Après un prologue conspué par les comptables du jeu vidéo, pour qui la taille du contenu prime sur la qualité, Metal Gear Solid V revient avec The Phantom Pain, un titre qui mettra tout le monde d’accord. Soyez en sûrs, le daron de l’infiltration est bel et bien de retour.

Oui, je suis bien conscient que j’ai pris mon temps pour ce test. Mais parfois, ça fait du bien de jouer à un rythme plus posé et de s’extirper des contraintes temporelles de publication sur le net qui exigent qu’un avis sur un jeu sorte le plus rapidement possible. Ces quelques jours supplémentaires de gaming en toute sérénité m’ont permis de digérer comme il faut Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Et avec ce recul, je peux vous l’assurer sans sourciller : Kojima-san (et ses équipes) a réussi un sacré coup de maître. Bien sûr tout n’est pas parfait. Mais ses défauts n’entravent en rien son petit gout de chef d’œuvre.

A la carte

Bien que la transition ait commencé avec Ground Zeroes, Metal Gear Solid V : The Phantom Pain est le premier titre de la série à réellement proposer un monde ouvert. Et quel monde ouvert. Bien qu’il ne soit pas aussi immense qu’un Los Santos par exemple, on reste bluffé par son art de la composition du décor. Les panoramas sont articulés selon une logique topographique et un sens des échelles crédible qui forcent le respect. Et par-dessus cette composition soignée se greffe même un petit effet « mais c’est plutôt joli ». Parce que oui, techniquement le titre arrivera à impressionner les plus blasés, notamment grâce au travail sur la lumière qui apporte la touche esthétique finale à des tableaux qui ne manquent pas de cachet. Pour se montrer tout de même un poil tatillon, et parce qu’on ne manquera pas de me le faire remarquer, oui, certaines textures manquent de détails. On se mange également du clipping de façon régulière et la pilosité des protagonistes n’est pas top. Mais peu importe parce que le résultat est visuellement propre et servi par un 60 images par seconde rarement pris en défaut.

Mais là où le filtre de l’open world a le plus de répercussion, c’est dans le gameplay. Les zones ouvertes mettent à mort la linéarité dans la progression en permettant une multiplicité d’approches pour mener à bien ses objectifs. Infiltrer une base ennemie n’a jamais semblé aussi naturel et sans contrainte. Merci au level design intelligent où tout est placé avec précision. Le titre a par ailleurs le bon goût de ne jamais prendre le joueur par la main en lui jetant à la face un chemin balisé. Pour cet aspect des choses, MSG V TPP est éminemment respectueux de son joueur en ne le prenant pas pour un demeuré fragile. L’avancée se fait dès lors de manière organique, on observe, on cherche un angle d’attaque, on expérimente et, la plupart du temps, on est souvent poussé à improviser, tant tout est ouvert et que l’IA fait bien son taf. L’expérience manette en main est également sublimée par un Snake qui répond au poil et qui est bien moins rigide qu’auparavant. Et malgré les heures de jeu qui s’égrainent, on s’étonne encore de la tournure que peuvent prendre certaines situations. Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain vous poussera régulièrement à renouveler vos tactiques d’approche. Au fil du temps, les ennemis évolueront et, en parallèle, de nouveaux moyens logistiques ainsi que de nouveaux compagnons rallieront votre cause et seront synonymes de nouvelles façons de jouer (et ce même après 20 ou 30 heures de jeu). Ces potos qui vous accompagnent sont quant à eux aussi utiles que variés : toutou borgne, robot ou encore snipeuse à la poitrine généreusement développée. Et quand ils ne traînent pas avec vous, ils vaquent à leurs occupations dans la Mother Base – sorte de QG qu’il faut gérer. Cette gestion de la Mother Base est une sorte de mini-jeu dans le jeu. Vous devrez la développer, kidnapper des ennemis (ou des animaux ou même des véhicules) via un fulton pour la peupler et ensuite les assigner à des tâches comme de la recherche et développement ou du renseignement. C’est plaisant à gérer et on entrevoit les prémisses du jeu en ligne qui ne sera disponible que dans un mois, mais ça reste clairement du side-quest utile pour se stuffer pour le moment.

A la cueillette
A la cueillette

Moins de blabla

L’autre différence notoire par rapport aux opus précédents concerne la narration. Les cinématiques sont en effet beaucoup moins nombreuses et moins verbeuses qu’auparavant. On gagne en contrepartie l’impression d’entrer directement dans le vif du sujet. Ce qui est tout de suite plus impactant, surtout que la mise en scène est très (mais vraiment très) soignée. Si la narration est débarrassée de ses lourdeurs d’antan, elle se traîne tout de même tout au long du jeu en ayant du mal à choper un bon rythme de croisière. La faute à une dilution trop prononcée du scénario dû à l’open world. On devine que les développeurs ont galéré à concilier narration et liberté (liberté dans le choix et l’ordre des missions). J’en veux pour preuve quelques transitions bizarres. N’est pas Rockstar qui veut. Après ce n’est pas un raté pour autant. Loin de là. L’ambiance film de guerre sauce 80’s avec des robots géants est clairement folle et Kojima a soigné aux petits oignions le moindre des détails. C’est juste qu’être tenu plus souvent en haleine n’aurait pas été un mal.

Si la narration est bien, mais pas top, il faut pointer du doigt l’écueil le plus important de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain qui concerne le recyclage des objectifs de missions. Il y a en effet une redondance certaine dans les objectifs. Il est toujours question de tuer / extraire / voler quelqu’un ou quelque chose dans un endroit rempli de soldats ennemis. Ce qui laisse un petit arrière-gout d’insipide par moment. Les quelques missions originales se font plutôt rares. Attention au fait qu’il est ici question des objectifs de missions. Certes, on vous demande de faire un peu tout le temps la même chose, mais la liberté laissée dans l’approche atténue, en partie du moins, cette répétitivité. C’est d’autant plus dommageable que le jeu croule sous le contenu. Alors oui, certains pourraient arguer qu’une routine s’installe in-game quand votre séant est bien calé dans votre fauteuil. Et ce n’est pas faux. Votre quotidien sera fait de « je me rends à un tel endroit pour démarrer la mission / infiltration et fin de la mission / petit tour d’hélicoptère (ou de cheval (ou de robot) (ou à pieds))) / arrivée à l’endroit pour démarrer la prochaine mission / fin de mission / petit tour à la Mother Base pour prendre une douche / j’appelle mon hélico pour me rendre au point de démarrage d’une nouvelle mission / rincez et répétez) ». Vu comme ça, MGS V : TPP a même un petit air de Far Cry 3 ou 4 (coucou les avant-postes à capturer). Mais passer à côté du titre pour cette raison serait faire preuve d’une attitude boudeuse. A moins que vous soyez vraiment allergique aux jeux d’infiltration…

METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN

Conclusion

Dès l’entame, je vous ai spoilé comme un malandrin la conclusion de ce test. L’effet de surprise étant réduit à peau de chagrin, je ne peux que vous réitérer que Metal Gear Solid V : The Phantom Pain force le respect en proposant une aventure plus riche en contenu, plus ambitieuse et surtout plus libre que ses aînés. Sans peine, il s’impose comme le bac à sable ultime de l’infiltration. Un jeu authentique qui vous forgera de beaux souvenirs de gamer.

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain

  • Développeurs : Kojima Productions / Konami
  • Type : Infiltration
  • Supports : PS4 / Xbox One / PS3 / Xbox 360 / PC
  • Sortie : 1er septembre 2015

Y’a bon!

  • Infiltration passionnante
  • Liberté d’action
  • Visuellement réussi
  • Contenu riche

Beuargh!

  • Intensité scénaristique en dent de scie
  • Scénario dilué
  • Objectifs de missions redondants
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Actuellement, je tape la carte sur MTG Arena et Legends of Runeterra, tout en continuant mon marathon Kingdom Hearts

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