Même si la nouvelle dénomination « Like a Dragon » est finalement une traduction du nom original de la série « Ryū ga Gotoku », j’ai encore du mal à me départir de l’appellation « Yakuza ». En attendant le retour de Kiryu dans 2 projets, on a le plaisir de le retrouver dans une version alternative du Bakumatsu dans Like a Dragon : Ishin !


Like a Dragon : Ishin !


Supports : PC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series

Genre : Aventure

Date de sortie : 20 mars 2020

Editeur : SEGA

Développeur : Ryū ga Gotoku

Multijoueurs : Non


La série Yakuza / Ryū ga Gotoku nous emmène dans une histoire sombre remplie de personnages charismatiques, mais en plein Japon féodal.


  • Le choix de l’époque et tout ce qu’elle évoque
  • Le scénario, la mise en scène et le rythme
  • Toujours très WTF dans ses quêtes annexes
  • Beaucoup de contenu
  • Le système de combat
  • Le doublage et les musiques
  • Les stigmates systémiques d’un jeu de 2014
  • L’absence de verrouillage parfois pénible
  • Des quêtes annexes répétitives

Les loups de Mibu

Oui, j’ai bien parlé de deux projets qui allaient remettre en lumière l’inébranlable Kazuma Kiryu, puisqu’on va voir arriver Like a Dragon 8 mettant en vedette Ichiban Kasuga accompagné de Kiryu, mais aussi – et on a tendance à l’oublier – Like a Dragon Gaiden : The Man Who Erased His Name. Ce dernier, un peu moins grand en terme d’ambition, viendra se placer entre le Yakuza 6 et Yakuza : Like a Dragon pour nous raconter ce qui est arrivé à Kiryu Kazama et le pourquoi de son retour aux côtés d’Ichiban (en dehors du fait qu’il reste indissociable de la série). Mais en attendant, nous avons droit à un remake d’un épisode jusqu’ici exclusif au Japon, Like a Dragon : Ishin !

On va être clair dés le départ : Like a Dragon : Ishin ! n’est pas une reconstitution historique fidèle du Bakumatsu, mais une adaptation libre et fantasmée des événements de l’époque mettant en scène tout le casting connu de la série Yakuza. Pour rappel, le Bakumatsu est la période allant de 1853 à 1868 durant laquelle le Japon mit fin à sa politique isolationniste suite à l’arrivée des « bateaux noirs » occidentaux et mis fin au système féodal du shogunat pour donner naissance au gouvernement Meiji. C’est une période de grand changements, donc de grands troubles et d’affrontements sanglants entre les partisans du système féodal entretenus par les seigneurs de guerre (les Shoguns, tout puissants) et ceux désireux de voir l’empereur du Japon réhabilité.

Dans cette époque violente, nous incarnons Sakamoto Ryoma de retour dans la ville de Tosa. Il y retrouve son père d’adoption Yoshida Toyo et son frère Takechi Hanpeita, tout deux désireux mettre fin au système de classe dans leur ville, mais aussi dans le Japon entier. Ils se définissent comme loyalistes (Ishin shishi) et préparent un coup d’état pour renverser leur gouvernement local grâce au Kinno-To, une armée civile qui prend de l’ampleur. Mais leur plan est éventé et Yoshida Toyo est tué devant ses fils par un mystérieux assassin maîtrisant un style de combat au sabre inconnu : le Tennen Rishin-ryū. Accusé à tord, et prenant la fuite afin de laver son honneur et venger son père, Sakamoto Ryoma se retrouve un an plus tard à Kyo (actuel Kyoto) sur la piste de l’assassin. Ayant endossé une nouvelle identité pour passer inaperçu, Sakamoto se fera désormais appeler Hajime Saito.

Si certains d’entre-vous connaissent un petit peu l’histoire de cette époque et certains mangas qui en découlent (à tout hasard « Rurouni Kenshin » ou « Peace Maker Kurogane »), ce nom doit vous être familier. Si je parlais d’adaptation libre de l’ère Bakumatsu, c’est déjà parce que Sakamoto Ryoma et Hajime Saito n’ont jamais été une seule et même personne, contrairement à ce que nous raconte le jeu. Donc prenez le contexte historique avec des pincettes, il sert juste de cadre au récit de vengeance conté dans Like a Dragon : Ishin. Car bien entendu, il s’agit encore une fois ici de sombres manipulations politiques, de vengeance et de meurtres sordides. Vous évoluez dans différents quartiers du Kyo de l’époque, croisant de très nombreux événements annexes plus ou moins sérieux et plus ou moins importants en terme de références, des quartiers des plaisirs (oui, vous pouvez passer une soirée avec une Geisha ou participer à un karaoké, on reste dans la série Yakuza, tout de même) au quartier général du Shinsen-gumi.

Oui, vous vous doutiez qu’on y arriverait, puisque Kazuma prête ses traits à Hajime Saito, l’un des redoutables capitaines du bras armé du Bakufu chargé de maintenir l’ordre en ville et reconnaissables à leur haori bleu ciel. Élevés au rang de légendes du sabre, les membres du Shinsen-Gumi étaient aussi adulés que redoutés, ayant la réputation de trancher avant de parler. C’est sans surprise qu’on y retrouve des visages connus de la série, à commencer par le chien fou Goro Majima (dans le rôle de Soji Okita), Taega Saejima prêtant ses traits à Nagakura Shinpachi, Akira Nishikiyama pour Okada Izo ou encore Yoshitaka Mine incarnant Hijikata Toshizo. Bref, on reste en terrain connu et presque tout le casting de la série Yakuza se retrouve ici modélisé pour donner vie aux personnages historiques.

Si vous êtes un fidèle de la série Yakuza, vous serez ici en terrain connu, et c’est peut-être un reproche qu’on pourrait lui formuler (personnellement, c’est une force). On y retrouve le découpage chapitré de l’histoire principale, de très nombreux récits annexes qui viendront entrecouper votre progression, des froncements de sourcils en pagaille et une intrigue qui mêle politique et vengeance personnelle avec un taux de testostérone qui crève le plafond. Les événements historiques importants sont également adaptés pour coller à l’intrigue (l’incident de l’Ikedaya par exemple), et on retrouvera des références en pagaille pour les fans de cette époque (coucou Kawakami Gensai). Si l’on s’en tient à la trame principale en résistant aux à-coté (certaines quêtes sont à mourir de rire quand même – laissez-vous tenter par l’invitation dans une maison close à Gion par exemple), il vous faudra une vingtaine d’heure pour retracer l’histoire de Saito.

N’oublions pas qu’il s’agit ici du remake visuel d’un titre de 2014, issu d’une série assez rigide dans sa construction. Like a Dragon : Ishin ! porte donc les marques des jeux de cette période, avec de nombreux allers-retours, des animations parfois rigides, une progression linéaire et une interface ultra-classique. N’y cherchez pas de monde ouvert (mais de grands quartiers), on reste dans ce que la série Yakuza sait faire le mieux, le tout doublé en japonais et sous-titré en français bien sûr.

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Au niveau du système de combat, vous incarnez un expert qui maîtrise non seulement 4 styles distincts, mais également un capitaine du Shinsen-gumi. Saito peut donc utiliser ses poings, mais aussi ses techniques de sabres, utiliser un pistolet ou un style plus acrobatique alliant les deux armes. De plus, vous pourrez emmener avec vous 3 membres de votre escadron Shinsen-gumi par style de combat sous forme de cartes pour vous octroyer des effets spécifiques à activer en combat.

Vous pourrez d’ailleurs recruter de nouveaux membres en les affrontant dans la rue, et les faire évoluer à chaque combat remporté avec eux dans votre équipe. Un système de support que je trouve malin et qui permet d’utiliser notre grade de capitaine sans toutefois jouer 4 personnages en même temps. Vous aurez également les missions spécifique du Shinsen-gumi à effectuer dans des donjons dédiés en tant qu’activités annexes si vous le souhaitez, ou rejoindre des arènes de combat pour de nouvelles récompenses. Ces deux activités sont assez répétitives et les ennemis deviennent très vite des sacs à PV très longs à battre sans pour autant être très intéressants.

N’ayant pas bénéficié d’une remise à niveau plus moderne, le système de combat peut parfois devenir assez brouillon, surtout lorsque de nombreux ennemis sont présents à l’écran et qu’il est impossible d’en cibler un spécifiquement. Cependant, les affrontements restent un plaisir grâce à une véritable sensation d’impact, des combats de boss tendus et des QTE mises en scène de façon spectaculaire.

Les histoires secondaires offre un contenu toujours aussi conséquent, un peu plus de soixante quêtes cocasses, voire très farfelues qui contrastent avec le sérieux solennel de l’histoire de Saito. Si dans la majorité des cas, elles sont peu intéressante, elles ont souvent le mérite d’être drôles et font office de petite parenthèse rémunératrice. Elle permettent aussi de nouer des amitiés que l’on pourra ensuite entretenir pour d’autres bonus. Ce n’est pas spécialement palpitant à effectuer, mais cela permet de varier un peu les activités.

Une de ces quêtes secondaires est un peu plus impactante et nous fait venir en aide à une jeune fille afin d’éviter qu’elle perde sa maison. Nous pourrons alors vivre chez elle et faire pousser des légumes pour préparer des plats et les vendre pour rembourser sa dette. Il est possible d’améliorer la taille du potager et l’organiser pour optimiser l’espace entre les différents plants. Une fois la récolte terminée, nous pouvons préparer des petits plats via des mini-jeux. Il faudra également remplir les carnets de commandes que les parents de la jeune fille lui ont laissés pour dégager du bénéfice. La quête prend un peu plus de place dans notre agenda puisque la jeune fille à aider n’est autre que… Haruka.

Le moine rencontré au début du jeu vous permettra de réaliser des petits défis qui se font tout seul en cours de partie afin de gagner de la Vertu, une monnaie spécifique permettant d’obtenir divers bonus, comme des améliorations de la ferme de Haruka, une meilleur canne à pêche (oui, on peut aussi pêcher), mais aussi et surtout, l’endurance à la course de Saito. Car vous allez courir un peu partout (même si les « taxis » sont présents sous la forme de chaises à porteur), ce qui occasionnera de nombreuses rencontres amicales… ou non.

Techniquement, Like a Dragon : Ishin ! n’est pas non plus une claque graphique. Retapé sous Unreal Engine 4 en lieu du Dragon Engine, le jeu est assez propre, mais garde son aspect vieillot de jeu PS3. Les animations restent assez rigides. toutefois, les nombreuses cinématiques rehaussent le tout et il est possible d’appliquer un filtre imitant les vieux films façon Kurosawa pour en atténuer l’effet. Si cela a pour effet d’assombrir un peu le jeu, ça lui donne aussi une patine bien plus intéressante et adaptée que je vous conseille d’utiliser, comme vous pourrez sans doute le constater sur les images de cette page.

Like a Dragon : Ishin !

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

C’est un vrai plaisir de retrouver Kiryu – ou presque – dans un titre Yakuza se déroulant à l’époque du Bakumatsu. Le jeu coche toutes les cases d’un bon Yakuza, avec encore plus de charisme si c’était possible. Malgré ses stigmates de jeu de 2014 basé sur une licence aussi rigide que Ryo ga Gotoku et sa remise à jour graphique limitée, on suit ici encore une fois avec très grand intérêt cette sombre intrigue parsemée de moments loufoques typiques de la série.

4
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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