The Franz Kafka Videogame | Test

"La solitude n'apporte que châtiments"

Bon, on ne va pas se le cacher : on a dû tous subir un jour ou l’autre la lecture forcée d’une œuvre de Franz Kafka dans nos jeunes années et on n’a pas vraiment adoré ça. Mais, avec le temps, on se rend compte qu’au final, ce n’était pas si mal que ça car des romans comme Le Procès avaient le mérite de remettre en perspective notre vision du monde. Et c’est bien de ça dont il sera question avec The Franz Kafka Videogame puisque le jeu vous proposera une aventure parsemée de casse-têtes en tout genre en épousant le postulat de l’absurdité dont est empreint l’ensemble des œuvres de ce gaillard. Qu’en est-il du résultat ?

Zyva, kess tu fou là, Carole Léouiss !

Ouuuuhaaa, Kafka c’est beau !

D’emblée, ce qui sautera à l’œil du joueur, c’est la jolie direction artistique dont le jeu est affublé. En effet, très loin d’être vilaine, l’esthétique du jeu ravira les mirettes de ses joueurs tant cette dernière est bien léchée (en tout cas pour une production indé) avec son style « cartoon » très coloré et les animations simples de ses personnages. On notera tout de même des ralentissements inexpliqués du côté des animations qui passent parfois de 60 fps à quelques fps mais là, on coupe les cheveux en 4.

La réalisation artistique se poursuit avec une bande son très attachante et qui convient parfaitement à cette ambiance du début du 20ème siècle, avec ce petit côté « austro-hongrois » qui vous emmènera siroter votre tasse de café sur une place de Vienne. Il en va de même des autres ambiances sonores qui parsèment le jeu et qui s’accorderont à la situation, sans toutefois marquer autant le joueur.

Rien que pour le chat, je mets +1

En bref, The Franz Kafka Videogame est un jeu qui vous impressionnera directement par sa direction artistique et saura vous plonger sans souci dans une bonne ambiance. Mais malheureusement, les qualités du jeu vont s’arrêter là.

L’absurdité dans sa quintessence

Au niveau du gameplay, le jeu se veut être une suite de casse-têtes dont il vous appartiendra de trouver la solution afin de continuer l’aventure. Cela peut aller de la simple devinette qui vous demandera un peu d’observation jusqu’à l’énigme ultra capilotractée. Le maître-mot qui liera tous ces casse-têtes : l’absurdité. Et c’est d’ailleurs ça le problème : vous est-il déjà arrivé d’essayer de résoudre un problème qui n’a que très peu de logique, à tel point qu’il en est absurde ? Je peux vous assurer que c’est une véritable torture (et encore, je pèse mes mots). Certes, on jongle parfois avec des devinettes un peu plus faciles, mais on passe le plus clair de son temps, en désespoir de cause, à cliquer partout sur l’écran pour essayer de trouver la solution par hasard. Et encore, parfois, ça ne marche pas : heureusement d’ailleurs qu’il y a un timer qui vous donne des conseils pratiques si vous ne vous en sortez pas. Et quand la solution s’offre à vous, il ne sera pas rare que vous réagissiez en vous demandant « mais comment j’étais censé deviner ça ? ». La logique n’est vraiment pas présente dans The Franz Kafka Videogame.

Cette énigme, même en ayant les conseils, est franchement pas simple.

Il en va de même pour l’histoire : complètement farfelue (de Kafka qui hypnotise une patiente et qui se retrouve, vieux, en haillon dans un désert avec pour seule compagnie des télévisions, en passant par un détective privé incarné par une sauterelle géante qui enquête sur un meurtre inexistant), le scénario vous emmêle les pinceaux et ne vous propose, au final, qu’un produit creux et sans réelle substance, vous laissant sur votre faim. Peut-être que le message était tellement profond que je ne l’ai pas saisi, mais dans ce cas, il s’agit d’un autre problème : celui de rendre accessible un message caché à un large public. On pourrait même argumenter dans ce sens que les œuvres de Franz Kafka ne se limitent pas au thème de l’absurdité : son pessimisme à l’égard du genre humain était aussi un thème récurrent. Du coup, retrouver cet auteur dans un univers aussi coloré et guilleret trahit quelque peu, selon moi, sa vision du monde.

Ma pauvre Félicie, dans quoi tu t’es embarquée…

Bref ! A trop vouloir faire de l’absurde, le jeu fini par devenir lui-même absurde et décevoir son public (pour un jeu qui, au final, se termine en 2h sans trop se presser).

Conclusion

Il semble que les développeurs de The Franz Kafka Videogame aient voulu trop mettre l’accent sur « l’absurdité », un des thèmes fétiches de l’auteur, pour au final ne proposer qu’un jeu, certes agréable en termes de direction artistique, mais qui devient en lui-même absurde et très vite lassant. C’est vraiment dommage de constater qu’un jeu qui semblait si prometteur et qui partait d’une bonne intention n’ait pas réussi à se concrétiser et ne réussisse qu’à frustrer son joueur sur le long terme.

Temps de lecture : environ 5 minutes

Styx : Shards of Darkness

  • Développeur Denis Galanin (mif2000)
  • Type Puzzle/énigme
  • Support PC
  • Sortie 6 avril 2017
The Franz Kafka Videogame à notre sauce
5/10
The Franz Kafka Videogame à notre sauce
Y'a bon
  • Une direction artistique très soignée
  • Une bande sonore attachante
Beuuuuwark
  • Des énigmes en montagne russe
  • Logique de certaines énigmes beaucoup trop absurde
  • Un scénario tout aussi absurde
  • Technique
    3/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    3/10
  • Audio
    8/10
  • Contenu
    2/10
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Comme vous pouvez vous en douter, j'aime bien les quêtes. Le RPG, c'est la vie (Baldur's Gate, Pillars of Eternity, Neverwinter Nights, et patati). Je suis également preneur de jeux de gestion (Europa Universalis, Stellaris, Tropico, Civilization, etc) et de FPS avec un bon scénar' (Metro 2033, Bioshock, etc.). Je geek actuellement sur Civilization 6, Europa Universalis 4 et Fallout 4.
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