Voici venu l’époque de l’année où on aime se faire peur. Entre toutes les productions horrifiques qui pointent le bout de leur nez, The Dark Pictures Anthology – House of Ashes est sans doute la plus luxueuse. Le studio Supermassive Games nous offre donc notre troisième dose de frisson en transposant cette fois son histoire pendant la guerre d’Irak.


The Dark Pictures Anthology – House of Ashes


Supports : PC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series

Genre : Aventure

Date de sortie : 22 otobre 2021

Editeur : Bandai Namco

Développeur : Supermassive Games

Multijoueurs : Oui


Si vous aimez les films interactifs, House of Ashes ne pourra pas vous décevoir.


  • Visuellement très beau
  • Le traitement des personnages
  • Les options « non-choix » pendant les QTE
  • Une bonne durée de vie
  • Les références et représentations antiques de l’enfer et de sa mythologie
  • Le Conservateur, toujours aussi charismatique

  • Un déroulement somme toute classique
  • L’impression d’être plus passif encore
  • Quelque bugs de doublage, en anglais par moment


La maison des cendres

Et là, on était un peu mal à l’aise. La guerre d’Irak est déjà un sujet complexe à aborder, et on avait un peu peur de la vision purement américaine du conflit à travers les Marines bourrus venus en découdre après le 11 septembre. Mais je dois dire que le jeu s’en sort assez bien, montrant des brutes dans les deux camps, des erreurs de jugement un peu partout et au final, des gens qui vont devoir dépasser les aprioris s’ils veulent s’en sortir. Un post-11/09 avec du recul bienvenu en somme.

Visuellement,le travail de Supermassive Games est magnifique

La séquence d’introduction donne d’ailleurs assez vite le ton : un bourreau et son prisonnier sont forcés de s’entendre (ou non, c’est vous qui voyez) pour échapper aux créatures sanguinaires qui les poursuivent. Au final, si cet aspect de coopération entre les ennemis n’est pas assez exploitée à mon goût autrement que dans les dialogues, et qu’on suivra majoritairement un groupe soudé de Marines et seulement deux soldats irakiens (dont un anecdotiques), House of Ashes évite la majorité des clichés et s’en tire plus honorablement qu’attendu.

L’armée américaine déboule pour secouer de simples bergers qui cachent des armes ou…?

Revenons-en à notre histoire. Pour ne pas trop en révéler, je me contenterai de dire qu’une escouade de Marines vient au milieu du désert car un prototype expérimental américain aurait découvert une cache d’armes chimiques. On se rend d’ailleurs vite compte qu’une certaine éthique est proposée au joueur, notamment sur l’utilisation ou non du phosphore blanc (Spec Ops: The Line, tu m’auras traumatisé) et sur le comportement général des individus.

L’ombre et la lumière sont toujours très travaillés

Laisser vivre ou tuer, abandonner ou aider, survivre à tout prix ou n’abandonner personne… La devise “Semper Fi” (toujours fidèle) guide le joueur tout en lui offrant le choix de survivre seul. Car bien évidemment, le choix de n’abandonner personne n’est pas toujours le bon et que toute personne réagira différemment dans des situations de mort… surtout quand des inimitiés au sein d’un groupe font irruption.

Un non-choix est-il un choix pertinent ? Un échec vaut-il mieux qu’une réussite dans House of Ashes ?

A ce niveau, il me semble avoir vu ici une nouveauté sympathique lors des QTE. D’habitude, la réussite d’un QTE résulte en la réussite de l’événement, mais dans House of Ashes, on apprendra bien vite que l’option de ne pas réaliser le QTE peut être aussi considérée. C’est là que j’ai pris le plus de plaisir : lorsque le jeu ne me laissait que quelques secondes de réflexion pour viser un point précis ou appuyer frénétiquement sur un bouton. Mais parfois, peut-être que le meilleur choix est de ne rien faire, d’agir à contre-courant de l’instinct vidéoludique et de réfléchir davantage de manière intradiégétique. Et ce n’est pas si facile.

Le Conservateur fait une apparition fugace dans House of Ashes, sauvez-vous le trouver ?

Ici encore, ce n’est sans doute pas exploité aussi souvent que cela devrait, et je me suis même senti parfois dépouillé de certains choix, le jeu prenant la main sur plusieurs décisions que j’aurais voulu prendre (qui sauver, qui soigner, suivre un bruit, regarder un élément de plus près etc…). De mémoire, Until Dawn ne cessait jamais de nous faire prendre des décisions, même peu importantes.

Le travail sur les expressions faciales est toujours impressionnant, et la motion capture meilleure que dans les jeux précédents

Car de façon générale, et c’est le plus gros reproche que j’aurais à formuler à House of Ashes : il nous donne l’impression de nous laisser plus passif que dans les jeux précédents. Il déroule son histoire – prenante, mais on y reviendra – en nous laissant certains choix sur le déroulé des événements. Nous avons bien la responsabilité de garder plusieurs personnes (bien définies) en vie jusqu’au bout, mais il s’agit plus que jamais d’un film interactif, encore plus que dans Little Hope. Encore une fois, je me souviens avoir été un acteur plus impliqué dans Until Dawn par exemple, que des choix et des possibilités de mourir se présentaient à chaque moment.

Dans House of Ashes, on sent bien que l’histoire ne pourra pas progresser sans certains personnages, et que d’autres sont des morts en sursis. C’est dommage, puisque comme dans les épisodes précédents, le jeu nous emmène dans une direction inattendue dans son dernier tiers. Il était d’ailleurs certain que House of Ashes propose plus que des monstres dans un temple sumérien antique, tant Supermassive a tendance à répéter ces twists scénaristiques au fil de ses jeux (je ne spoilerai pas, mais ceux qui ont terminés Until Dawn, Man of Medan et Little Hope sauront de quoi je parle). L’explication existe, et flirte avec des références cinématographiques que je ne peux pas citer sans trop en dire. On poursuit alors l’aventure pour savoir de quoi il est question principalement, et mettre la main sur le mini aperçu du prochain épisode, traditionnellement caché parmi les visions morbides du jeu.

L’intrigue est classique mais plusieurs sous-histoires maintiennent notre intérêt

L’histoire débute comme un film de guerre, mais évolue très vite vers un croisement entre un Tomb Raider (pour la découverte d’un temple antique aux décors grandioses, quoi que peu nombreux) et le film The Descent (pour l’affrontement contre des créatures sanguinaires et mystérieuses dans le noir) pour se terminer dans un troisième genre cinématographique que je ne nommerai pas, mais qui est amené peu à peu au fil des découvertes. Ces trois parties sont presque découpées de cette manière, via les quelques interventions du Conservateur, véritable maître de cérémonie des histoires macabres de la série.

En terme de gameplay, rien ne vient bousculer la formule de Supermassive Games

Je ne peux pas dire que j’ai été très surpris de la troisième partie, mais cela est peut-être dû au fait que je suis un grand consommateur de ce type de production au cinéma, et pour moi, cela suivait un cheminement logique. Gardez juste en tête que le titre parvient à nous donner quelques plans très visuels, grâce à ses ambiances. Certains lieux – notamment la fosse – font échos à des représentations antiques des enfers, le tout étant relevé par des notes trouvées ici et là d’anciens explorateurs et la présence de figures de Pazuzu, bien connus des fans de films d’horreur et de Linda Blair. L’ambiance est clairement un point fort de House of Ashes.

Les différentes strates du temple ont toutes une ambiance qui leur est propre, et toutes sont réussies

Les personnages sont également intéressants, notamment le duo Nick / Jason, qui ont quelques lignes de dialogue intéressantes sur la « vision de l’ennemi » et leur propre motivation à faire cette guerre. On est un peu moins emballé par le couple en rupture incarné par Abby et Eric, dont on pourra d’ailleurs décider l’issue dans une certaine mesure.

Jouez sur la relation Abby / Eric… pour le meilleur ou pour le pire

Les personnages de Dar et Salim sont des cas plutôt intéressants. Si le premier est l’archétype du chef qui refuse qu’on discute ses ordres et qui ne croise pas la menace avant la fin du jeu, restant les deux pieds dans son conflit contre les américains, Salim comprend très tôt que « l’ennemi de son ennemi est son ami ». Il fera même figure de personnage le plus raisonnable et le moins enclins aux conflits de toute l’équipe, si toutefois, comme beaucoup, vous le gardez en vie. Il est un peu dommage que les autres personnages n’aient pas été mieux développés, mais le jeu parvient tout de même à nous les rendre sympathiques (à l’exception d’une, à laquelle nous n’avons pas trop l’occasion de nous attacher).

Alliés ou ennemis, à vous de choisir votre voie

The Dark Pictures Anthology – House of Ashes

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

J’ai été happé dans les tréfonds de House of Ashes, j’ai même été surpris par moments. Si le titre de Supermassive Games se rapproche encore plus d’un film interactif, offrant moins de choix aux joueurs que dans les titres précédents, il prend le temps de développer son histoire et ses personnages, les rendant très attachants, tout en travaillant ses références avec un amour manifeste pour le genre. Si vous aimez les films interactifs, cet épisode ne pourra pas vous décevoir.

3.5
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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