Il va être difficile de parler de Marvel’s Guardians of the Galaxy sans évoquer Marvel’s Avengers et ses errements. Maintenant que les studios (et les éditeurs surtout) sont revenus de la fausse terre promise des jeux services (quoique… quand on entend les projets d’Ubisoft autour d’Assassin’s Creed…), Square-Enix et Eidos Montréal se sont concentrés ici sur un pur jeu narratif solo grand luxe autour de ces branquignoles de Gourdins de la Galaxie.


Marvel’s Guardians of the Galaxy


Supports : PC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series, Switch

Genre : Aventure

Date de sortie : 26 octobre 2021

Editeur : Square Enix

Développeur : Eidos Montréal

Multijoueurs : Non


Un vrai jeu solo popcorn qui ne révolutionne rien mais qui réussit ce qu’il propose


  • Une narration de qualité et très travaillée
  • Les doublages sont excellents
  • Une équipe vivante – peut-être un peu trop
  • Visuellement superbe
  • Des phases de gameplay assez variées, entre exploration, affrontements dynamiques et combats spacieux
  • Quelques choix à opérer qui impactent la suite
  • La BO des années 80, priceless en combat !

  • L’histoire globale, peu originale
  • Des combats un peu brouillon
  • L’impression d’être sur des rails
  • Mais ta gueule, Rocket !

Marvel’s Guardians of the Galaxy

Oui, j’ai bien parlé de « Gourdins de la Galaxie« , ce n’est pas une erreur. Une malheureuse faute de frappe de Star-Lord lors de l’enregistrement de leur groupe, et c’est tout une réputation qui est mise en cause. Maintenant, ce surnom est à l’image du groupe : complètement à la ramasse, têtu, plein de mauvaise volonté et avec beaucoup de second degré. Oubliez donc le sérieux des Avengers, bienvenue dans la Galaxie d’Andromède en compagnie de la définition la plus fauchée de l’héroïsme : Marvel’s Guardians of the Galaxy

« Hey, mais c’est de nous qu’il parle là ! Je vais lui faire ravaler son clavier à ce fiack ! »

« On se calme, Rocket, c’était pas méchant, et puis c’est vrai que mon doigt avait glissé sur le clavier… »

« Je s’appelle Groot ! »

« Heu, comment ça « tu n’étais pas seul sur ce clavier » Quill ? »

Si – à l’image d’Avengers – le jeu ne réutilise pas les visages du MCU (même si il y a une petite référence subtile aux films, et même au jeu des Avengers), Eidos a coché les cases qu’il fallait pour mêler les comics aux adaptations cinématographiques, histoire que les fans de l’un ou de l’autre ne soient pas trop frustrés. Par exemple, le personnage de Drax a été particulièrement travaillé. Masse de muscle idiote dans les films, personnage violent et torturé dans les comics, il trouve ici une nouvelle incarnation qui joue sur les deux tableaux.

« Je ne vois aucun tableau ici, Peter Quill, sais-tu de quoi parle cet humain ? »

« Heu… »

Visuellement, ça claque !

Ressort comique quand il s’agit d’afficher un pragmatisme à toute épreuve et un premier degré des plus drôle, le kylosien est ici mieux écrit et approfondi. Celui qui est connu comme avoir tué Thanos n’en est pas moins meurtri et profondément affligé par le massacre de sa famille. Ce qui le rend particulièrement vulnérable au principal antagoniste de ce titre des Gardiens de la Galaxie.

Ceux qui trouvaient Drax creux dans le MCU vont apprécier le traitement plus nuancé du personnage face à la Promesse de la menace.

Avec son bagou légendaire, Peter Quill aura la lourde tâche de motiver les troupes et de prendre les meilleures décisions, tandis que la galaxie se trouve face à une menace sans précédent. De son côté, la « Femme la plus dangereuse » de la Galaxie sait jouer la carte du mystère, surtout quand il s’agit d’éviter d’évoquer son…

« Continue à parler de moi, et la ma lame ira jouer du mystère à travers ta gorge. »

« Gamora ! Ca suffit ! »

« Je s’appelle Groot… »

« J’aurais pas dit mieux mon grand ! Bien envoyé ! »

Enfin, le duo d’inséparables, Rocket et Groot, assurent le spectacle, le premier par son incessant babillage, le second par sa loyauté et sa puissance. C’est même d’ailleurs parfois épuisant d’entendre le groupe (surtout Quill et Rocket) parler incessamment pendant l’exploration et les combats. Si cela participe évidemment à l’attachement qu’on pourrait avoir ou non pour certains membres, suivre les conversations et en extraire les éléments importants au cœur de la bataille n’est pas toujours facile. Et c’est parfois même épuisant.

Knowhere est un espace vivant plaisant à visiter (enfin pas toujours) On y fait même des rencontres gênantes dans les bars…

« Des rencontres gênantes dans les bars… Ah ça c’est certain, hein Quill ? »

« Oh ça va, j’ai pas eu le choix je vous rappelle, il avait son flingue braqué sur moi ! »

« J’aurais préféré mourir que de subir pareil déshonneur, Peter Quill »

« Et en plus tu chantes faux… »

Y’a des trucs qui vous rappelleront des choses là-dedans… ou pas.

Surtout quand le titre s’évertue à nous rendre Rocket insupportable pendant la première moitié du jeu. Véritable aimant à baffe, le rongeur est vraiment un élément encore plus détestable et râleur dans cette aventure que dans les films. Mention spéciale par contre aux doubleurs – issus des adaptations MCU si je ne me trompe pas – qui sont excellents.

« Il m’a appelé le rongeur là ? OH BON SANG DE FIACK, JE VAIS ME LE FAIRE ! »

« Je s’appelle Groot !! »

« Rocket ! Il vient aussi de dire que tu avais une jolie voix ! »

« MAIS C’EST MÊME PAS LA MIENNE ! »

« Laisse-le exprimer sa rage, Peter Quill, elle saura le libérer de l’emprise de ce narrateur irrespectueux »

Le Milano sera votre havre de paix, pour discuter avec votre équipe, améliorer votre équipement… et faire des papouilles au lama.

Bref, vous l’aurez compris : la narration et les interactions entre les personnages sont particulièrement soignées, même si l’histoire globale évolue majoritairement sur des rails. Si la construction pourrait rappeler ce qui avait été fait sur le récent Jedi Fallen Order, Marvel’s Guardians of the Galaxy est une fuite en avant perpétuelle. Il sera impossible de revenir en arrière (pour récupérer les coffres des tenues alternatives loupées par exemple, ou des éléments permettant de débloquer des discussions annexes avec vos compagnons) pour revisiter un niveau librement. Cela donne une narration hyper dynamique et difficile à lâcher – les chapitres s’enchainant rapidement – mais aussi de nombreux passages narratifs où l’on reste assez spectateur de l’intrigue.

« Je s’appelle Groot »

« Il dit que c’est nécessaire pour ne laisser aucun temps mort et que tout s’imbrique correctement et de façon cohérente »

« Oui… enfin, si le vieux schnock pouvait arrêter avec ses sermons grandiloquents toutes les deux minutes, on ne s’en porterait pas plus mal, hein ? Surtout pour débiter autant d’âneries »

« Je ne vois aucun âne à l’horizon, Peter Quill »

Trouvez les bons mots pour booster votre équipe au combat !

Heureusement, les séquences de gameplay – que cela soient les combats ou les petites énigmes à résoudre en chemin – reprennent le dessus et assurent un équilibre maîtrisé dans la progression globale. Ce qui est certain, c’est que le spectacle est présent à chaque instant, et que les développeurs utilisent correctement le matériel à leur disposition, même si on aurait pu s’attendre à un antagoniste un peu plus original une fois encore.

Mais aucune occasion n’est perdue pour caresser le fan dans le sens du poil, que ça soit par des petites références gratuites (allez visiter le musée du Collectionneur, il y a des pépites) ou des protagonistes importants jusqu’ici mis de côté (comme Cosmo).

« Oui, enfin le clébard ne s’est pas non plus montré des plus indispensable, si tu vois ce que j’veux dire »

« T’es dur Rocket, Cosmo nous a quand même tendu une main secourable (rire étouffé) »

« T’es con, Quill, même Drax n’a pas osé la sortir celle-là »

Niveau musique, si Marvel’s Guardians of the Galaxy possède bien entendu ses compositions originales, on s’arrêtera sur les chansons des années 80 qui peuvent être librement écoutées au sein du vaisseau Milano, mais aussi lorsqu’il s’agit de « motiver » son équipe pendant les combats. Et que dire de plus que d’avoir du Rick Astley pendant un combat de boss, ça n’a pas de prix ? Ceci sera une affaire de goût mais personnellement, ça me donnait un regain d’énergie. A noter que le titre possède une fonction « streamer » qui remplace les musiques sous licence par des versions qui ne vous causeront pas de censure sur les plateformes de streaming.

Vous pouvez donc Rickroller les ennemis – vraiment

Les combats ne nous permettent d’ailleurs que d’incarner Star-Lord, tandis que les 4 autres sont gérés majoritairement par l’IA. Et globalement, elle s’en sort correctement. Si Quill possède déjà une petite palette de mouvements qui le rendent très mobile avec ses bottes, pouvant mitrailler avec ses doubles pistolets ou mettre des mandales, il a aussi la possibilité de débloquer des pouvoirs élémentaires pour geler, foudroyer ou attirer des ennemis.

Bien loin de sa timide version du MCU, Mantis est complètement barrée !

Cela dit, ses coups spéciaux (à débloquer, comme pour les autres, via des points de compétences communs à tous à chaque montée de niveau) sont cachés derrière une pression du joystick gauche. Celui-ci servant aussi à se déplacer, il faut penser à appuyer dessus, le garder activé tout en se déplaçant, et appuyer sur un des 4 boutons pour activer le pouvoir désiré. C’est déjà une gymnastique mentale et physique pour faire de même avec les alliés (là il suffit d’appuyer sur le bouton de tranche gauche, puis une touche pour sélectionner l’allié, et enfin une dernière pour choisir l’action a effectuer), mais c’est encore plus complexe sur Quill. On s’y habitue, mais l’accès à ces techniques nous fige trop souvent, là où on a besoin d’être rapide. Les ennemis disposant souvent de pouvoirs spécifiques à contrer ou de boucliers, le recours à ces pouvoirs sont par contre souvent indispensables.

Les alliés ne sont pas utiles qu’en combats – où il excellent, il faut le dire – mais aussi pendant les phases d’exploration. Si les muscles de Drax pourront être utiles afin de percer des murs ou soulever des charges, Groot pourra faire monter des plateformes ou créer des ponts grâce à ses racines, tandis que Rocket fera souvent tout exploser, se faufilera dans des couloirs étroit ou encore piratera des terminaux. L’expérience 89P13 phobique de l’eau sera aussi votre principal recours pour la modification et l’amélioration de votre équipement via l’utilisation d’éléments que vous ramasserez un peu partout dans les niveaux.

Je n’irais pas plus loin niveau capture d’écran, après, ça spoile sévère

Le jeu ayant le bon goût de ne pas proposer trop de ces améliorations, elles sont toutes utiles et vous pouvez les débloquer dans l’ordre que vous voulez. Enfin, Gamora pourra non seulement couper certains éléments qui vous bloquent la route, mais aussi vous permettre de sauter bien plus haut en vous attrapant le bras à certains endroits.

« Ah ? On parle enfin de moi, je pensais être une fois de plus victime d’un sexisme ordinaire dans cette équipe de machos décérébrés. »

« Ce qui est perturbant, c’est d’entendre le mot « victime » en parlant de toi, Gamora. Et pour rappel, c’est toi qui lui a fort aimablement demandé de ne plus t’évoquer. »

« Je s’appelle Groot. »

Les expressions et la gestuelle de chacun méritent votre attention

Tout s’imbrique très bien dans Marvel Les Gardiens de la Galaxie, même l’humour qui est omniprésent fonctionne, et renforce même les quelques passages plus graves ou les moment plus posés. Une idée plutôt classique mais qui illustre bien cette complémentarité est le fait que chaque Gardien a droit à 3 techniques à débloquer, mais une quatrième – un mouvement ultime – se déverrouille automatiquement une fois que le personnage aura surmonté une faiblesse

La rencontre avec le Worldmind, QG des forces Nova, prendra une tournure inattendue… mais la question qui se pose est la suivante : paierez vous votre amende ?

Ces séquences arrivent parfois même en plein combat, qui peuvent prendre des allures désespérées à certains moment, jusqu’à ce qu’un événement scénarisé se produise et permette la victoire. Tout est très bien intégré une fois de plus, et si on échappe pas aux couloirs et aux arènes, force est de constater qu’on évolue dans le jeu sans trop sen apercevoir.

Marvel’s Guardians of the Galaxy

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

Que retenir de ce titre des Gardiens de la Galaxie ? Un jeu bien écrit, propre, amusant et dynamique. Après la petite déception qu’a pu être Avengers pour beaucoup, Eidos redresse la barre et offre ici un vrai jeu solo popcorn qui ne révolutionne rien mais qui réussit ce qu’il propose. Et au final, n’est ce pas tout ce qu’on demandait ?

4.5
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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