Test : Vane – Seul

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps

Un jeu d’aventure / exploration mystérieux et quasi muet ? Il n’en fallait pas moins pour que je m’intéresse au cas de Vane, développé pour la PS4 par les membres du studio Friend & Foe. Ces derniers ayant officiés sur des titres comme Killzone, Battlefield 3 ou Bionic Commando, on était évidemment curieux du résultat.

Le premier chapitre nous confronte à la logique du jeu : vous êtes seul, à vous de trouver quoi faire

La Tour

Malgré ses défauts, on prend souvent une belle claque sur les panoramas

Vane se présente donc comme un jeu d’exploration dans un monde intemporel et désertique, mais aussi immense. Si il est découpé en chapitres, les différentes parties de Vane sont gigantesques et permettent au joueur d’explorer librement. Si quelques éléments mystérieux sont éparpillés dans ces différentes zones, force est de constater que l’exploration manque un peu de sel, la faute à des environnements vraiment très grands – donc très longs à parcourir, surtout quand ils sont déserts – et une physique du personnage très lourde, du moins dans le ressenti.

Comment en effet sentir que votre avatar se déplace alors qu’il court sur un sol immaculé dans d’énormes plaines ou salles ? On a constamment l’impression qu’il court avec du savon sous les pieds, sensation malheureusement identique lorsque – après une chute un peu trop haute – le petit garçon reprend sa forme de corbeau. Attention, le monde visité est réellement fascinant et on oscille entre un Journey ou autre Rime, tout en gagnant un sentiment onirique certain. Qui en effet n’a jamais eu la sensation de faire du sur-place en essayant de courir dans un rêve ? Effet renforcé ici par un effet de vignettage lors des déplacement et certains mouvement de caméra qui se rapproche ou s’éloigne de votre avatar.

Malgré ses défauts, Vane fascine.

Ce qui est certain c’est que Vane divisera ceux qui y mettront les pieds. Soit vous accrocherez à son mystère et tenterez de percer la vérité du monde proposé, soit vous y serez complètement hermétique et pesterez contre l’absence totale d’indication – élément désiré par les développeurs – et les quelques bugs frustrants comme passer à travers quelques objets, coincer un élément important dans les décors voire vous transformer en corbeau sans possibilité de revenir à votre forme humaine.

Quelques énigmes émaillent la progression

Car il faut également savoir que la sauvegarde de Vane se fait automatiquement au début de chaque chapitre, soit 4 ou 5 fois en tout et pour tout, vous obligeant à recommencer depuis le début en cas de bug ou de mauvaise action. Cela peut paraître très handicapant, mais une fois que l’on a compris à quel endroit se rendre et quelles actions réaliser, chaque niveau du jeu se boucle en 20 ou 30 minutes.

Le forme de corbeau révèle l’immensité des décors

L’accent est réellement mis sur le mystère et le fait de comprendre comment les choses fonctionnent pour progresser. Vous tournerez peut-être une bonne demie-heure entière avant de trouver comment débuter le niveau, et il faudra être assez ouvert d’esprit, puisque le monde dans lequel vous allez évoluer est changeant. En effet, sous l’effet de certains objets, eux-mêmes activés par la voix de l’enfant, des genres de pulsations temporelles viendront recomposer les environnements autour.

S’il fallait noter un autre désagrément gênant, je parlerai de la gestion de la lumière dans le jeu. Si certains plans ou zones sont magnifiques et impressionnants à voir, il arrive fréquemment qu’il faille progresser dans le noir complet (surtout dans la partie centrale de l’aventure). On avance à l’aveuglette pendant quelques secondes avant de voir éventuellement un brin de lumière vers lequel se diriger. Ce serait moins gênant si le titre ne comportait pas quelques phases de plateformes et des puzzles à résoudre impliquant de rejoindre des leviers en hauteur sans qu’on n’arrive à visualiser une route.

Conclusion

Malgré ses défauts, Vane fascine. Son prologue apocalyptique trouvant écho plus tard dans le jeu, sa bande-son au synthétiseur, quelques passage à l’ambiance sonore magnifique, certains décors que l’on découvre par hasard et l’impression tenace d’évoluer dans un rêve (ou un cauchemar) confère au titre une certain aura, qui n’atteint certes pas les oeuvres de Jenova Chen ou d’Ueda – les inspirations sont évidentes – mais qui cherche la bonne alchimie pour y parvenir. Alors certes j’ai pesté contre les tares de Vane, mais je suis resté scotché à son monde jusqu’au bout.

Temps de lecture : environ 3 minutes

Vane

  • Développeurs Friend & Foe
  • Type Aventure / Exploration
  • Support PS4
  • Sortie 15 Janvier 2018
Vane à notre sauce
6/10
Vane à notre sauce
Y'a bon
  • Un monde fascinant et gigantesque
  • La bande-son très réussie, niveau musiques et bruitages
  • Voler sur d'énorme étendues désertiques dans la peau d'un corbeau magnifique
  • La Direction Artistique fonctionne très bien
  • Le voyage et son final restent en tête
  • La sensation d'être réellement perdu
Beuuuuwark
  • Des petits bugs rendus frustrant à cause du système de sauvegarde
  • A trop être perdu, on peu se décourager
  • Une sensation de lourdeur et de lenteur accentuée par les décors
  • Une technique vacillante
  • De vastes décors parfois très sous-exploités
  • Technique
    5/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    5/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    6/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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