Je garde une excellente impression d’Oxenfree premier du nom. Une vision graphique impeccable, un mystère façon Teen Movies des années 80, une gestion du son immersive et un sentiment de malaise de plus en plus prégnant. Mais je dois aussi bien admettre que je ne me souviens plus de l’histoire en elle-même. L’annonce de Oxenfreen 2 : Lost Signals m’avait vraiment emballé, même si en bout de course, le sentiment est un peu moins enthousiaste.


Oxenfree II : Lost Signals


Supports : PC, PS4, PS5, Switch

Genre : Aventure

Date de sortie : 12 juillet 2023

Editeur : Netflix

Développeur : Night School Studio

Multijoueurs : Non


Oxenfree 2 : Lost Signals peine à dépasser le premier épisode, mais je révèle pourtant très accrocheur


  • Toujours très beau
  • Une ambiance extrêmement réussie
  • La bande-son et les dialogues
  • Un petit manque de nouveauté
  • Quasi aucune implication des choix « physiques »

Dans l’ombre d’Edwards

Oxenfree est un jeu d’aventure dans tous les sens du terme. Il comporte très peu d’énigmes, aucune mécanique tape-à-l’œil, et se concentre uniquement sur l’histoire. Oxenfree 2 : Lost Signals se déroule cinq ans après le jeu original dans un nouveau lieu et avec de nouveaux personnages, mais il y a beaucoup de points communs avec le premier jeu. Il y a des fantômes, des drames, des équipements radio mais Lost Signals donne souvent l’impression d’être une redite. C’est une bonne suite, qui nous replonge dans l’angoisse du mystère, mais elle m’a semblé manquer d’un peu de surprise.

Dans Lost Signals, nous suivons Riley, une chercheuse en environnement qui est retournée dans sa ville natale située sur la côte de Camena, pour enquêter sur des défaillances des équipements électroniques de l’île. Avec l’aide de Jacob, un sympathique habitant de Camena, ils parcourent l’île et se retrouvent pris dans une série d’événements surnaturels. L’île de Camena se trouve est voisine de l’île d’Edwards – du premier jeu donc – ce qui occasionne des déchirures dimensionnelles et pas mal de parasites radio.

Le studio parvient ici encore à donner vie aux personnages grâce à d’excellents dialogues et doublages, et écouter ces deux personnages très différents discuter ensemble les a rendu drôle et attachants. Et lorsque les choses deviennent plus effrayantes, leurs histoires et leurs motivations personnelles aident à donner le poids émotionnel nécessaire aux passages narratifs appuyés. Les événements du jeu les obligent à réfléchir à leur vie, et ils traversent chacun une transition qui ressemble presque à la sempiternelle histoire de passage à l’âge adulte. Sauf que cette fois, cela concerne des adultes, et non des adolescents. Etant adulte moi-même (enfin, il paraît), je trouve ça plutôt rafraîchissant et impliquant.

Une sensation que je n’ai pas retrouvé au niveau des choix. Oh, bien entendu, il vous faudra choisir entre plusieurs lignes de conversation, mais Oxenfree 2 vous invite aussi à faire des choix entre différents itinéraires par exemple, plus ou moins dangereux sans que cela ne change en rien l’histoire ou le déroulé narratif. Il y a plusieurs fins et résultats qui affectent les personnages de différentes manières, mais contrairement au premier Oxenfree, ces décisions n’ont pas vraiment eu d’impact sur le cœur de l’histoire. Les choix semblent n’avoir qu’une importance très limitée, ce qui est un peu dommage.

Paradoxalement, les personnages ont eux-même une personnalité et un traitement intéressants – et c’est finalement le plus important – mais l’histoire générale de Lost Signal, avec ses esprits vengeurs et ses portails interdimensionnels, est un peu décevante. Il n’y a pas le mélange entre les histoires personnelles des personnages et le scénario général, ce qui donnait un intérêt tout particulier au premier jeu, on a davantage l’impression qu’il s’agit de deux malchanceux pris dans un engrenage par hasard. Jacob est un personnage facile à aimer dès le départ, un personnage simple et attachant là où Riley prend plus de temps. Elle est sarcastique et franche, d’une manière qui semble d’abord abrasive, mais qui finit par devenir plus aimable. Lorsque les manifestations fantomatiques de l’île commencent à prendre de l’ampleur, elle est aussi très pragmatique.

Comme dans le premier Oxenfree, l’utilisation de la technologie analogique, des talkies-walkies, des émetteurs radio et des signaux radio est toujours aussi originale et bien utilisée. Régler la radio pour ouvrir un portail et tourner la molette pour changer les fréquences pendant que l’écran se déforme continue de procurer son petit frisson. Pour peu, on entendrait presque des voix dans le bruit blanc des parasites…

L’atmosphère du premier Oxenfree m’avait peu à peu happé dans un malaise aussi attirant qu’intriguant. Je ne comprenais pas tout, mais j’avais envie de passer outre mon appréhension pour savoir de quoi il en retournait. Dans ce Lost Signals, j’ai l’impression que c’est moins le cas, que tout est plus « compréhensible », ce qui retire un peu d’intérêt. Les esprits fantômes effrayants révélés dans la première heure sont les mêmes que ceux de l’acte final du jeu, ce qui signifie qu’il n’y a pas une escalade dans la tension et l’horreur. Et pourtant, leur première apparition est mémorable !

Lost Signals partage beaucoup d’éléments avec le jeu précédent, ce qui permet de se sentir un peu « à la maison », mais qu’il n’a pas vraiment sa patte à lui.

Oxenfree 2 : Lost Signals

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En Bref

Les fans du premier pourraient rester un peu sur leur faim avec Oxenfree 2, néanmoins, si vous décidez de faire le second sans avoir touché au premier – ce qui est possible malgré les liens – le jeu risque de faire mouche !

3.5
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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