Peu échaudé par les résultats des autres éditeurs qui se sont essayés avec plus ou moins de succès au concept de “jouet-vidéo”, Ubisoft arrive ici avec Starlink Battle for Atlas, un jeu qui entend nous faire jouer et interagir de différentes manières et plutôt destiné aux plus jeunes… quoique.

Visuellement, le système Atlas est très agréable à parcourir

No Andromeda’s Sky

Ne nous voilons pas trop la face : Starlink Battle for Atlas vous rappellera forcément quelque chose si vous avez déjà posé vos doigts sur Mass Effect Andromeda et No Man’s Sky. Dans les grandes lignes, la rencontre avec une forme de vie extra-terrestre sur Terre mène l’humanité dans le système Atlas, système où une sombre force attend son heure. Heure qui semble arriver puisque vous lui amenez sur un plateau la seule chose qui lui manquait pour conquérir Atlas : l’énergie Nova, qu’ils ne savent produire, mais dont le meneur de l’Initiative Starlink – Grand – a découvert le secret de confection pour alimenter votre vaisseau.

L’histoire est simple et classique mais assez bien menée

Une attaque et un rapt plus tard, Grand se fait enlever par le sombre culte, votre vaisseau mère s’écrase sur une planète et il ne vous reste que vos nefs pour tenter de sauver le système que vous venez de mettre en péril. Rien de très original ici, puisque le contexte global rappelle rapidement le dernier Mass Effect, tandis que la forme renverra à No Man’s Sky. Néanmoins, on pourrait dire ici qu’Ubisoft sert une version qui aurait correctement digéré ces deux modèles pour en offrir un jeu qui mêle harmonieusement ces deux influences. Car en effet, il sera question ici d’explorer 7 planètes possédant chacune sa propre identité, ambiance et biome afin de rassembler les différents peuples contre la menace qui s’annonce. Ces planètes sont de taille modeste, mais restent cependant très agréables à parcourir et regorgent de campements ennemis, reliques, épaves ou stations alliées qu’il faudra défendre et améliorer au fil des heures.

Si votre vaisseau se trouve la plupart du temps au ras du sol comme un aéroglisseur, il reste capable de sauter, faire des tonneaux ou de donner un coup de booster pour parcourir les distances plus rapidement. Mais il est aussi capable de décoller réellement pour survoler la planète, voire de traverser l’atmosphère et se retrouver dans le système Atlas, libre de voyager entre les astéroïdes, de livrer bataille contre des pirates de l’espace ou rejoindre l’une des autres planète du système, le tout sans temps de chargement et en toute fluidité. Une approche de l’exploration qui n’est certes plus très originale, mais qui a le mérite d’être vraiment bien réalisée et très agréable à jouer.

Partez en quelques secondes dans l’espace affronter des pirates

Que cela soit dans l’espace ou sur une planète, les petits vaisseaux sont très maniables et rien ne nous empêche de démarrer en faisant un salto arrière avant de donner du booster, c’est même encouragé par une amélioration à débloquer qui octroie de l’expérience supplémentaire en cas d’acrobatie. Acrobaties qui peuvent se révéler salvatrices dans les combats qui parsèment les planètes, surtout si votre niveau est inférieur à celui des ennemis. Esquiver les tirs, jouer avec les éléments du décors et combiner les armes sont indispensables pour s’en sortir dans Starlink. Car si les ennemis ne sont pas trop agressifs, leur nombre et leur force de frappe en cas de différence de niveau trop élevée aura tôt fait de vous envoyer ad-patres. Combiner des attaques de feu et de glace pour créer un choc thermique sera souvent une bonne idée pour maximiser les dégâts.

De très nombreux modules à découvrir dans les ruines ou sur les ennemis vous permettront de customiser votre vaisseau pour améliorer ses résistances ou ses tirs, encourageant l’exploration un peu sauvage des planètes ou des ruines anciennes, qui proposent des mini-énigmes simples basées sur les caractéristiques élémentaires de vos tirs. Grâce aux bases alliées et à notre propre exploration, on débloque divers marqueurs sur la carte comme autant de nouveaux lieux à visiter ou quêtes annexes à réaliser pour rallier le plus de peuples possible à l’Initiative. Encore une fois, l’originalité ne prime pas dans Starlink, ce qui se ressent aussi dans le character-design général des personnages ou dans les enjeux scénaristiques, mais l’ensemble est très plaisant à parcourir, seul ou avec ses enfants.

Jouet vidéo

Mais ce qui fait le sel de Starlink Battle for Atlas, sans pour autant handicaper le jeu, c’est son concept de vaisseau à clipser à sa manette pour le personnaliser à sa guise. En effet, chaque nouvel ennemi majeur vous sera présenté rapidement ainsi que les armes conseillées pour le vaincre. Rassurez-vous, même avec le pack de base, vous aurez de quoi venir à bout de l’intégralité de l’aventure, Starlink n’ayant pas repris des autres licences de jouet-vidéo le concept de limiter la progression aux jouets en notre possession.

Et si vous optez pour la version numérique, vous n’aurez même pas besoin des jouets vendus en magasin pour jouir du titre, toutes les armes, vaisseaux et pilotes étant inclus en dématérialisé dans la version Deluxe. Et pour ceux qui redoutent l’encombrement en cas de jeu nomade sur Switch – qui propose en exclusivité l’ARWing et Fox McCloud en invité – mais qui veulent profiter de l’aspect matériel du jeu ponctuellement, sachez que les armes, pilotes et vaisseaux débloqués grâce aux jouets restent activés en jeu pendant une semaine sans devoir les reconnecter.

Mais alors, les jouets ont-ils une utilité réelle ? Ne le cachons pas, si les jouets permettent une personnalisation plus fine des vaisseaux, ils ne sont pas indispensables, d’autant que leur présence alourdit le contrôleur de jeu et nécessite une connexion USB câblée à la console pour être utilisable. pour autant, il faut avouer que l’utilisation des jouets apporte un vrai plus en terme de plaisir.

Tout d’abord, vous pouvez connecter et déconnecter ailes et armes à tout moment pour personnaliser le vaisseau et l’adapter à vos nouveaux besoins, ou juste pour changer de style. Car chaque vaisseau – qui rappelle les formes futuristes et élancées des véhicules de Wipeout – peut être intégralement personnalisé en temps réel. Rien ne vous empêche par exemple de mettre deux ailes sur la gauche et un seul canon à droite, ou de placer par exemple le lance-flamme de manière à ce qu’il tire vers l’arrière pour gérer les groupes d’ennemis qui vous encerclent plus facilement.

Une personnalisation physique qui ajoute une surcouche de gameplay supplémentaire bien amusante et qui encourage – sans rendre indispensable – l’achat de nouveaux vaisseaux pour les mélanger avec ceux que l’on possède. Chaque arme dispose également d’un élément – le feu, la foudre, la  glace, la gravité… – et sera plus efficace contre un type d’ennemi. On se doute que les ennemis de glace seront plus sensible aux tirs enflammés, mais les balles normales leur feront également de l’effet. Rien ne vous oblige donc à repasser à la caisse pour de nouveau vaisseaux, pas même la défaite, car si le jeu vous propose de clipser un nouveau vaisseau en cas d’échec, il vous est aussi possible de revenir au dernier point de sauvegarde en échange de quelques crédits in-game.

Petit aparté rapide sur le doublage français qui est de qualité, à l’exception faite de la présence de Norman au casting vocal, davantage un produit d’appel pour la génération Youtube que pour de réelles compétences dans le domaine. Comprenons-nous bien : il n’est pas question de casser du sucre sur Norman, pour qui j’ai le plus grand respect pour son travail sur ses plateformes vidéos, néanmoins, il faut bien comprendre qu’il n’est pas un comédien, il n’interprète pas le personnage de Levi, il fait “du Norman” et interprète son propre rôle. Quand son personnage parle, c’est Norman, celui de ses vidéos que l’on entend, pas son personnage. Ses interventions nous sortent complètement du jeu, et on a plus l’impression d’avoir “Les Aventures de Norman dans l’Espace” que Starlink.

Conclusion

Starlink Battle for Atlas ne transpire certes pas l’originalité en termes de scénario ou d’identité graphique, mais il propose une aventure très agréable à parcourir sur plusieurs planètes très différentes, bourrées d’objectifs secondaires malheureusement un peu redondants. Le jouet apporte un vrai plaisir supplémentaire sans devenir un composant essentiel. Acheter de nouveaux vaisseaux devient alors un plaisir personnel et non une contrainte, d’autant que ces derniers sont plutôt bien réalisés et personnalisables. Une bonne aventure pour la famille dans laquelle on a envie de replonger régulièrement pour le plaisir de l’exploration.

Starlink Battle for Atlas

  • Développeurs Ubisoft
  • Type Aventure, Shooter
  • Support PS4, Xbox One, Switch
  • Sortie 16 Octobre 2018
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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