Le premier Bayonetta, sorti en 2009, est un classique indélébile. Il s’agit de l’un des grands jeux d’action qui a non seulement fait de PlatinumGames un développeur bien en vue, mais aussi l’une des sorties les plus marquantes de la septième génération de consoles. Nous sommes en 2023, la sorcière de l’Umbra ne s’épanche plus que sur Switch, mais a-t-elle évolué ?


Bayonetta 3


Supports : Switch

Genre : Beat’m Up

Date de sortie : 28 octobre 2022

Editeur : Nintendo

Développeur : Platinum Games

Multijoueurs : Non


J’ai adoré retrouver le personnage de Bayonetta et le WTF grandiloquent de la narration.


  • Bayonetta <3
  • Les invocations, bien utilisées
  • C’est complètement WTF
  • Les combats
  • Le plaisir avant tout !
  • C’est un jeu PS360 techniquement et au niveau de la patte artistique
  • Très foutraque quand même
  • Un hub qui ne sert à rien
  • La notion de multivers mal exploitée
  • Une histoire qui ne veut pas dire grand chose et un rythme mal maîtrisé

Umbraversus

Après l’annonce initiale de Bayonetta 3 en 2017, il a fallu pas mal de patience. 5 années séparent donc Bayonetta 2 sur WiiU (j’ai acheté une WiiU pour ce jeu !), de cette nouvelle exclusivité Switch.

Bayonetta 3, comme ses prédécesseurs, a une histoire abracadabrante épique qui joue la surenchère toute les deux minutes. Cette fois, point vraiment d’Anges ou de Démons, mais une entité nommée Singularity, qui s’est engagé dans un génocide multidimensionnel dans lequel il veut s’emparer du multivers. Pour l’aider dans sa tâche, il est accompagné d’homunculi, une armée de créations monstrueuses. Et paradoxalement, le jeu s’ouvre sur la mort de Bayonetta, littéralement pulvérisée par Singularity, sous les yeux impuissants de sa comparse « Devil-May-Cry-esque » Viola. On parle donc de la Bayonetta que nous connaissions en 2009, et on comprend vite qu’on va voyager dans le Multivers à la rencontre de multiples versions de la sorcière.

« Bayonetta Chignon » laisse donc la place à « Bayonetta Tresses », et il ne s’agit là que d’un changement de look, la sorcière ayant le même caractère quel que soit l’univers. C’est un peu un gâchis à ce niveau, il y avait clairement mieux à faire avec la thématique du Multivers.

En 2023, la sorcière se fout totalement d’être sexualisée, en remet une couche dés que possible et l’assume pleinement. Si t’es pas content, vas voir ailleurs tout simplement. Que cela puisse en faire hurler certains aujourd’hui ne semble pas la gêner le moins du monde, et c’est un soulagement pour ma part. Ce comportement et cette tenue font partie du personnage et il aurait été très décevant de l’édulcorer. C’est une femme qui a clairement confiance en sa féminité et qui assume sa propre sexualité d’une manière féministe et puissante. Un tel personnage écrase toutes les autres présences. Le Multivers aurait pu explorer d’autres visions de Bayonetta, et c’est dommage de ne pas avoir saisi cette opportunité pour cela. Même si au final, le message aurait été qu’il n’y a qu’une seule manière d’être pour Bayonetta.

Quand je dis que le jeu est une succession de surenchère, c’est même peu dire : On a même du mal parfois à suivre la logique de ce qui se déroule, tant ça part dans tous les sens. Les cinématiques du jeu sont bien conçues et sont un plaisir à regarder, avec un soupçon d’humour et de moquerie. L’histoire est assez accessible pour les nouveaux venus dans la franchise, mais elle contient des personnages et des événements qui font référence aux deux autres jeux.

Il y a quelques séquences absolument folles, mais la narration et la construction du monde sont assez foutraque. La moitié du jeu ressemble à une cinématique où l’on voit Bayonetta faire quelque chose de marrant mais qui ne développe rien de plus. J’adore voir Bayonetta faire des trucs badass. Mais je préfère quand ça sert la narration, et pas juste la badassitude du personnage (mais qu’elle continue de faire des trucs cools).

Le système de combat de Bayonetta 3 reste fluide avec beaucoup de combos, mais il a aussi l’air bien plus accessible. Il existe plusieurs armes ayant leur propre identité (pistolets, yo-yos, tronçonneuses…) qui peuvent être améliorées avec de nouveaux mouvements. Bayonetta donne des coups de poing, des coups de pied, flingue à tout va et des voltige dans de nombreuses batailles. Bien que plus automatisé, le jeu est assez varié dans ses situations.

Les séquences de combat, qu’il s’agisse d’enchaîner plusieurs ennemis en même temps ou d’un combat de boss énorme, sont les meilleurs moments du jeu. Comme dans les précédents opus de la série, le combat est fluide et stylé. J’adore humilier les ennemis avec un rictus de satisfaction. Bayonetta 3 possède un système de combat vraiment plaisant qui peut être aussi difficile que vous le souhaitez, avec des tonnes d’armes uniques et de démons à invoquer pour exécuter vos ordres.

Dans cet épisode, Bayonetta peut conclure un pacte avec de gigantesques démons, puis les invoquer et les contrôler elle-même pendant les combats tout en se battant à ses pieds. Il s’agit d’une compétence très puissante qui s’avère très utile pour terminer des combos. Le problème avec ces esclaves démoniaques est qu’il vaut mieux ne pas les utiliser trop longtemps puisque la caméra reste focalisée sur Bayonetta elle-même. Cela rend un peu inconfortable le fait de jouer avec ces démons pendant une longue période.

Non seulement le jeu propose une belle variété en termes d’ennemis et de combat mais aussi dans les environnements. Les chapitres sont constitués de différentes zones que vous pouvez explorer pour découvrir des contenus optionnels, comme des objets cachés ou des défis supplémentaires chronométrés. Chaque niveau cache également trois animaux et si vous les trouvez tous dans un niveau, vous débloquez un niveau bonus optionnel pour obtenir encore plus de récompenses. Il y a aussi des missions où vous êtes soudainement catapulté dans des niveaux de furtivité en 2D dans la peau de la sorcière Jeanne. Je trouve par ailleurs dommage que cette dernière soit si peu présente dans le titre, les deux sorcières de l’Umbra partageaient une belle alchimie dans les deux premiers titres, ce qui n’est aps vraiment le cas avec Viola. Mais bon, on a Luka aussi…

Outre Bayonetta et Jeanne, vous disposez également de quelques niveaux où vous incarnez Viola. Elle dispose d’une panoplie de mouvements inédits, avec des combos uniques basés sur son katana et son démon Cheshire. Ses combos sont un peu plus lents que ceux de Bayonetta, et il est plus difficile d’activer le fameux « Witch Time » qui ralenti le temps. Pour y parvenir avec Viola, vous devez repousser une attaque à la dernière seconde avec son épée. Cependant, alors que Bayonetta est immortelle pendant environ une seconde lors d’une manœuvre de défense, ce n’est pas le cas avec Viola et la manipulation n’a pas le même timing.

D’un point de vue technique, étant donné que Bayonetta 3 est une exclusivité Switch, le jeu n’est ni très joli, ni très fluide. En fait, on est toujours sur un jeu PS360… Bayonetta 3 fonctionne avec une résolution dynamique de 720p quelle que soit la configuration, et le résultat est meilleur qu’espéré (pas parfait hein, mais avec un tel jeu, ça aurait pu être une catastrophe). Oui, les environnements sont parfois un peu flous et les textures ne sont pas toujours très nettes. La résolution et les visuels ont dû faire quelques sacrifices pour atteindre les 60fps, qui ne sont pas stables pour autant.

Le framerate est bien à 60fps pendant les combats – c’est le plus important – mais le jeu semble repasser à 30. J’avoue que ça ne m’a pas dérangé, et j’ai vraiment du faire attention à ce point pour en parler. En réalité, le jeu rame un peu au chargement des environnements, mais il se stabilise rapidement pour nous laisser jouer.

Bayonetta 3

Titiks

L’avis de Titiks sur Switch

En Bref

Je reste persuadé qu’il y avait mieux à faire avec la thématique du Multivers dans Bayonetta 3. Au lieu de ça, on a une Bayonetta qui fait du Bayonetta, une Jeanne absente, un Luka assez insipide et une Viola à côté de ses pompes.
Qu’on ne se trompe pas : je me suis amusé sur Bayonetta 3, et j’ai adoré retrouver le personnage et le WTF grandiloquent de sa narration. Mais quel gâchis de potentiel !

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Xavier Henry

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de me raconter une bonne histoire. Touch-à-tout invétéré (mais surtout de bonnes aventures qui savent me surprendre) et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de ma jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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