Quand Va11-Hall-A est sorti sur Vita l’année dernière, on n’a pas pris le temps de vous en parler. Manque de chance pour cette sortie sur Switch, les sorties s’enchaînent depuis plusieurs semaines, nous laissant peu le temps de souffler. Mais cette fois-ci, hors de question d’ignorer les aventures d’une barmaid blasée nommée Jill au sein du Va11-Hall-A. 

Jill n’ pas spécialement sa langue dans sa poche

Va11-Hall-A

Vous  aurez sans peine remarqué la subtile référence du nom du bar à la mythologie scandinave, et ce n’est pas un hasard. Le Va11-Hall-A se veut être un havre de paix au milieu d’une ville cyberpunk aux vices débridés.

La patronne de Jill est toujours assez impayable

Mais ne vous attendez pas à visiter cette ville, tout au plus, vous n’en aurez que quelques échos visibles sur la télé au fond du bar, et durant les conversations avec les clients, ou les collègues de Jill. Certains ont comparé l’ambiance de Va11-Hall-A à Cowboy Bebop, j’ai davantage tendance à y reconnaître du Cobra, avec ses discussions dans les bars enfumés, où se retrouvent sur un même pied d’égalité toutes les tranches de la population. Car vous allez en voir défiler du monde derrière le bar. A commencer par votre collègue masculin que vous prendrez un peu de plaisir à taquiner à l’aide de votre patronne au passé mystérieux.

Mais vous verrez aussi passer des représentants de l’ordre, des vedettes de la chanson, des vauriens, des patrons de journaux à scandales et j’en passe. Une soirée au bar équivaut à deux sessions de jeu séparée par une courte pause vous permettant de sauvegarder. Une fois la soirée terminée, Jill rentre chez elle pour s’affaler devant son téléphone pendant que son chat joue près d’elle. L’occasion de faire un peu de shopping pour s’acheter le dernier poster d’un Idol ou une plante pour décorer. Mais aussi de parcourir les différents sites Internet pour prendre des nouvelles d’un monde en crise que nous ne verrons qu’au travers de la presse, de blogs et des conversations avec les clients.

Toujours un bon conseil

Vous avez besoin d’un verre

Dirigiste et sans véritables choix, Va11-Hall-A a tout de même des phases de gameplay qui influeront sur les discussions avec les clients. Armé d’un livre de recettes de Cocktail, il faudra confectionner la boisson recherchée par le client, qu’il sache exactement ce qu’il veule ou qu’il n’en aie qu’une vague impression. Mélanger les ingrédients dans les bonnes proportions, au shaker, « on the rocks » ou double, Jill doit contenter ses clients si elle veut les mettre en confiance et les faire parler. On tentera bien de vous soutirer des informations, mais Jill est un coffre-fort dans lequel les clients viennent déposer leur passion, mais aussi leur cynisme.

Ne pas oublier qu’à la fin du mois, y’a le loyer à payer

Violente critique de la société – comme tout bon récit de science-fiction – Va11-Hall-A déroule ses thématiques au fil des conversations, comme la course au sensationnalisme morbide des médias issus de la passion des lecteurs pour ce type de contenu, ou les pratiques sexuelles parfois douteuses à l’encontre d’androïdes. Étrangement, on ressent un certain malaise à la lecture des dialogues des clients, à qui Jill affiche une mine impénétrable, comme si plus rien ne pouvait la toucher. Il lui faudra néanmoins contenter au mieux ses visiteurs puisqu’en fin de mois, il faudra bien payer le loyer, et les petits extra qui aident à tenir quotidiennement.

Il est assez difficile d’en parler davantage, car Va11-Hall-A se vit / lit par petites sessions qui se doivent d’être régulières, comme l’emploi du temps de la barmaid. On l’apprécie dans le silence de la chambre ou dans les salles d’attente, un casque vissé sur la tête pour profiter de son ambiance, afin de se coller au mieux à la personnalité de Jill. Tout son intérêt réside moins dans la préparation des cocktails – quoique ceux-ci sont primordiaux pour faire parler les clients – que dans les conversations à suivre, soir après soir, avec ceux qui deviennent des habitués.

Le monde vu à travers les yeux blasés de Jill

Mémorisez qui boit quoi, quelles sont leurs préférences, ou surprenez-les avec une boisson revigorante quand il en ont besoin et ils s’ouvriront à vous comme un livre. Cette répétitivité devient rapidement fascinante et on se demande quel nouveau client ou habitué va nous rendre visite la fois suivante. D’autant qu’au plus le titre avance, au plus les histoires s’entremêlent, histoires qui peuvent aussi trouver échos dans la presse ou les blogs quelques jours plus tard.

Conclusion

Avec en sous-titre « Cyberpunk Bartender Action », Va11-Hall-A est bien évidemment à classer dans le style du Visual Novel, avec une pointe de gameplay concernant les cocktails. Au fil des jours qui passent et des conversations, on se réjouit toujours d’avoir trouvé la bonne boisson pour améliorer ses relations avec les clients, et chaque nouvelle journée est propice à de nouvelles embrouilles. Finalement, le monde vu depuis l’autre côté du comptoir peut s’avérer aussi passionnant qu’au-dehors !

Va11-Hall-A – Cyberpunk Bartender Action

  • Développeurs Sukeban Games
  • Type Visual Novel en état d’ébriété
  • Support PS4, PC, PSVita, Switch
  • Sortie 02 mai 2019
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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