Test: Resident Evil 5 – Nintendo Switch

Uroboros, à côté, c'est du petit lait...

Resident Evil. FIIIIVE. Maintenant que vous avez la voix de l’écran titre en tête, on peut se mettre dans le mood et se souvenir de ce que ce jeu avait été lors de ses sorties de 2009 et 2016. Nouvelle console, nouvelle version, comme l’ont déjà subi quelques uns de ses comparses, à savoir les 0, 1, 4, 6 (sorti en même temps que le 5) et Revelations 1 & 2. Mais il faut croire que Capcom n’apprend pas toujours de ses erreurs; ce qui se confirme avec cet épisode sur le fond potable, sur la forme… vous verrez.

FEAR NEVER GROWS OLD

Test Resident Evil 5 Switch

Que la fête commence!

Pour faire un rapide topo, nous sommes aux commandes d’un Chris Redfield tout en muscles et de sa nouvelle partenaire Sheva Alomar. De nouveaux infectés font leur apparition dans le village africain de Kijuju, suite à une vente au marché noir d’armes biologiques fournies par un certain Irving. Eh oui, au pays de Resident Evil, les virus ont l’air d’avoir la vie facile malgré les forces armées du BSAA ou les feu-S.T.A.R.S. En dehors de cette histoire de contamination, Chris est à la recherche de Jill Valentine, sa partenaire de toujours, portée disparue – voire supposée morte – depuis sa chute avec Wesker dans le DLC Lost in Nightmares.

Sur le plan gameplay, Resident Evil s’était un peu éloigné de son tournant horreur pour se pencher davantage sur l’action, depuis l’épisode 4. Il n’est alors pas question de grands frissons, mais de longues fusillades rendues plus compliquées par une Nintendo Switch peu adaptée. Il y avait de l’idée, mais ça a foiré quelque part, évidemment.

La version Switch nous offre, dans ses 20Go, le mode histoire agrémenté de toutes ses expansions (Lost in Nightmares et Desperate Escape); mais aussi des modes tels que le VERSUS, la coop’, le mode en ligne, le « No Mercy » ou le « Mercenaires réunis« , qui sont deux modes plus intensifs dans ce qui devient alors un beat’em’all zombifique. Enfin, on peut collectionner des figurines exclusives et on dispose de quatre nouvelles tenues pour Chris et Sheva. Hormis cela, rien qui fasse de ce portage quelque chose d’exceptionnel; mais pour ce package, le prix de 29.99€ est plutôt raisonnable!

Test Resident Evil 5 SwitchTest Resident Evil 5 Switch
Des tenues plus qu’adéquates pour une énième apocalypse…
 

DES ATOUTS MAL EMPLOYÉS

D’un point de vue maniabilité, Resident Evil 5 est, selon moi, le pire de la famille des portages Switch.

Test Resident Evil 5 SwitchImpossible de sprinter tout en faisant tourner la caméra, car on ne peut pas appuyer sur A et faire bouger le joystick droit en même temps. La visée, même à son niveau le plus rapide, reste très lente si on l’emploie au Joy-Con. Des chipoteries comme le fait de bouger en s’armant de son couteau ou pouvoir se tourner plus qu’à 90 degrés lorsqu’on tire n’ont évidemment pas été corrigées; bref, Capcom nous refile un jeu ultra-robotisé et plutôt compliqué à apprécier, à cause d’une ergonomie réglée avec les pieds. Il est évidemment possible, dans les options, de « changer » la disposition des touches – mais je mets le terme entre guillemets car très peu de paramètres changent réellement.

Test Resident Evil 5 SwitchLa nouveauté apportée avec cette édition Switch est la reconnaissance des mouvements. Aaah, moi qui pensais que j’allais enfin pouvoir faire un headshot correct en pivotant ma console ou les Joy-Con pour une visée plus rapide… évidemment, on tombe sur un nouveau problème: le calibrage. En admettant que vous soyez interrompu dans votre visée par une cinématique et que vous étiez tourné vers la gauche, le centre du calibrage sera la dernière position que vous avez tenue; soit tourné vers la gauche. Si vous vous remettez droit, la visée partira alors à l’extrémité droite du personnage. En bref, votre centre à vous n’est plus celui du personnage. Il faut donc retourner dans les paramètres, désactiver puis réactiver la reconnaissance des mouvements pour que le calibrage enregistre votre nouvelle position. Super. Pratique.

Test Resident Evil 5 SwitchOn retrouve à côté de ça des mouvements habituels comme agiter le Joy-Con gauche pour se défaire de l’emprise d’un monstre, ou le droit pour frapper au couteau. La mécanique est fluide même si le mouvement doit être bien ample. Il n’y a pas de latence entre le mouvement et l’action à l’écran. Mais le problème de calibrage empêche réellement de faire une partie complète avec ce paramètre activé.

L’autre gros point négatif intervient dans le mode coopération. Il est possible de jouer avec un Joy-Con chacun, mais vu la taille du machin… Je vous laisse imaginer la tournure que peut prendre une partie en « Mercenaires réunis », par exemple.

QUELQUES BONS POINTS QUAND MÊME?

Oui. On notera grâce aux captures d’écran qui accompagnent ce test une nette amélioration graphique, si l’on compare avec celles prises dans Revelation 1 & 2. L’image n’est plus aussi granuleuse dans les phases plus sombres; mais la 720p nous rend quand même des cinématiques plus floues qu’en mode docké. Les pertes de framerate sont toujours présentes dans les scènes demandant plus d’effets, mais moins flagrantes.

Test Resident Evil 5 Switch

Moins granuleux, mais toujours aussi flou!

La version portable n’est pas du tout dérangeante – je conseille fortement de gripper les Joy-Con à la console, pour une meilleure visibilité. Mais on préférera vite jouer en docké, en termes qualité,  vision plus large, et surtout pour le plaisir de jouer avec les Joy-Con au grip-manette ou avec une manette pro.

Enfin, fait que je n’aborde pas souvent mais qu’il est bon de préciser: le jeu est plutôt énergivore! En portable, la console risque de se décharger plutôt vite, ce qui ne permet pas des sessions de plus de 2h (ce qui n’est pas mal, mais un jeu moins lourd permettra des parties plus longues). Donc si vous souhaitez speedrun ou « binge-jouer », on reviendra plus facilement au dock pour éviter la panne de batterie!

Conclusion

Ce portage n’est pas du tout un indispensable à ajouter à sa collection. Je pense même qu’il rebuterait un néophyte dans la découverte de ce cinquième volet, tant la prise en main est tirée par les cheveux. On aurait pu un peu l’oublier si les commandes par mouvements n’avaient pas ce souci de calibrage; mais accompagnées des défauts de maniabilité des versions antérieures et de celle d’aujourd’hui, c’est le coup de grâce.

L’aventure Resident Evil sur Switch devrait peut-être s’arrêter là, avant une possible destruction totale du 7 qui – je l’espère – saura garder de sa superbe encore un moment!

Test Resident Evil 5 Switch

Temps de lecture : environ 4 minutes

Resident Evil 5

  • Développeurs Capcom
  • Type Aventures
  • Support Nintendo Switch
  • Sortie 29 octobre 2019
Resident Evil 5 sur Switch, ça donne...
6/10
Resident Evil 5 sur Switch, ça donne...
Y'a bon
  • L'aventure Resident Evil 5, pas la meilleure mais sympa quand même
  • Tous les DLC et les contenus bonus disponibles dès l'achat
Beuuuuwark
  • Une ergonomie pensée avec les pieds, et inévitable
  • Une 720p en portable toujours un peu limite
  • Les commandes par mouvements dans les choux
  • La coop rendue foireuse par la taille des Joy-Con
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Queen Potato

Prof de français excentrique le jour, gameuse la nuit, Queen Potato soumet les jeux vidéo à sa botte pendant des live streams endiablés. Sauf les survival horror. Ceux-là sont encore des espèces qui lui donnent du fil à retordre.
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