Test : Erica – Mélo à Delphes

Erica, Erica, Saute-moi au cou...

Le FMV a le vent en poupe depuis plusieurs années, et l’annonce d’Erica en exclusivité PS4 dans la gamme Playlink nous avait enthousiasmés. Mais deux années ont séparésl’annonce du jeu de Flavourworks de sa sortie finale lors de cette Gamescom 2019. Et il s’en passe des choses en 2 ans.

Sautez dans le cauchemar d’Erica

Erica Bad où ?

Défier, faire confiance, ignorer… à qui se fier ?

Une exclusivité Sony en FMV, cela laissait présager un certain budget confortable, ce qui est visiblement le cas avec Erica. Cadre léché, doublage français de qualité, photographie magnifique, embranchements scénaristiques et acting convaincant, le studio anglais Flavourworks livre ici un récit interactif d’environ deux heures pour un prix très attractif (10€) disposant d’une bonne rejouabilité puisqu’au moins deux parties seront nécessaires pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette bien étrange histoire.

Erica est une jeune fille plutôt craintive qui a assisté au meurtre de son père pendant son enfance. Toujours victime de cauchemars qui lui font revivre sans cesse la scène, sa vie va de nouveau basculer quand elle reçoit un colis ensanglanté orné d’un symbole rappelant le meurtre de son père.

Mise sous protection policière et rapatriée dans la maison de soin – le Manoir Delphes – créée par ses parents, Erica va être confrontée à de bien étranges événements. Mais à qui pourra-t-elle faire confiance quand tout le monde semble lui mentir ?

Une séquence prenante qui utilise bien l’interactivité du FMV

En somme, Erica est un thriller interactif qui nous place dans la peau de la frêle jeune fille tandis qu’elle subit les événements violents entourant sa famille et le Manoir. Car oui, de manière assez surprenante pour une production “grand public”, Erica peut se montrer assez violent et sanglant à coup de cadavres lacérés, de membres tranchés et de pathologie faisant cracher du sang. Pour autant rien de bien traumatisant, mais vous êtes prévenus. Au niveau de l’histoire, les passionnés pourront sans doute pester un peu de la simplicité du tout (le jeu ne donnerait qu’un film de série B amputé de sa dimension interactive) et certains décors sonnent vraiment faux, comme le bureau du directeur du Manoir par exemple. Néanmoins, et surtout lors de la première partie, le sentiment de confusion est réel. Nous ne savons pas à qui faire confiance, ni même si nos potentiels terribles choix sont justifiés. Erica est prise dans une spirale d’événements qui lui laissent peu de temps pour réfléchir, sa seule option étant de réagir aux événements en suivant les informations récoltées et sa propre intuition.

La compatibilité téléphone est un reste du Playlink, mais vous pouvez jouer à la manette

Enfin, la vôtre pour être précis, car c’est bien entendu vous qui dictez les choix d’Erica et menez la trame narrative. Les choix sont assez nombreux, et s’ils ne modifient pas l’histoire en profondeur, ils permettent d’éclairer des zones d’ombres et d’obtenir des informations exclusives sur ce qui se trame au manoir. Mais il ne s’agit pas là du seul élément interactif, puisque vous allez devoir aussi choisir à certains endroits des directions à prendre, tourner des clés, ouvrir des paquets ou espionner des conversation. Tout cela se fait par le biais du pavé tactile de la Dualshock 4 et le jeu s’en tire vraiment honorablement à ce niveau. Les gestes sont intuitifs et précis, vous permettant d’effectuer les choix rapidement et instinctivement. Mais il est possible aussi d’utiliser un smartphone via une application dédiée et là, l’expérience peut être différente suivant votre mobile. Pour ma part, les deux façons de jouer étaient satisfaisantes, mais juste en changeant de téléphone, j’ai eu plus de mal à effectuer les gestes corrects.

Comme je le disais plus haut, deux années séparent Erica de son annonce à sa sortie. Entre temps, l’actrice principale a été remplacée, la gamme Playlink a disparu (c’est dommage d’ailleurs, il y avait de bons jeux) et de nombreux jeux en FMV léchés sont sortis à l’image de Late Shift, The Infectious Madness of Doctor Dekker, The Shapeshifting Detective, ou même She Sees Red. Des productions aux visuels travaillés, proposant des expériences courtes, intenses et rejouables, donc Erica a perdu un peu de son originalité et se voit confrontée à une rude concurrence. Néanmoins, le titre a le bon goût d’être intégralement en français et profite de la musique d’un certain Austin Wintory, ce qui en dit long sur les moyens investis en terme de recherche de qualité.

Conclusion

Erica est un bon jeu en FMV qui tombe certes après beaucoup d’autres titres de qualités, mais qui profite d’une belle photographie (malgré quelques loupés dans les décors), d’un bon jeu d’acteur, d’un bon doublage et d’une histoire intrigante au bord de l’étrange. Il lui manquerait sans doute ce petit plus qui le rendrait vraiment spécial, d’autant que les fins sont un peu simples et manquent de cachet pour devenir mémorables. Si vous être intéressés par les FMV, Erica peut devenir une très bonne porte d’entrée sur console.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Erica

  • Développeurs Flavourworks
  • Type FMV
  • Support PS4
  • Sortie 19 Août 2019
Erica à notre sauce
7/10
Erica à notre sauce
Y'a bon
  • Une très belle photographie
  • Le jeu d'acteur et les doublages
  • Une bonne rejouabilité
  • On se sent aussi paumé qu'Erica
  • Passe très bien en Remote sur Vita
Beuuuuwark
  • D'une rare violence pour un titre "grand public"
  • Certain décors sonnent faux
  • Le final manquant d'un petit plus, d'impact
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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