Secrètement, vous avez toujours rêvé devenir un roi de la drague et de mettre dans votre poche toutes les nanas que vous trouvez à votre goût? Rassurez-vous messieurs, un FMV tout neuf a débarqué ce 6 mars dernier sur Steam, appelé sans présomption aucune Super Seducer: How to talk to girls (ndlr. Comment parler aux femmes). N’ayant pas fait grand bruit le jour de sa sortie, le jeu est tout de même bien coté sur la plateforme et promet des heures d’apprentissage de la séduction pour “attirer les femmes partout” grâce au “meilleur simulateur au monde”. Cela dit, Sony vient de refuser son portage sur PS4 et son créateur a subi quelques agressions sur les réseaux sociaux tenant des propos d’incitation au harcèlement et d’accusations de sexisme. Le jeu ayant été testé par une femme, ce review va garder une part de cette dernière tonalité.

Apprendre à conclure

Lorsqu’on aborde des jeux de drague, on se dit toujours qu’il faut le faire avec un degré de dérision qui explose le plafond. On incarne donc Richard, un jeune homme au charme relatif, dans sa quête de séduction d’à peu près tout ce qui passe. Le jeu s’étend sur plusieurs chapitres qui sont différentes mises en situation de plans drague possibles, le but étant évidemment de conclure. Les objectifs sont alors marqués avant de commencer chaque épreuve, allant du simple numéro de téléphone à plus si affinités.

Test Super Seducer PC
Une longue aventure de drague manipulée auprès de 10 filles différentes

Rien de bien neuf dans le gameplay: au fur et à mesure que vos rencards évoluent, vous devez choisir entre plusieurs options différentes qui plairont ou non à votre conquête. Votre choix sera ensuite évalué par une sorte de professeur qui vous expliquera pourquoi cela a échoué/fonctionné et vous attribuera un cœur de couleur différente selon le succès de votre entreprise: un cœur bleu pour le coup parfait, un jaune pour le mitigé, et un cœur brisé pour le râteau. Tout cela sur fond d’images réelles, dont les différents acteurs feront sourire à cause de leur jeu un peu trop scénarisé et cliché par dessus le marché.

Test Super Seducer PCTest Super Seducer PC
Les deux écrans de briefing au début et à la fin des rencards:
l’un pour savoir ce qu’on doit faire, l’autre pour avoir un résumé de nos performances.

Jusque là, on se dit que ce jeu n’est rien de bien méchant; le trailer vous aura aussi fait sourire devant les maladresses possibles de Richard. Mais analysons un peu plus en détails les fameux choix sous l’angle de Vénus…

Une misogynie atténuée par l’humour?

Le but de Super Seducer prête à sourire comme on l’a dit plus haut, et c’est un jeu qu’il faut évidemment prendre à la rigolade. Mais, personnellement, en tant que femme, je me suis posé énormément de questions face aux différentes options au moment des choix à faire. Le jeu propose d’abord des choses plutôt maladroites et gentillettes, avant de tomber dans les deux extrêmes lorsque le date commence à se montrer plus concret: on aborde d’abord de manière subtile la ou les jeunes femmes, avant d’entrer dans des propositions de Sugar Daddy (ndlr. des hommes qui subviennent aux besoins matériels de jeunes femmes en échange de services “en nature”)… Jusqu’à une légère allusion à la zoophilie lors du deuxième épisode. Une des situations suivantes vous permet également de séduire votre meilleure amie alors en couple, en toute connaissance de cause, et d’attendre le bon moment pour la mettre dans votre lit.

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“Ta robe serait jolie sur le sol de ma chambre”, ou encore “J’aimerais ***** sur une robe pareille!” Pas besoin de vous faire un dessin, et pas besoin de vous dire que ces tentatives sont foutues d’avance.

Aussi, si certains objectifs proposent gentiment de récupérer un numéro de téléphone – en admettant qu’il soit vrai – d’autres vont droit au but et vous obligent à jouer de façon à pouvoir passer la nuit avec l’ “objet” de votre dévolu. Je ne suis pas restée non plus de marbre face aux jeunes femmes aux côtés du “Professeur Séduction”, qui se dénudent en fonction du succès de vos choix en plus des cœurs proposés en haut à droite de l’écran: cela m’a fait plutôt grincer des dents. Comme le jeu le veut, il met l’accent évidemment sur des techniques de drague aussi redondantes qu’entreprenantes, mais aussi sur ce côté “femme objet” auquel j’ai fait allusion quelques lignes plus haut, mettant à chaque fois en scène de sublimes créatures aux jambes interminables et pleines d’avenir. Elles sont belles, elles sourient, elles n’ont rien demandé (cf. votre conquête qui lit tranquillement dans un café) et se font aborder par un garçon plutôt maladroit qui risque de les froisser à n’importe quel moment; sans parler du fait que certains scénarios usent de cette distraction facile: la fille canon en mini-jupe qui passe un peu trop près de l’homme et qui se fait reluquer de pied en cap (un passage qui survient à plusieurs reprises dans le jeu, quel challenge compliqué dites donc !).

Si l’on met tout cela de côté, on se retrouve avec un jeu de drague lambda plus ou moins bien fait, avec des situations elles aussi plus ou moins variées. Aussi, les choix les moins courtois à l’adresse de ces dames sont immédiatement sanctionnés par un râteau, téléguidant ainsi la partie de sorte que vous soyez toujours un Casanova. J’ai donc fait l’effort, en commençant ma partie, de voir chaque proposition du point de vue des deux sexes; malheureusement, certaines d’entre elles étaient tellement barrées que j’ai fini chacune de mes parties complètement affligée. Quelle ne fut pas non plus ma surprise en découvrant que Super Seducer est le fruit d’un réel “expert”, Richard La Ruina, (ce même Richard qui est le protagoniste du jeu) apparemment père d’un best-seller sur le même thème. Je serais donc curieuse de savoir ce qu’il peut bien raconter dans son ouvrage…

Conclusion

Si l’on met de côté l’implication personnelle de votre hôtesse ainsi que ses propres ressentis, et que l’on reste sur le seuil de l’acceptable, la découverte de Super Seducer est amusante, mais vite lassante. Les scénarios proposés vont très vite se ressembler par leurs techniques d’approches trop similaires, les conclusions à obtenir, mais aussi le fait que l’erreur est impossible tant le bon déroulement du rendez-vous est téléguidé. Les propositions les plus extrêmes le sont tellement aussi qu’il est plutôt facile de savoir quoi choisir, et l’on se croit alors très vite devenu un grand Expert digne de notre professeur. Attention cependant aux plus féministes dans l’âme, homme ou femme: beaucoup de détails pris au premier degré pourraient nuire à l’existence de votre écran de PC; une gifle est si vite partie…

Super Seducer: How to talk to girls?

  • Développeurs RLR Training Inc
  • Type Drague, simulation
  • Support PC
  • Sortie 6 Mars 2018
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A propos de l'auteur Voir les articles

Queen Potato
Queen Potato

Prof de français excentrique le jour, gameuse la nuit, Queen Potato soumet les jeux vidéo à sa botte pendant des live streams endiablés. Sauf les survival horror. Ceux-là sont encore des espèces qui lui donnent du fil à retordre.

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