Test : Kotodama the 7 Mysteries of Fujisawa – Démon-renard malicieux

Déshabillez-les mais pas trop

Quand on est un passionné de jeux japonais de niche et qu’on veut travailler chez un éditeur investi, c’est chez PQube Games qu’il faut postuler. Expert en jeux japonais et Visual Novel, on lui doit notamment l’édition chez nous de Steins;Gate, Punch Line, Our World is Ended, Legend of Heroes, Gal*Gun, Muv-Luv et j’en passe. Et quand on passe son temps à éditer avec amour tout un tas de titres en Europe en sachant qu’ils ne trouveront preneurs que chez un public de niche, il vient un moment où ça doit titiller de sortir son propre jeu. C’est chose faite avec Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa.

Récupérez les indices auprès des élèves pour percer les secrets des 7 Mystères

Kotodama

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Derrière ce titre se cache un Visual Novel plutôt léger qui pourrait constituer une porte d’entrée au genre à ceux qui sont rebutés par la quantité de lecture – souvent en anglais – qui constitue ces expériences. Chez PXLBBQ, on reste quand même de gros fans de Visual Novels (non, mais vous avez déjà expérimenté les claques de Steins;Gate ou Muv-Luv ? On en ressort différents) et la proposition de PQube nous intriguait au plus haut point. Développé en collaboration avec Art Co. (qui ne compte pas vraiment de grands jeux à son actif), Kotodama : The 7 Mysteries of Fujisawa nous plonge dans la peau d’un protagoniste (au choix un garçon ou une fille) qui arrive dans un nouveau lycée bien décidé à vivre une année la plus calme possible.

Enfin, aussi calme que possible, dirons-nous, puisque notre protagoniste dispose d’un bien étrange pouvoir obtenu du pacte avec un démon-renard lui permettant d’effeuiller le mensonge pour forcer ses victimes à dire la vérité. Une capacité que l’on gardera secrète, même au moment d’intégrer – bien malgré nous – le club occulte du lycée. Ce dernier, un peu raillé par les autres élèves, s’est donné pour mission de résoudre “les 7 Mystères du Lycée”, 7 légendes urbaines allant d’un mystérieux loup blanc à une bibliothèque secrète garantissant le savoir absolu à celui qui la découvrirait en passant par un mystérieux inconnu vous invitant à prendre le thé dans une autre dimension tout en répondant à toutes les questions.

Envoyez une bille vers le haut pour causer des cascades

On suit alors le quotidien des protagonistes, jour après jour alors qu’ils recueillent les indices sur chaque légende auprès des élèves et découvrent la vérité qui se cache derrière ces mythes. Une vérité souvent triste ou glauque, mettant en valeur les pressions sociales, la violence faite aux animaux voire le suicide, des secrets cachés par certains élèves qu’il faudra mettre à jour grâce au pouvoir du Kotodama.

Ce dernier s’active quand le protagoniste découvre enfin qui est à l’origine de la légende et use de son pouvoir pour lui faire avouer la vérité en fin de chapitre. Cette séquence prend alors la forme d’un casse-tête dans lequel le joueur doit aligner 3 billes ou plus d’une même couleur pour les éliminer et attaquer littéralement la jauge de joie de sa cible. Un casse-tête en apparence simple mais plus subtil qu’il n’y paraît puisque la jauge de joie est séparée en 4 parties, qui une fois vidées retirent littéralement une couche de vêtements dans l’imaginaire du protagoniste, matérialisant les différentes couches de protection du mensonge. Si la nudité est absente du titre, il faudra effeuiller couche après couche chaque protection de la cible pour lui faire avouer la vérité sur la légende. Pour cela, la seule possibilité pour le joueur est d’envoyer une bille vers le haut de la colonne.

Vous serez libre d’aller fouiller un peu partout

Impossible donc comme dans les autres titres inspirés de Bejeweled, de déplacer horizontalement ou verticalement deux billes adjacentes, le seul choix étant d’envoyer une bille tout en haut du damier pour compléter des lignes. Mais pour y arriver, le joueur possède un nombre de coups limité, qui se recharge à chaque nouvelle zone de la jauge de joie vidée, ou par le biais d’objets à utiliser sur la cible, sans toutefois en abuser sous peine d’écoper de malus (jauge qui se remplit un peu, billes verrouillées…). Des bonus peuvent aussi apparaître dans le damier pour faire exploser des lignes entières ou bloquer le compteur de coups quelques instants.

Jeu japonais oblige, chaque vague de billes détruite attaque le mental de la cible qui semble y prendre beaucoup de plaisir en se tordant dans tous les sens, les larmes aux yeux et les joues rougies, ce qui peut mettre assez mal à l’aise si vous y jouez dans un lieu public ou en présence de votre moitié, car à part ces petits moments, aucune nudité ou passage scabreux ne sont présents. On apprécie d’ailleurs qu’il n’y ait pas que les protagonistes féminines qui soient la cible du Kotodama, mais leurs homologues masculins également, ce qui est plutôt unique dans le genre.

La difficulté des phases de puzzles est par contre bien présente, même si elle n’est pas insurmontable, et il faudra jongler correctement avec les bonus pour gagner quelques coups supplémentaires, surtout que le jeu ne dispose pas de sauvegarde automatique, donc en cas d’échec, c’est un retour à l’écran titre ! Veillez bien donc à sauvegarder régulièrement la partie sous peine de devoir recommencer de longues phases.

Cela dit, Kotodama est un Visual Novel qui ne perd pas de temps : chaque chapitre dure environ 30 minutes, phases de puzzles comprises, ce qui en fait, comme je le disais, une porte d’entrée accessible au genre du Visual Novel, même si Kotodama demeure malheureusement en anglais. Au fil du jeu, on débloque quelques artworks et voix à écouter dans la galerie, mais on accède également au mode Puzzle depuis l’écran titre qui nous propose d’affronter via plusieurs modes de difficultés les puzzles déjà accomplis, en débloquant de nouveaux sous-vêtements pour les cibles. De quoi booster un peu la durée de vie et permettre à tous de se faire la main sur les différents puzzles disponibles.

Conclusion

Pour son premier titre, PQube a su proposer un jeu accessible et drôle pour initier les joueurs au Visual Novel en proposant un système de jeu simple mais à la difficulté présente. A travers ses différentes petites histoires, c’est un quotidien adolescent plutôt sombre qui est dépeint avec une certaine légèreté. Si la rapidité du récit ne permet pas de mesurer l’ampleur des causes des légendes urbaines ou de s’attacher réellement à certains personnages, Kotodama évite les longueurs et tient ainsi en haleine les joueurs en renouvelant son challenge et ses histoires. Un chouette titre à découvrir.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Kotodama the 7 Mysteries of Fujisawa

  • Développeurs PQube
  • Type Visual Novel / Puzzle
  • Support PS4, Switch, PC
  • Sortie 31 Mai 2019
Koodama The 7 Mysteries of Fujusawa
7/10
Koodama The 7 Mysteries of Fujusawa
Y'a bon
  • Une bonne initiation au Visual Novel
  • Les légendes urbaines et leur côté véridique souvent triste
  • Pas de nudité et pas que des filles dénudées
  • Le puzzle game est sympa et jouable à part également
Beuuuuwark
  • En anglais
  • Le système de sauvegarde un peu vicieux pour ce genre de titre
  • Chaque histoire est quand même vite terminée
  • Peu de choix dans les dialogues
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    7/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    7/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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