Test : LA Noire Remastered – Cole Phelps est de retour

Replongez dans les films de gangsters des années 40

Voir ressortir le titre de feu la Team Bondi en 2017 est une nouvelle chance de remettre sous les projecteurs un titre autrefois peut-être mal considéré, ou mal compris. Estampillé Rockstar, se déroulant dans un monde ouvert et bénéficiant d’une technologie impressionnante de capture d’expression faciale, L.A. Noire revient sur toutes les consoles avec quelques ajouts supplémentaires. Retour à une époque où le summum de la classe se résumait à un beau costume, un Stetson, des sourcils froncés et des yeux mi-clos.

On débute petit, mais l’ascension sera rapide… comme la disgrâce

Et la Team Bondit

Bon, l’avantage quand on traîte de Remaster, c’est qu’il n’y a pas forcément besoin de refaire le jeu en long, en large et en diagonale pour pouvoir vous en parler. Oh,  sans doute que notre cher Matthieu aurait été plus exhaustif sur le sujet, mais le hasard a voulu que la review m’échoit. Ayant déjà plié le titre à sa sortie originelle fin 2011, j’en avais gardé un souvenir assez convaincant, L.A. Noire – en dépit des affrontements qui ont suivi entre Rockstar et la Team Bondi – respectant à la lettre les codes du film noir dans une Los-Angeles des années 40 retranscrite à la perfection.

Ça a certes vieilli, mais les reflets sur la carrosserie ont encore de la gueule

A la perfection, certes, mais en 2017, soit 6 ans après sa sortie initiale, le monde ouvert de L.A. Noire a de quoi décevoir ceux qui y toucheraient pour la première fois en s’attendant à la richesse d’un GTA ou un Red Dead Redemption. La ville de Los Angeles n’est ici propice qu’à quelques quêtes annexes relativement redondantes, ou à des courses-poursuites motorisées et armées dans la grande tradition des films noirs, nettement plus amusantes. Le reste du temps, il s’agit surtout d’aller d’un point A à un point B, tout en discutant avec son binôme. Les dialogues étant toujours en anglais, à l’instar des autres titres Rockstar, il faudra composer avec la conduite et la lecture des sous-titre, toujours aussi problématique. On pardonnera néanmoins plus facilement ce choix de voix anglaise étant donné que L.A. Noire profite d’une technologie d’animation faciale qui reste impressionnante aujourd’hui encore. Une partie du gameplay du jeu nécessitant d’analyser les expressions faciales de nos interlocuteurs pour deviner s’ils mentent ou non, il était normal de garder la synchronisation labiale originale pour ne pas déstabiliser les interrogatoires.

Fouiller des cadavres ensanglantés sera l’une des joyeuseté des enquêtes

Cole Case

L.A. Noire nous place donc dans les bottes de Cole, vétéran de guerre au sens de justice aiguisé qui s’engage dans la police de L.A. comme simple agent, avant de gravir les échelons grâce à ses capacités et son dévouement. Narrée chapitre après chapitre, illustrée avec un titre façon vieux film à la chaude voix d’un narrateur nous introduisant le thème de l’épisode, l’histoire de L.A. noire est un peu confuse au départ avant que tous les éléments se mettent en place. Contant l’ascension puis la déchéance de Cole dans les forces de l’ordre et son passage dans les différents services de police, à commencer par la circulation puis les mœurs, le scénario du titre de la Team Bondi nous plonge dans un univers de corruption, où le passé du protagoniste est autant une force qu’une vulnérabilité. Traitant de meurtres – dont la fameuse et réelle affaire du Dalhia Noir jamais élucidée – les enquêtes de Cole nous demanderont de relever des indices sur les lieux des crimes, faire les poches des cadavres, analyser des objets sous toutes les coutures et nous rendre dans différents lieux pour poser les questions qui dérangent.

Chaque chapitre est introduit par un narrateur et un carton-titre, l’effet film noir fonctionne !

Doté d’une interface cohérente et intelligente intégrée au calepin de Cole, L.A. Noire nous permettra de sélectionner un lieu relatif à l’affaire sur la carte fort peu pratique dans un premier temps – car dénuée de GPS – mais aussi les questions à poser aux suspects et témoins en vue de les confondre grâce aux preuves collectées. Si votre jugement et vos méthodes pourront être remis en question par la hiérarchie, rien cependant ne viendra obstruer la bonne marche du scénario, seuls les points d’intuitions – permettant à Cole d’éliminer des mauvaises question ou de demander l’avis général aux autres joueurs via le Rockstar Social Club – seront impactés pour la suite de l’aventure. Une liberté somme tout appréciable qui pousse les joueurs à bien faire attention aux déclarations des témoins et à rester attentifs lors des interrogatoires, sous peine d’être considéré comme un mauvais flic. Il conviendra alors d’user avec sagesse des options d’intimidation ou d’accusation avec de solides arguments en main, à moins que vous ne tombiez sur un suspect honnête qui n’a besoin que d’être rassuré pour vous aider.

Qu’est ce qui a deux pouces et qui s’en fout ? Jack Kelso !

De manière générale, le scénario s’enchaine assez bien et reste bien rythmé au fil des quelques 20 heures que demande sa complétion sans trop être soumis aux quêtes annexes. Le destin de Cole, les ombres de son passé et sales affaires dans lesquelles il trempe nous tiennent en haleine comme le ferait un bon film classique. Ce qui implique sans doute quelques retournements de situations prévisibles, mais néanmoins respectueux des codes.

L.A. est bien reproduite, malheureusement, en 2017 elle paraît bien vide

Le souci de cette réédition tient d’avantage à sa technique et à son monde ouvert très vide en comparaison à ce qui a pu se faire ailleurs. Comme je l’ai indiqué plus haut, le travail sur les expressions faciales – calquées sur des acteurs réels de renoms comme Aaron Stanton (Mad Men) ou encore John Noble (Denethor dans LotR) taillé pour le rôle – reste extraordinaire et impressionne toujours en 2017, mais cadre assez mal avec les animations assez statique des corps et la pauvreté (de nos jours) relative des décors. Si cette nouvelle version profite en toute logique de textures plus fines – et en 4K pour Xbox One X en échange de 13 Go de téléchargement – le titre fait aujourd’hui pâle figure. Mais n’oublions pas qu’il a 6 ans et que ce n’est pas un remake mais bien un remaster, donc “juste” une version optimisée et incluant tous les contenus sortis sur la version précédente. Les différents entre la Team Bondi et Rockstar mettant à mal tout documentaire ou interview en tant que bonus – dommage – il faudra juste se contenter du jeu, qui profite néanmoins d’une excellente bande-son et de doublages aux petits oignons.

Conclusion

Si l’on arrive à se rappeler que le titre a 6 ans d’âge en terme de technologie et qu’il n’arbore qu’un monde ouvert limité en intérêt, L.A. Noire reste une proposition hautement recommandable, surtout si vous ne l’aviez pas fait à l’époque et que vous aimez les ambiances des films de gangsters des années 40-50. Mais si vous aviez poncé les versions PS360 par contre, l’apport de cette version reste des plus limité. Si l’action est un peu molle, les phases d’enquête et d’interrogatoire mettent en valeur ce qui reste un ténor en matière d’expression faciale, même si le reste a pris un coup de vieux. On avait beaucoup aimé L.A. Noire à l’époque, on l’aime toujours autant aujourd’hui, d’autant qu’il est livré dans cette version avec tous ses DLC, garantissant une excellente durée de vie.

Temps de lecture : environ 3 minutes

L.A. Noire Remastered

  • Développeurs Team Bondi
  • Type Aventure
  • Support PS4, PC, XBox One, Switch
  • Sortie 14 Novembre 2017
L.A. Noire Remastered à notre sauce
7/10
L.A. Noire Remastered à notre sauce
Y'a bon
  • Toujours une excellente ambiance
  • Les expressions faciales impressionnent toujours
  • Une narration très prenante
  • La bande-son et les doublages <3
  • Une excellente durée de vie
Beuuuuwark
  • Un monde ouvert peu intéressant
  • Le jeu a vieilli graphiquement
  • Des personnages toujours très raides
  • Technique
    6/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    7/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    8/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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