Final Fantasy XV | Test

Final Bro-tasy

Final Fantasy XV. Le voilà enfin. Après avoir été fantasmé pendant plusieurs longues années, celui qui se veut l’ambassadeur des nouveaux standards, et du renouveau, du jeu de rôle nippon est dans les linéaires. Sa longue gestation terminée au forceps étant enfin arrivée à son terme, place au test !

Posons ça d’emblée : Final Fantasy XV ne plaira pas à tout le monde. Voilà, comme ça, c’est dit. Pourtant, malgré de réelles carences – parfois frustrantes, j’en retiens quelque chose de positif dans sa globalité. Oui, je l’aime bien ce FFXV. Mais soyez conscients qu’il entretient constamment un rapport frustration/plaisir très étroit qui frustrera certains joueurs. Maintenant que cet avertissement est posé, commençons par le commencement.

Final Fantasy XV Image du jeuAprès une intro, aussi brève qu’intrigante, Final Fantasy XV débute réellement lorsque le prince Noctis, et ses trois potes, s’embarquent, cheveux au vent, dans leur décapotable royale pour aller rejoindre Dame Lunafreya. Le but de cette visite n’est pas purement désintéressé puisque Noct’ doit se marier avec la belle Oracle pour des raisons politiques. Malheureusement, les choses vont très vite déraper, prouvant que ça peut toujours être pire. D’abord, leur voiture tombe en panne. Puis ils apprennent que le royaume de Noctis s’est fait attaquer par l’Empire voisin, avant que, sans aucune délicatesse, on l’informe que son père s’est fait assassiner. C’est sur ce pitch que les tribulations de notre quatuor K-pop démarrent avec pour but ultime : reconquérir le trône. Pour ce faire, il faudra retrouver les Armes Fantômes et faire ami-ami avec six Dieux. Tout un programme. Si l’histoire n’est pas des plus originale, elle a ce qu’il faut pour tenir en haleine et ce malgré une narration quelque fois heurtée par des pans de l’histoire trop vite expédiés, voir carrément absents. Oui, il y a quelques trous (mineurs) dans l’intrigue, ce qui fait toujours un peu tâche. Final Fantasy XV traîne donc une impression d’inachevé, de raccommodage ou de fini à la hâte (à vous de choisir). Surtout si vous avez vu des trailers datant de l’époque Versus XIII. Beaucoup de choses qu’on y voit, notamment sur la relation père-fils, n’existent tout simplement pas dans FF XV.

Noctis Bros

Là où la narration se montre particulièrement brillante par contre, c’est dans l’intime. Quand nos 4 potes tapent la causette le plus naturellement du monde, pendant qu’ils se battent, se font griller une côte de Béhémot au coin du feu ou crapahutent dans la campagne. La manière dont leur relation est mise en scène à chaque instant ainsi que la façon dont elle évolue pour gagner en intensité prennent au tripes. Si bien qu’au fil des heures, il se dégage l’impression d’évoluer à leurs côtés et de ressentir leurs joies et peines. Les voix françaises n’y sont sans doute pas étrangères. C’est avec brio que la VF donne corps à ces êtres de pixels. Franchement, chapeau Square Enix : vous avez réussi à ce que je m’attache à ce quatuor de mecs taciturnes tout de cuir vêtus, ce qui n’était vraiment pas gagné.

Le genre de scène touchante

Le genre de scène touchante

Et puis, il y a aussi de beaux moments où SquEnix brise le quatrième mur et se joue habilement des 10 années de développement de Final Fantasy XV. Là, je touche à un ressenti beaucoup plus personnel, mais le voyage initiatique qu’entreprend Noctis, sa prise de responsabilité et son évolution globale vers l’âge adulte, ont fait échos en moi, me rappelant également le chemin parcouru en 10 années.

Alors oui, c’est parfois convenu, il y a quelques trous/incohérences et le rythme n’est pas toujours au top (bonjour les séquences inutiles comme « Noctis marche moins vite » ou « balade toi 5 minutes dans ce train totalement vide en attendant qu’on arrive à destination ») mais, in fine, l’aventure était belle. Par contre, si vous êtes un adepte du rush, sachez qu’en 20 heures, l’histoire principale sera pliée. Mais vous passeriez à côté de pas mal de contenu annexe pour le moins intéressants. Parce que là où FF XV est également beau, c’est dans la possibilité qu’il offre de varier le rythme du jeu entre action et flânerie. Et ça, on le doit à l’apport du monde ouvert. Un vrai monde ouvert qui est bien plus qu’une simple world map, comme jadis.

Aime moi tendre, aime moi vrai

Techniquement et artistiquement, l’open world est une réussite dans son ensemble. Mention spéciale aux effets de lumières et de météo qui apportent un cachet certain aux panoramas. Et en plus, ça affiche loin et net, bien qu’on pourrait reprocher de gros aplats un peu moches au lointain. On citera tout de même quelques soucis de clipping, une certaine dose d’aliasing, surtout dans les cheveux et des NPC amorphes attendant bêtement que le joueur les accoste. Mais globalement, le titre tient la route et offre de nombreux tableaux enchanteurs sans coupure et avec un rapport d’échelle crédible. Parcourir ces contrées est agréable, que ce soit à dos de chocobos, à pieds ou en voiture. Oui, j’en entends déjà certains qui pestent sur cette voiture qui ne peut pas faire de offroad. Mais franchement, une fois que vous avez votre chocobo, cet écueil est vite oublié puisque votre poulet géant gère le hors piste comme personne.

Tout est plus beau à dos de chocobo. Même sous la pluie

Tout est plus beau à dos de chocobo. Même sous la pluie

Là où c’est moins cool, c’est dans la diversité du décor. Ok, on a la plage, la forêt, des marais et le désert mais dans ces biotopes, hormis des fermes abandonnées et autres diners, il n’y a pas grand chose à voir. Ne vous attendez pas à trouver moult villes et villages, ceux-ci se comptent sur les doigts d’une main amputée. Je fais partie de ces gens qui aiment bien avoir dans un JRPG un village de la neige, du désert ainsi qu’une ville futuriste ou végétale. Et bien ici, vous n’aurez rien de tout ça. C’est d’autant plus dommage que la seconde partie du jeu se déroule ailleurs que dans cet open world. Le jeu aurait pu y offrir quelques endroits plus exotiques et fantasy sans que la cohérence du monde ouvert ne soit heurtée. Et bien que nenni, vous n’aurez pas grand chose d’autre que des bases ennemies à infiltrer dans cette dernière ligne droite.

Bonjour, je suis la seule grande ville du monde ouvert

Bonjour, je suis la seule grande ville du monde ouvert

Parlons en d’ailleurs de cette dernière ligne droite du jeu. Si vous avez suivi le développement de Final Fantasy XV, vous avez été mis en garde par Hajime Tabata qui avait annoncé la couleur en affirmant que le jeu serait scindé en deux parties distinctes. Une première faite d’un open world et une seconde plus dirigiste. Pour être dirigiste, elle l’est. On avance tout droit dans un corridor narratif et jamais, nous est laissée la liberté d’aller à droite ou à gauche. Juste des couloirs interminables pavés de briques jaunes. Heureusement, c’est dans ce moment que le jeu se rattrape en accélérant le rythme de son histoire qui gagne en intensité. Par contre, ludiquement parlant, cette fin de jeu se contente du minimum syndical avec des donjons et quelques séquences d’infiltration gentillette. Une dernière ligne droite en demi-teinte : elle peut se montrer tantôt brillante, tantôt décevante, mal rythmée et répétitive. Laissant même sporadiquement un arrière goût amer, quand, comme dit plus haut, certains pans scénaristiques sont carrément expédiés, voire occultés.

Final Fantasy XV Image du jeuPar une pirouette scénaristique un peu facile, vous pourrez néanmoins retourner dans l’open world à tout moment. Histoire d’aller compléter vos quêtes secondaires. Ces quêtes secondaires fonctionnent à plein pot sur la mécanique antédiluvienne de la quête FedEx (alors qu’on a un smartphone pour avertir de la fin de notre mission…) et n’étoffent que trop rarement l’intrigue principale. Pourtant, certaines seront mémorables et vous emmèneront dans de superbes endroits que vous n’auriez jamais visités dans le scénario principale. La preuve en est avec les meilleurs donjons qui ne sont disponibles que via des quêtes annexes. Même après avoir bouclé l’histoire principale, il y aura pas mal de contenu end game pour ceux qui souhaitent continuer l’aventure et côtoyer encore un peu Noctis et ses bros.

Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre

Chaque Final Fantasy se traduit par une remise à plat du système en prônant le changement dans la continuité. On se retrouve donc avec un nouveau moteur de combat à mille lieux du tour par tour de papas (bien qu’un mode stratégique permette de figer le temps pour coordonner quelques attaques). A la place, le joueur a droit à de l’action-RPG dynamique. Grâce à sa capacité Eclipse, Noctis peut se téléporter sur l’ennemi pour commencer les hostilités (ou fuir pour faire le plein d’HP/MP – ça fonctionne aussi dans ce sens là). Il faut ensuite gérer le combo attaque et défense totalement automatisés qui ne nécessitent d’appuyer que sur une seule touche par action. Oui, à peu de chose près, les combats ne requièrent que deux touches. La première pour lancer une attaque, la seconde pour esquiver automatiquement (en l’échange de quelques points de magie).

Bastooooooon

Bastooooooon

Quelques subtilités se greffent par dessus comme le fait de switcher à la volée d’armes ou d’insuffler des effets dans ses attaques en inclinant le stick dans une direction ou une autre. Rien de compliqué en soit et en quelques secondes, les séquences de bastons sont immédiatement confortables. Et puis, il y a les magies. Si elles ne sont qu’au nombre de 3 (4 avec l’anneau), elles ont toutes des effets dévastateurs. Aussi bien sur les ennemis que sur vos bros. Parce que oui, le friendly fire est activé. Comme il est impossible de diriger ses compagnons pendant une baston, et comme la zone d’effet d’un sort est immense, ils se mangent immanquablement des dégâts. La magie, on ne la sortira donc pas souvent. De même que les invocations. C’est dommage car elles sont au sommet de leur forme, impressionnantes et outrancières. Mais voilà, à cause d’un système d’invocation très scripté et requérant la réunion de conditions spécifiques, elles ne pointeront pas souvent le bout de leurs pixels. Mais quand elles déboulent, c’est une claque assurée sur le museau.

Ramuh, quelle classe

Ramuh, quelle classe

Si dans l’ensemble le système de combat est donc très efficace, il convient de nuancer un tantinet. La faute à la caméra. Pourtant, dans l’immense majorité des cas, elle fait son taf correctement. Elle arrive à suivre automatiquement les mouvements de Noctis et des ennemis ciblés. Mais dès qu’on est trop proche d’un mur, d’un buisson ou que plus de 5 mobs nous agresse, elle part en cacahuètes. Pour ces casus, un petit temps d’adaptation est nécessaire afin de domestiquer cette caméra capricieuse. Mais dans l’ensemble, les joutes dont on est le spectateur sont rapides et rythmées. Mention spéciale « classe visuelle » à certains boss fights (parfois un peu longuets) qui ont des aires de scènes sorties tout droit de DBZ avec leurs ballets aériens où les tatannes se distribuent à vitesse grand V.

Je ne pourrai décemment pas finir ce test de Final Fantasy XV sans parler de ses musiques. Indéniablement, elles feront parties de celles dont on se souvient, une fois que tout est terminé, celles que l’on fredonne en frissonnant au souvenir des exploits de Noctis et ses bros. Yoko Shimomura a encore accouché d’une excellente partition.

En prenant bien mon temps, voilà mon temps pour finir le jeu

En prenant bien mon temps, voilà mon temps pour finir le jeu

Conclusion

Comme dit à l’entame de ce test, Final Fantasy XV ne plaira pas à tout le monde. Avec son univers, son ambiance et son système de combat, il est clair que le joueur choisira FF XV autant que l’inverse. Pourtant il offre un beau roadtrip, et ce malgré une voie jalonnée de frustrations. Reste au final une puissante bromance et une vraie aventure. Une de celle qui restera dans votre coeur de gamer pour longtemps tant le nombre d’émotions qu’elle diffuse est grand. Une oeuvre fascinante. Réjouissante mais dérangeante à la fois.

Final Fantasy XV Image du jeu

Final Fantasy XV

  • Développeurs : Square Enix
  • Type : bromance en open world
  • Supports : PS4 / Xbox One
  • Sortie : 29 novembre 2016
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • La bromance
  • Le système de combat
  • L’univers
  • La VF
  • L’OST
  • Un vrai voyage avec des amis
  • Les invocations

Beuargh!

  • Les trous dans le scénario
  • La seconde partie en dent de scie
  • L’histoire principale est courte (+/- 20h)
  • Les quêtes secondaires FedEx pour la plupart
  • Où sont les villes et villages ?
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Mr Scintillant

Ami des équidés, étant à la bourre sur son test de Mass Effect Andromeda et se perdant sur Zelda : BOTW
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