Incarner le croisement entre un chat et une limace dans un monde froid et mortel, où tout est propice à mettre fin à vos jours prématurément, voilà l’idée de base de Rain World, le titre du studio Videocult. Sur le papier, c’est assez barré, intriguant et fascinant. Une fois le pad en main,c’est une autre histoire.

This is a Rain World

Séparé de sa famille, l’infortuné chat-limace n’a d’autre choix que d’évoluer seul dans le monde froid et désolé qui est le sien. Faible, il ne peut survivre qu’en accumulant des réserves de nourriture et en attrapant des chauves-souris, ses seules proies dans ce monde de prédateurs.

Il faut dire que l’animation participe grandement au charme du jeu

Car à part sauter et évoluer rapidement dans de fins conduits, notre pauvre bestiole est bien désemparée. Il faut dire que tout dans Rain World a été pensé pour vous tuer, que cela soit avec les créatures qui vous poursuivent de tableaux en tableau, les structures qui s’avèrent être des plantes carnivores camouflées, la faim ou même la pluie.

Another World ?

Qu’on se le dise : TOUT veut votre mort, car en plus d’évoluer dans un monde qui n’a plus connu de civilisation depuis des siècles, le climat semble déréglé et de fortes pluies torrentielles surviendront parfois, vous obligeant à trouver un abri souterrain sûr. C’est là que les réserves de nourriture prennent leur importance, puisque en attendant que l’orage passe – et on ne vous parle pas des bruines typiques de notre plat pays, hein, mais de putains draches du feu de dieu – vous devrez hiberner dans votre cache en consommant vos  ressources. En manquer, c’est la mort assurée. Ne pas trouver d’abri, c’est la mort assurée, entrer en contact avec un autre organisme vivant, c’est la mort assurée.

Et tout cela se comprend en quelques instants grâce à une mise en situation limpide et sans aucune narration. Le monde Rain World est mort, il n’en subsiste que des formes de vies assez fortes pour survivre aux intempéries mortelles de la planète, et vous, minuscule chat-limace. Les imposantes structures métalliques rendues à la nature témoignent d’une vie passée très lointaine, et les formes de vie restantes vous sont toutes hostiles (sauf les chauves-souris).

Rain World est à réserver aux plus patients, aux plus indulgents, prêts à découvrir un monde fascinant.

Tout votre périple sera alors d’aller d’abri en abri – souvent très bien cachés d’ailleurs – en évoluant comme vous le pouvez dans les différents tableaux du jeu. A vous de découvrir comment progresser en échappant à vos prédateurs, et en usant quelque fois de vos méninges puisque des situations exigeront de vous que vous ramassiez des objets pour créer de nouvelles plateformes et atteindre de nouveaux tuyaux inaccessibles autrement, ou lancer ce que vous trouvez à la tête de vos poursuivants.

Et bordel, que c’est frustrant.

Le monde de Rain World reste mystérieusement fascinant

GHYAAAAAA !

En effet, sur le modèle du Die & Retry, Rain World vous renvoie à votre précédente cache à chaque mort. Vous devez alors retraverser les environnements déjà visités, atteindre le lieu de votre mort et retenter votre chance sur le même passage ou essayer une autre route. Mais le placement des ennemis peut être complètement aléatoire, ce qui fait qu’une zone peut devenir d’une fois à l’autre calme ou complètement infestée par des créatures hostiles. Il est heureusement possible de jouer avec l’écosystème, puisque ces bestioles peuvent entrer en conflit entre elles pour de la nourriture par exemple et ne plus se préoccuper de vous quelques instants.

Y’a encore un truc qui veut votre mort

La pluie, véritable mur d’eau, est un élément supplémentaire de frustration, puisque que vous la sentez arriver de longues secondes avant (via des vibrations, un son lourd et la colorimétrie changeante) et qu’elle vous impose de trouver rapidement un abri sous peine de retourner au dernier checkpoint; Mais attention : il ne s’agit pas de n’importe quel abri, car il faut mettre la main sur un genre de cellule de sécurité qui se referme automatiquement et ne se rouvre qu’une fois la menace passée. Ne songez donc pas simplement trouver un espace sous terre, ce serait trop simple.

On répète encore et encore la même progression jusqu’à mettre la main sur l’abri suivant et sauvegarder notre partie avant de repartir mourir des dizaines de fois de façon injuste.

Conclusion

Quel étrangeté que ce Rain World. Il se dégage quelque chose de poétique et de fascinant de ce monde mortel. On jette notre pad plus d’une fois de colère, avec un véritable sentiment d’injustice et une impression que le jeu ne veut pas de nous, mais on se surprend à persévérer quand même, juste pour voir ce qu’il y a plus loin.

Si les tableaux ne sont pas procéduraux, il n’en est pas de même pour le comportement et surtout les mouvements des créatures, ce qui leur confère une certaine âme et une attitude pataude parfois ridicule. On ne sait pas sous quelle drogue tourne les gars de Videocult, mais ils avaient visiblement une idée très précise de leur univers et de sa cruauté. Un titre pour les plus patients, les plus aptes à pardonner le système d’essais-erreurs injuste et frustrant, mais ceux également prêt à découvrir un monde fascinant.

Rain World

  • Développeurs Videocult
  • Type C’est trop injuste
  • Support PS4, PC
  • Sortie 28 Mars 2017
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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