En vue de redonner une nouvelle cohérence à son univers basé sur le détective anglais après Sherlock Holmes : Chapter One, le studio Ukrainien Frogwares nous offre une nouvelle version de Sherlock Holmes : La Nuit des sacrifiés sorti en 2006 qu’il rebaptise Sherlock Holmes : The Awakened. Êtes-vous prêts pour l’enquête la plus occulte de Sherlock et Watson ?


Sherlock Holmes The Awakened


Supports : PC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series, Switch

Genre : Aventure

Date de sortie : 11 avril 2023

Editeur : Frogwares

Développeur : Frogwares

Multijoueurs : Non


Le Remake de Frogwares nous fait juste espérer une adaptation par le studio des « Montagnes Hallucinées ».


  • Une enquête vraiment prenante !
  • Une superbe direction artistique
  • Les dialogues, toujours au poil
  • La chute vers la folie de Sherlock
  • Les références au Mythe nombreuses et subtiles
  • Des environnements parfois assez restreints
  • Des fonctionnalités parfois sous-)exploitées

Tekeli-li

Plus qu’une volonté propre, c’est surtout un moyen pour Frogwares de tourner avec les moyens du bord en Urkraine. En mettant en pause son jeu en mode ouvert, le studio revisite son propre jeu en lui offrant une nouvelle vision et en le remettant au goût du jour. D’après le studio, The Awakened représente environ un an de travail, la production ayant commencé début avril 2022. Le jeu est un monde semi-ouvert, chacun des 8 chapitres étant sa propre zone explorable. À titre de comparaison, le jeu Sherlock Holmes Chapter One a demandé à l’équipe plus de trois ans de travail.

On ne va pas à proprement parler de remaster graphique ici, puisque Frogwares – malgré une situation difficile en Ukraine – a tenu à offrir une véritable refonte de son titre de 2006. Il en conserve les principaux aspects narratifs, mais tout le reste ou presque a changé. Il m’est arrivé de lorgner du côté de la soluce du jeu original sur Internet à de rares moments, sans jamais trouver de correspondance autrement que dans les lieux. C’est donc bien un vrai remake réalisé de fond en comble que le studio nous offre, mais conservant un style et une saveur un peu rétro plutôt bienvenu.

Faisant directement suite à Sherlock Holmes Chapter One, nous retrouvons ici le célèbre détective à Londres en compagnie de son nouvel ami le docteur John Watson. La réécriture aidant, les événements familiaux de l’île de Cordona sont intégrés subtilement pour assurer une continuité, mais c’est la simple disparition d’un journal qui va mettre Holmes et Watson sur la piste d’un culte impie à travers le monde. Enquêtant sur la disparition d’un serviteur à Londres, les détectives en manque de défis vont peu à peu mettre un pied dans le royaume de la folie, car, et bien que cela va à l’encontre de la logique de Holmes, des forces cosmiques et d’un autre temps semblent être à l’oeuvre. Des rues pluvieuses de Londres au bayou de la Louisiane en passant par un asile psychiatrique en Suisse, la piste de l’enlèvement révèle bien vite une machination obscure et sanglante pouvant bien mener à la destruction de l’humanité.

Qui d’autre de Frogwares pouvait associer Sherlock Holmes au culte de Cthulhu ? Après avoir défriché les cauchemars d’Innsmouth dans The Sinking City, le studio mêle ici investigation anglaise posée et culte sanguinaire à la limite de la raison. Pour autant, et même après les sorties rapprochées de The Sinking City et Chapter One, The Awakened adopte une linéarité certaine qui sert avant tout son histoire et ses énigmes, au détriment d’une plus grande liberté d’exploration. Les différents lieux sont plutôt restreints, et disposent même de voyage rapide pour éviter de courir sans cesse d’un coin à l’autre. Ramassés, les environnements offrent cependant plusieurs niveaux d’exploration et différentes couches d’informations qu’il faut compiler mentalement pour progresser.

Il faudra donc patiemment et minutieusement analyser chaque environnement, parfois à l’aide de la vision d’enquêteur pour mettre à jour des indices importants. Soigneusement consignées dans votre carnet, toutes les informations récoltées devront être discutées, scrupuleusement observées, soumises à une recherche dans les archives ou mise sous le nez des passants pour espérer dénicher les informations importantes. Votre carnet est votre meilleur ami, car chaque élément y est décrit et dispose d’une petite icône vous indiquant si il s’agit d’un sujet de conversation, d’un élément à garder sous les yeux pendant que vous analysez les lieux ou encore d’un élément à soumettre à un recoupement de données dans les archives.

À ce sujet, j’ai été un peu déçu du traitement des archives dans The Awakened. Là où il fallait se rendre dans un lieu précis, comme dans les archives de presse dans Chapter One ou The Sinking City, il faut penser à regarder la petite icône supplémentaire en bas de l’écran dans le carnet nous indiquant que nous pouvons directement accéder aux archives pour faire nos recherche. La fonctionnalité n’étant utilisée que deux ou trois fois dans le jeu, il m’est arrivé de tourner en rond un bon moment avant de penser y faire appel. Ce genre de chose est bénéfique pour le dynamisme de l’aventure – menée sans temps lors pendant 8 chapitres – mais nous sort un peu de l’immersion voulue par les développeurs.

Outre ces recherches, Sherlock aura l’occasion d’interroger des personnes parfois très étranges et de procéder à des reconstitutions mentales des événements sanglant parsemant son aventures. Armé de tous ses indices, il reconstruira morceau par morceau une chronologie d’événements le menant à de nouvelles révélations.

Bardé de petits clins d’œil aux différentes nouvelles du Maître de Providence, on citera pèle-mêle des références à la Couleur tombées du ciel, Les Montages Hallucinées, L’Appel de Chtulhu (forcément) et bien d’autres petits éléments. Subissant également des hallucinations par moment, Sherlock aura aussi l’occasion de s’aventurer dans des contrées interdites qui mettront son esprit logique et réaliste à rude épreuve.

Les énigmes sont nombreuses, et en plus des déductions incessantes à réaliser dans le Palais Mental de Sherlock Holmes, il devra crocheter quelques serrures via un système plus original et moins ennuyant qu’à l’accoutumée ou confronter ses interlocuteurs récalcitrants à l’aide d’un enchaînement de preuves irréfutables. Il est cependant à noter que les énigmes sont d’un niveau plus accessible que dans la version de 2006, et j’avoue les avoir trouvées assez souvent trop simple. Mes raisonnements s’étant révélés souvent trop poussés, je me suis fréquemment exclamé un « Quoi ? C’était juste ça ? » un peu décevant.

Je suppose que c’est le parfait enchaînement logique des événements et informations qui a certainement induit ce sentiment de facilité, car – même si l’on sait dés le début à quoi nous avons affaire en tant que joueur – la découverte morceau par morceau de l’intrigue fonctionne très bien et se révèle palpitante. De plus, quelques choix viendront ponctuer votre aventure (vers la fin) et si je n’ai pas encore testé la chose au moment où j’écris cet article, il me semble que l’histoire connaît plusieurs conclusions potentielles.

Techniquement, la direction artistique fonctionne, et si je me suis pris à rêver d’un niveau situé dans les ruines antédiluviennes de l’Antarctique tels que décrites par le professeur Dyer, j’ai beaucoup aimé évoluer dans les rues nocturnes de Londres, le long de ses quais brumeux, ou dans les vapeurs impies de la Louisiane. De nombreux effets météos parsèment l’aventure, dont une pluie battante à plusieurs endroit, malheureusement un peu gauche en terme de réalisation.

Si le jeu mise trop peu sur les expressions faciales (n’oublions pas qu’il s’agit d’un titre étant passé par le financement participatif), c’est un plaisir de voir poindre les cernes rougeâtres sous les yeux des deux compères, au fil de leur découvertes flirtant avec l’indicible. J’ai par contre quelques questions au sujet de la barbe de Sherlock, qui a tendance à apparaître subitement après les séquences hallucinées du détective… séquences ne durant que quelques instants pour Watson. Inexplicable.

Sherlock Holmes The Awakened

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

Peut-être un poil trop linéaire si l’on considère les directions prises par le studio dans ses deux derniers titres, Sherlock Holmes The Awakened est un remake qui plaira aux amateurs d’énigmes et d’histoires lovecraftiennes. Respectueux de l’univers de l’écrivain, invoquant peut-être ses références au forceps, le Remake de Frogwares nous fait juste espérer une adaptation par le studio des « Montagnes Hallucinées ».

4
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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