Interview avec Kikuchi-san, producteur de FAIRY TAIL

Le producteur de Fairy Tail était sur notre barbecue pour répondre à nos questions

Durant la Paris Games Week 2019, nous avons eu l’opportunité d’interviewer Kikuchi-san, producteur de FAIRY TAIL, jeu qui sortira prochainement sur Nintendo Switch, PS4 et PC (Steam). Notre rencontre avec le producteur a duré une heure, dont 20 minutes de présentation et 40 minutes de Q&A sur Fairy Tail.

Présentation du jeu

Si vous lisez cet article, vous devriez déjà connaître Fairy Tail, ou du moins en avoir entendu parler. Dans tous les cas, on va vous expliquer le jeu dans les grandes lignes :

Le jeu se base sur la série manga & anime mondialement connue avec des éléments de RPG. La série Fairy Tail est extrêmement vaste et riche, que ce soit en événements comme en personnages. Cela dit, voici quelques éléments où le jeu va se concentrer :

  • Revivre les événements clés de la série.
  • Coopérations entre les différents personnages connus de Fairy Tail.
  • Une guilde qui évolue en même temps que les personnages.
  • Des combats intenses et plein de magie.

On retrouve donc dans le jeu plus de 10 personnages jouables dont Wendy, Lucy, Natsu, Grey et Erza.

Les personnages jouables dans Fairy Tail

Un des aspects les plus importants du jeu est tout ce qui tourne autour de la guilde. Dans Fairy Tail (le jeu), les personnages reviennent après 7 ans d’absence, retrouvant une guilde complètement délabrée. L’un des buts du jeu est donc de remettre en forme cette fameuse guilde.

La guilde complètement délabrée.

Dans la guilde, au fur et à mesure de l’avancement dans le jeu, on débloquera de plus en plus de fonctionnalités. Notamment le panneau des missions qui débloquera des missions de plus en plus variées ou encore le magasin qui proposera plus d’objets et d’équipements. Mais aussi le laboratoire, qui nous permettra de créer des équipements Lacrima.

Magnolia et d’autres villes ont donc été modélisées en 3D et on pourra s’y balader comme on veut.

Les combats sont bien évidemment très importants dans le jeu et la magie sera bien présente. On pourra utiliser les magies les plus impressionnantes comme Unison Raid ou encore la loi des fées.

Interview

Nadiro : Sachant que FAIRY TAIL (le jeu) commence au moment du festival intermagique et étant donné la grandeur de l’histoire du manga, comment est-ce que le jeu se positionne ? Est-ce un jeu unique ou y aura-t-il des épisodes à suivre ?

Kikuchi-san : La première raison pour laquelle on a commencé au milieu de l’histoire et non au tout début est de donner aux fans la meilleure partie de Fairy Tail : C’est un moment où beaucoup de personnages, d’activités et d’événements (dramatiques par exemple) surviennent.
On essaie bien évidemment de mettre le maximum d’histoire possible, notamment avec la partie sur l’île de Tenrô.

Nadiro : Mashima Hiro, créateur original de la série a participé à la création du jeu, quel a été son rôle durant le développement ?

Les villes entièrement modélisées en 3D

Kikuchi-san : Cela s’est fait en deux phases. Tout d’abord, durant la phase de concept où on avait préparé un maximum d’informations à présenter devant Monsieur Mashima. Il nous a donné beaucoup de conseils, notamment sur la partie graphique. La correction de certaines choses, l’arrangement de certains passages visuels qui nous ont permis d’affiner notre création pour qu’elle soit au plus proche de son œuvre.
Ensuite, quand des démos jouables étaient prêtes, on demandait à Monsieur Mashima de venir jouer avec nous. Ses retours en temps réel étaient très positifs et il aimait beaucoup intervenir, surtout pour donner des conseils avisés sur l’univers de Fairy Tail.

Nadiro : Esthétiquement dans le jeu, on remarque des similitudes avec le chara-design des jeux de la série Atelier. Le jeu Fairy Tail va-t-il utiliser des fonctionnalités venant de la série Atelier ?

Kikuchi-san : On peut trouver en effet certaines similitudes dans la façon de construire le jeu : Dans les jeux Atelier, c’est l’atelier qui est la base centrale à laquelle on revient en permanence. On part à l’extérieur chercher des objets et on revient toujours à l’atelier. De la même façon, la guilde de Fairy Tail qui sera la base où les joueurs vont se retrouver à chaque fois. Mais ils vont partir en mission, revenir à la guilde, faire avancer l’histoire, etc… Ce schéma est effectivement une des similitudes dans la façon de penser le jeu.

Il y a également le facteur où l’on fait à la fois avancer l’histoire, mais aussi d’avoir beaucoup de quêtes annexes auxquelles on peut librement accéder durant le jeu. Il y a ce côté « liberté » où l’on peut faire évoluer les personnages à son propre rythme.

Nadiro : Adapter un manga en jeu-vidéo est parfois un projet un peu risqué. Qu’est-ce qui vous a poussé à commencer un projet comme celui-ci ? Je pense surtout aux fans qui peuvent être soit contents, soit déçus.

Kikuchi-san : En effet, il s’agit d’un point très important. L’univers de Fairy Tail, de base, constituait quelque chose de parfait à adapter en jeu-vidéo : C’est un univers de fantaisie, les personnages sont extrêmement variés au caractère tous les plus fous les uns que les autres. Ce sont des éléments clés pour un bon jeu-vidéo. Et compte tenu de l’immensité de l’histoire, la façon dont on délimitait l’histoire et donc les chapitres à choisir, pouvait faire en sorte que le jeu prenne une orientation complètement différente.

On a fait en sorte de créer le jeu pour que tout le monde s’y retrouve, que tous les fans de l’univers puissent retrouver leur Fairy Tail à eux. Certains fans vont plus aimer les personnages, d’autres le côté guilde et d’autres encore les combats. Le joueur a donc beaucoup de liberté, comme la composition d’équipes inédites et inexistantes dans l’histoire originale. On peut par exemple constituer une équipe uniquement de filles, ou de mages surpuissants.

On a donc beaucoup travaillé sur cet aspect là pour faire en sorte que tous les fans soient comblés.

Nadiro : Dans cette optique de fans à plaire, qui sera finalement le public cible du jeu ? Le jeu va-t-il tenter de plaire uniquement au public qui connaît déjà la série ou peut-il servir de porte d’entrée à ceux qui veulent découvrir l’univers de Fairy Tail ?

Kikuchi-san : La première audience cible sera bien évidemment les fans de Fairy Tail, c’est l’audience évidente.

Mais cela ne veut pas dire que l’on ferme la porte à ceux qui ne connaissent pas Fairy Tail, car le jeu se présente comme un nouveau type de RPG Fantasy.

En ce sens, on peut tout à fait aborder le jeu avec des yeux nouveaux sans connaître la série. Par exemple, nous pourrions avoir des fans de la série Atelier qui vont retrouver certains mécanismes et aspects qui leur plairont ! De la même façon que certains fans de RPG pourront retrouver des aspects un peu plus RPG dans le jeu. Les personnes non-fan de Fairy Tail ne seront donc pas complètement perdues.

Nadiro : En prenant en compte les personnages encore non-dévoilés qui seront présents dans le jeu, y aura-t-il des personnages inédits ?

Kikuchi-san : Ce n’est pas prévu. Nous n’avons pas prévu de personnages inédits dans le jeu pour la simple et bonne raison que l’on voulait vraiment pouvoir proposer le maximum de personnages pour les fans de Fairy Tail et avons concentré toute notre énergie dessus.

Nadiro : Selon vous, qu’est-ce qui pourrait expliquer le succès international de Fairy Tail ?

Kikuchi-san : Ce serait moi qui aimerais vous poser la question (rires) ! La façon dont je vois cela est que l’incroyable talent de Monsieur Mashima est justement de donner aux personnes du monde entier une certaine place à l’imagination. Son œuvre laisse parfois des zones de non-dit, ce qui laisse aux fans toute la liberté de combler cela à leur façon. Cela permet donc aux fans de s’approprier l’œuvre et de l’aimer.

Nadiro : En Europe, le design de certains personnages féminins, surtout dans les J-RPG, est critiqué pour son côté fan service. La série Atelier et le jeu Fairy Tail n’ont pas fait exception à cela. Chez PxlBBQ, on trouve que ces critiques sont illégitimes. Voir test du jeu Atelier Lulua par Papayou ici
Que souhaiteriez-vous dire (ou répondre) au sujet de cette polémique qui pousse parfois certains pays à mettre un rating +18 sur ces jeux ?

Kikuchi-san : On est bien conscient du problème. On entend d’ailleurs de plus en plus parler de ce genre de critiques occidentales sur le côté fan service des RPG que l’on a tendance à proposer au Japon.
On fait surtout attention maintenant quand il y a des personnages dans le jeu qui sont enfants. Notamment dans Fairy Tail, où Mashima-sensei a créé un univers assez cohérent à ce sujet mais qui se fait également plaisir au niveau fan service. Il ne s’en prive pas. Notre rôle dans ce cas-là est de tirer un trait assez clair pour limiter le fan service. On retrouve notamment cela dans les scènes où les personnages sont en maillot de bain. Montrer Erza en maillot de bain, ça passe. Mais sur un personnage comme Wendy, on fait vraiment très attention à ne pas aller trop loin dans ce genre de choses car cela peut notamment porter préjudice à l’intégralité de l’œuvre.
Personnellement, je trouve qu’il est important de savoir faire la part des choses et de voir vraiment s’il est pertinent, dans le jeu, d’aller plus loin dans le fan service ou non. Je ne pense pas qu’il faille tout interdire ni aller trop loin dans l’érotisme, il faut mettre la dose nécessaire et savoir mettre les limites là où il le faut. C’est la meilleure façon d’aborder le problème. Tout n’est pas noir ou blanc, il faut bien doser en fonction de la licence, du projet et des personnages.

Nadiro : (Question BONUS) Si je suis une petite fée, et que je peux exaucer trois vœux, que me demanderiez-vous ?

Kikuchi-san : Depuis tout petit, je me suis posé une condition, je me dis que je n’aimerais pas qu’un bon génie arrive et m’offre tout ce que je veux gratuitement. Je pense que ce ne serait pas en adéquation avec ma façon de penser. Je préfère me battre pour obtenir quelque chose. Obtenir ce que je veux avec « dignité » car je veux vraiment fournir des efforts pour gagner quelque chose.
Je n’ai donc pas vraiment de vœux à formuler… Ceci dit, maintenant que je suis adulte et que je vois le temps passer, j’aimerais bien demander plus de temps… Le temps serait le souhait que je choisirais.

 

C’est la fin de cette entrevue avec M. Kikuchi. N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux pour ne rien rater !

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