Je ne m’en cache pas, je suis un fan du hérisson supersonique. Et ne rigolez pas parce que ce n’est pas une passion facile à assumer en 2020. Sonic n’a jamais réellement réussi son passage à la 3D (même Sonic Adventures, réessayez aujourd’hui, vous verrez) et il n’y a guère qu’à travers ses opus 2D réussis que le personnage s’en tire encore bien.

Puis ils ont annoncé un film Live américain mettant en scène Sonic. Et je me suis dit que j’allais encore me faire railler par les fans de Nintendo, qui avaient eu droit à un film Detective Pikachu communément admis comme réussi. Donc je ne suis pas allé le voir au cinéma. Ni Detective Pikachu d’ailleurs.

Vous y croiriez, vous, en ce flic tout beau tout propre ?

Running around at the speed of sound

Aujourd’hui j’ai vu les deux films, profitant de leurs sorties respectives en DVD et je vous l’annonce en toute sincérité : j’ai largement préféré Sonic à Detective Pikachu. Et bien entendu, je m’attends à me faire incendier à partir de cette ligne, comme si je remettais le couvert dans une ancienne guerre qui n’est plus d’actualité aujourd’hui, mais je vais détailler cet avis.

Sonic le film est un film pour enfants, artistiquement assez pauvre, qui ne se prend pas au sérieux et au final générique. Ce que j’entends par générique, c’est que l’histoire même aurait pu être transposée avec n’importe quel autre personnage rapide : un membre des X-Men, un épisode des Indestructibles qui auraient changé de dimension… Il n’y a que peu d’élément propres à la “mythologie de Sonic”, et le film de donne en plus des airs d’Origin Story, dévoilant l’enfance de Sonic, les raisons de son arrivée sur Terre et sa rencontre avec Robotnik.

On est raccord avec le personnage de Sonic version 3D, plus « américain »

Et même si le film en lui-même est peu original, j’ai trouvé qu’il se tenait. Prenez par la suite n’importe quel jeu Sonic, il ne viendrait pas contredire la lutte entre le hérisson et le génie du mal autoproclamé. Alors oui, Sonic le Film n’est pas un chef d’oeuvre du cinéma, mais en tant que film destiné aux enfants, il fonctionne. Mieux en tout cas que Detective Pikachu, qui demande beaucoup plus de suspension d’incrédulité. On peut croire à l’aventure de Sonic, bien moins à celle de Detective Pikachu. 

Le design de Sonic est au moins de bonne facture. Il reste quelques scènes intéressantes sur sa solitude

Maintenant, on ne va pas sortir de cet aspect très générique du film, du choix discutable de James Marsden aux airs de boy-scout aux dents trop blanches et de la sous-exploitation dommageable de Neal McDonough. Au moins, les producteurs ont retouché le design atroce de Sonic pour quelque chose de plus proche de l’original et moins “vallée dérangeante” que la première version.

Mais surtout, Sonic signe le retour fracassant de Jim Carrey faisant du Jim Carrey comme on l’aime. Cabotinant comme jamais, totalement hors de contrôle et campant parfaitement le docteur Robotnik, Jim Carrey vole la vedette au duo presque trop insipide du film. James Marsden remplit parfaitement son rôle de “buddy”, sympa, souriant, beau gosse, façon gendre idéal qui doit cadrer un enfant turbulent qui découvre le monde doté de super-vitesse.

Sonic est un ado qui ne tient pas en place, désireux de tout expérimenter durant le road-trip tout en échappant à Robotnik, qui s’acharne à l’attraper pour exploiter un genre de « Force Véloce » (coucou Flash) illimitée. Vraiment rien n’est original, mais ça fonctionne et ça ressemble à une myriade de films que j’ai pu voir étant enfant. Mes filles ont d’ailleurs été bien plus emballée par Sonic que par Detective Pikachu, où leur logique était sans cesse mise à mal.

Les anneaux sont le prétexte au road-trip du film

On pourra – en tant que fan – aussi reprocher un peu l’utilisation étrange des anneaux, considérés comme vitaux pour Sonic dans les jeux, réduits à des portails dimensionnels, à l’image des Warp Zones du jeu. On aurait pu en faire une utilisation plus judicieuse et faire des émeraudes du chaos – absentes du jeu – le vrai moteur du film. Mais cela sera peut-être le cas dans la suite teasée, avec l’apparition d’un certain renard et la transformation de Jim Carrey en vrai Docteur Robotnik (éloquent en plus). Un film « mise en bouche » qui pourrait donner une suite bien plus convaincante avec de meilleurs enjeux et plus de consistance… tant que Sonic n’embrasse pas une princesse, bien entendu.

Sonic The Hedgehog Le Film : Conclusion

J’ai passé un bon moment

En prenant Sonic Le Film pour ce qu’il est – un film destiné aux plus jeunes, avec ce que cela sous-entend comme humour facile – on se rend compte qu’au pire, il peut être taxé de film « sympa » qui pourra être vite oublié. Avec la mythologie bancale originale et un hérisson bleu supersonique adepte de hotdogs, difficile de proposer un film qui aurait pu être différent de celui-ci.

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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