Les possesseurs de PSVita n’ont certes plus de gros titres first-party à se mettre sous la dent, néanmoins, la console reste une bénédiction pour tout amoureux de Visual Novel. Qu’on se le dise une bonne fois pour toute : sortir des VNovel sur les consoles de salon (à part la Switch) n’a qu’un intérêt limité. Certes, la Vita n’a pas une visibilité aussi imposante que la PS4 (16 petits millions pour la portable contre 81 pour la console de salon), elle n’en est pas moins le support idéal des Visual Novel. Et il y peu, la console a accueilli le mètre étalon du genre avec l’intégrale de Muv-Luv.

Autant vous dire qu’on n’a pas fini d’être absorbé sur notre écran. Je vais tenter de spoiler un minimum, mais ça va être compliqué. Si le titre vous intéresse à la lecture du paragraphe “Unlimited” ci-dessous, vous pouvez vous arrêter là, puisque la suite est encore meilleure.

Oui-oui, le premier est un VNovel très bien foutu et romantique dont il serait dommage de se priver

Muv-Luv ?

Pour les profanes, Muv-Luv est un Visual Novel de type romantique (pour adulte au départ, édulcoré ensuite pour les consoles) sorti initialement au Japon en 2003 sur PC et qui se déroule dans l’univers de Kimi ga Nozomu (qui présente un triangle amoureux qui se verra reconfiguré après un grave accident de l’une des protagoniste *joie*). Comme tout roman visuel, il propose un scénario relativement linéaire qui vous propose de finir avec l’une des deux protagoniste féminine, suivant les choix opérés pendant l’histoire.

Jusqu’ici, on nage dans le classique, très loin du sérieux et des retournements cérébraux d’un Steins;Gate ou un Chaos;Child. Le succès a été tel que la série a connu des déclinaisons en animés et en manga, et deux suites ont vu le jour quelques années plus tard. Les fans d’animés reconnaîtront le style des mangas de l’époque, principalement dans les coupes de cheveux à la géométrie improbable.

Si le jeu sort bien évidemment en anglais, il dispose d’une certain animation. En effet, là où les exemple précités ne présentent que du texte sur des plans fixes, la série Muv-Luv disposent de petites animations qui donnent véritablement vie à la narration et dynamise le récit, en plus d’alterner le style graphique, adoptant parfois un graphisme enfantin.

Mais Muv-Luv ne se définit-il que comme cela ? Loin de là, car si le premier titre – Muv-Luv Extra – n’est effectivement qu’un VNovel romantique amusant permettant de connaître les personnages principaux pendant une dizaine d’heures, l’ambiance change radicalement à partir du second segment sous-titré Unlimited.

Extra

Unlimited et Alternative possèdent une toute autre ambiance !

Dans le premier segment, nous incarnons Takeru, adolescent moyen vivant le plus souvent seul et materné par sa voisine Sumika. Fan de jeux vidéos (principalement Valgermon, un jeu de mécha), il coule des jours paisibles entre les cours et sa relation quelque peu conflictuelle avec Sumika… jusqu’à un matin où il trouvera la charmante Meiya dans son lit, sans aucune explication.

Visiblement très riche et accompagnée d’une batterie de serviteur, Meiya entend bien emménager chez Takeru.  Le triangle amoureux en place, il nous faut alors suivre l’histoire en orientant certains choix pour séduire Meiya ou Sumika à la fin du jeu. Intégralement doublée et quelque peu animée, cette première partie – qui flirte parfois avec le coquin – n’est en fait qu’une introduction au second segment Unlimited, qui se débloque une fois les deux “routes” scénaristiques bouclées. En effet, quelques détails un peu étranges et inexpliqués vont survenir dans l’histoire principale sans que l’on y prête trop attention, car dans Unlimited, tout va changer.

Unlimited

On pourrait dire que Muv-Luv Extra est l’arbre qui cache la forêt, car une fois les histoires de Sumika et Meiya bouclées, on débloque Muv-Luv Unlimited qui chamboule tout. Au début, il semble que nous devions recommencer la même histoire, avec le réveil de Takeru dans sa chambre, l’irruption de Sumika, mais un petit détail a cependant changé : tout aux alentours est détruit et une carcasse de mécha géant gît sur le sol non loin. Takeru se fera rapidement arrêté et emprisonné sans qu’il ne comprenne pourquoi – et nous encore moins.

Propulsé dans un monde parallèle en guerre contre des extraterrestres depuis des décennies, il intégrera rapidement une académie militaire qui regroupe toutes ses connaissances de son “ancien monde”, mais où personne ne le connaît, en vue de piloter son propre robot de combat. Bien plus sombre et tragique que Muv-Luv Extra, on a sincèrement l’impression d’être tombé dans un tout autre VNovel, et on comprends que l’impact tant scénaristique qu’émotionnel n’aurait pas fonctionné sans l’introduction d’Extra, où certaines choses qui semblaient farfelues trouvent un sens (la prof Yuuko par exemple). Qu’en est-il de Sumika et de Meiya ?

On est bien dans la même série, je vous assure.

Et que cache l’étrange petite Kasumi qui s’est attachée à Takeru ? Entre manipulations secrètes, sauvetage du monde et complots dramatiques, Muv-Luv Unlimited change radicalement d’ambiance en devenant pour le coup passionnant à parcourir. Ici aussi, le final est unique mais les choix opérés en cours de partie influent sur la “compagne” de Takeru en fin de partie. A noter aussi que l’histoire change quelque peu également suivant le choix romantique final d’Extra et que vos interlocutrices ne seront pas forcément les mêmes.

Alternative

Le contraste du chara-design avec l’ambiance générale est moins flagrant au fil des heures

Vendu cette fois comme un titre à part, Muv-Luv Alternative est la conclusion de la série. Si vous n’en avez pas eu assez de lire un roman visuel pendant plusieurs dizaines d’heures (on doit dépasser les 50h de lecture pour Extra et Unlimited), vous pouvez faire l’acquisition d’Alternative. Attention cependant : il s’agit ici d’une vraie suite à Unlimited et non une version Alternative comme son sous-titre pourrait le laisser penser (même s’il s’agit d’une histoire de voyage dans le temps… spoiler minimum promis).

N’imaginez donc pas commencer par cet épisode, vous seriez totalement perdu. Renvoyé en arrière suite au projet Alternative V et aux drames d’Unlimited, Takeru peut cette fois compter sur ses années d’entraînement militaire et toutes ses connaissances assimilées pour changer les événements tragiques de l’épisode précédent… à condition de gagner la confiance de tout son entourage qui ne le reconnaît évidemment pas. Véritable nouvel épisode, Alternative propose une refonte visuelle assez impressionnante par rapport aux deux épisodes précédents, alors que sa durée de vie est au moins équivalente à la totalité des deux premiers volets.

On atteint donc une grosse centaine d’heures pour boucler l’intégralité de l’histoire et en tant que dernier volet, on y trouvera réponse à toutes les questions. Moins de choix, pas de victoire sentimentale, on suit ici une histoire linéaire avec un penchant réaliste surprenant sur l’approche de la guerre et surtout encore bien plus sombre que dans Unlimited, avec tout ce que cela compte de séparation déchirante et d’êtres chers perdus.

Conclusion

En toute honnêteté, je ne suis pas encore au bout d’Alternative, mais cela fait un moment que nous avons ce test en attente et il fallait qu’on vous le conseille. Au final, cela m’empêche de vous en dévoiler trop et c’est plutôt une bonne chose. J’avais été subjugué par Steins;Gate, mais on s’envole ici à un autre niveau d’implication. La répétition des situations de départ, la longueur du récit, les personnages et les drames vécus par ces derniers m’accompagnent quasi quotidiennement à petite dose et je déprime à l’avance d’en terminer cette histoire. Gardez votre Vita bien au chaud, oubliez le monde et les gens et à l’approche de la fin d’année, faites vous un petit plaisir avec cette trilogie bien au chaud sous une couverture ou un casque vissé sur les oreilles dans les transports. Muv-Luv vous attend.

Muv-Luv

  • Développeurs ixtl
  • Type Visual Novel
  • Support PSVita
  • Sortie 8 Juin 2018
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A propos de l'auteur Voir les articles

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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