Test : The Last Door – Il observe

L'intégrale des deux saisons à déguster

On vous tanne parfois avec ces jeux d’horreur d’inspiration lovecraftienne, mais que voulez-vous, quand ils sont réussis et nous plongent dans un malaise tout en nous terrifiant de leurs angoisses cosmiques, on ne résiste pas à l’idée de vous en parler. Mais peut-être connaissez-vous déjà l’objet de notre hantise à peine débarquée sur consoles : The Last Door.

Ambiance

L’oeil

Des aides visuelles sont activables pour éviter de trop tourner en rond

A la base, The Last Door était un petit jeu gratuit jouable sur navigateur (toujours accessible) en plusieurs épisodes, financé par Kickstarter. Cette version console vient heureusement avec l’intégralité des deux saisons (soit 8 épisodes d’une bonne heure chacun) et 4 mini-épisodes annexes élargissant un peu la mythologie. De prime abord, on ne voit dans The Last Door qu’un Point’n Click avec des graphismes sommaires et pixelisés, mais on a déjà appris que cette spécificité n’exclut pas forcément le sentiment de peur dans un jeu vidéo (coucou Corpse Party). Mais à la différence du titre japonais, nous avons ici un véritable Point & Click sans aucun affrontement et aucun Game Over possible.

ll nous faut progresser en résolvant des énigmes et en discutant avec les lugubres personnages que nous rencontrons. Dès l’entrée en matière The Last Door nous happe dans son ambiance grâce à son véritable générique qui n’est pas sans rappeler une certaine série Penny Dreadful pour les sérievores. Nous plongeons dans l’Angleterre de la fin du XIXème alors que Jeremiah Dewitt reçoit la lettre d’un ancien camarade de pensionnat. La séance d’introduction – glaçante – du premier épisode nous ayant montré le destin de ce dernier, c’est avec appréhension que nous débarquons en sa demeure du Sussex pour en apprendre davantage. Mais sur les lieux, il n’y a plus personne, et les corbeaux semblent y avoir élu domicile. Il nous faut alors fouiller la maison de fond en comble et résoudre des énigmes à base de puzzles ou d’objets à combiner pour pouvoir progresser.

On plonge de plus en plus loin dans la folie

L’ambiance générale qui se dégage de ce premier épisode est clairement inspirée des écrits d’Edgar Allan Poe, tout en renvoyant au premier Alone in the Dark. Présence invisible, visions, événements surnaturels et bande-sonore glaçante sont au rendez-vous pour un résultat aussi fascinant que glauque. La réalisation graphique – rehaussée depuis la version navigateur – accentue l’épouvante en faisant travailler notre imagination à merveille tout en jouant avec les musiques et quelques jump scares bien placés. La musique composée par Carlos Viola (Pharaonic), entre piano et violons, est à ce niveau une petite merveille et sait se faire au choix très discrète, mélancolique ou terrifiante.

Apprêtez-vous à croiser des horreurs que vous ne verrez même pas

Au niveau des énigmes, rien n’est jamais trop compliqué à comprendre, même si deux ou trois dans la première saison m’ont paru un peu tirées par les cheveux (pour la plume, pensez à souffler…), et l’on a ici et là quelques bugs de traductions non présentes (le jeu est normalement en français) ou inversées (deux répliques d’un PNJ sont inversées, rendant le passage compliqué à comprendre). Au-delà de ça, chaque épisode nous envoie dans une nouvelle destination, toujours plus lugubre. Les rares présences humaines ne sont pas plus rassurantes que ces fichus corbeaux omniprésents. Passé le premier épisode, on plonge en pleine horreur lovecraftienne ou une présence indicible issue du passé de Jeremiah le rappelle à lui, et nous traversons un ancien pensionnat reconverti en étrange sanatorium, les rues sales et obscures des quartiers de Londres jusqu’à la demeure d’un ancien camarade avant de terminer cette odieuse saison 1… et passer directement à la seconde, avides que nous sommes !

Conclusion

Découpé comme une véritable série TV, avec sa mise en scène, son découpage, résumé et cliffhangers, The Last Door se révèle d’une redoutable efficacité pour nous plonger dans son récit d’épouvante. Un conseil : prenez votre Switch, éteignez les lumières et enfilez un bon casque audio avant de vous mettre sous vos draps dans le noir. The Last Door saura vous emmener au son de ses cordes dans les tréfonds de l’horreur avec subtilité.

Temps de lecture : environ 4 minutes

The Last Door

  • Développeurs Fourattic
  • Type Point’n Click
  • Support PS4, PC, Xbox One, Switch
  • Sortie 22 mai 2019
The Last Door à notre sauce
9/10
The Last Door à notre sauce
Y'a bon
  • Une ambiance de folie (sans jeu de mot)
  • Une très bonne écriture
  • Le rythme des épisodes
  • La bande-son, magnifique
  • Des énigmes en général bien pensées et rarement trop complexes
  • En français
Beuuuuwark
  • Quelques bugs de traductions
  • Quelques énigmes un peu tirées par les cheveux
  • Technique
    9/10
  • Esthétique
    9/10
  • Ergonomie
    9/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    8/10
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Catégories
Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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