autres systèmes se présentent sous la forme de dégâts élémentaires, et de certains pièges tels que des sols glissants ou de la lave, qui rendent les combats un peu plus variés après quelques heures de jeu. Ceci étant dit, aucun de ces changements n’est assez probant pour faire une grande différence.

On passera vite fait sur le fait que vous n’êtes qu’un esclave de guerre, véritable chair à canon de l’empire qui vous a collé le Coffre de Gidéon dans le dos, qui avait déjà toutes les chances de vous tuer. Maintenant doté d’une puissance colossale – que vous ne pensez pas retourner contre vos tortionnaires – vous fraternisez quelque peu avec vos bourreaux tout en essayant de rejoindre le sommet de la tour. Parce que l’empire vous a dit que non seulement le sommet contenait un moyen de se défaire du coffre de Gidéon, mais aussi le moyen de soigner la population locale, véritablement dévorée par un mal émanant du soleil. Ou quelque chose de ce type. Bref…

Tu manque de me tuer, me rend esclave mais on va bosser ensemble, meuf

Si seulement  ce n’était que cela… Vous pouvez bien entendu jouer seul à Babylon’s Fall, mais il a été pensé comme un jeu exclusivement multijoueurs, à 4 par équipe. Vous aurez bien quelques bribes de cinématiques entre les missions, mais il est navrant de constater qu’on vous lâche systématiquement dans le Hub de la ville et qu’il faille sans cesse rejoindre le panneau des quêtes pour lancer un contrat et continuer l’aventure. Présenté comme un jeu service, Babylon’s Fall s’articule en plus autour de saisons avec une masse de cosmétiques et de coffres d’équipements à acheter contre de l’argent réel. Et on douchera bien vite nos espoirs quand la forge présentée en jeu n’est qu’un simple lieu de discussion sans espoir de craft quelconque. Vous aviez râlé sur Godfall ? Attendez de voir Babylon’s Fall.

Babylon’s Fall

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

Même si un patch est publié pour diminuer le coût des objets, augmenter le taux de drop, mettre en place divers systèmes pour égayer un peu tout cela, Babylon’s Fall ne restera simplement pas amusant à jouer. Normalement, j’aurais attendu de voir les nouveaux modes de jeu, mais malheureusement, même si Babylon’s Fall pouvait éventuellement devenir un bon jeu dans le temps, je ne pense pas que les joueurs seront assez patients pour cela tant le système lui-même semble d’un autre âge.

2.5
Show Full Content

About Author View Posts

Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
Retrouvez-moi sur Twitch @un_daron_dans_le_game et sur Twitter.

Previous Test : Stranger Of Paradise : Final Fantasy Origin – Ô Mage !
Next The House of the Dead : Remake Limidead Edition se dévoile

Comments

Laisser un commentaire

Close

NEXT STORY

Close

Test: Lost Ember – La quête d’une âme perdue

03/12/2019
Close