Je ne vous apprendrai rien en disant que dans les années 90 sévissait une véritable guerre des consoles. Entre Nintendo et Sega, ça rendait coup pour coup, licence pour licence. Après les affrontements entre Mario et Sonic ou encore Zelda et Soleil, ce fut au tour du Tactical RPG de s’opposer dans leurs écuries respectives : Fire Emblem chez Nintendo et Langrisser chez Sega.



Titre Langrisser 1 & 2

Développeurs Chara-Ani

Type Tactical RPG

Support PC, PS4, Switch

Sortie 13 Mars 2020


Sorti sur Mega Drive sous le nom de Warsong aux Etats-Unis et de mémoire jamais sur notre vieux continent, Langrisser est une série de Tactical RPG développée par Masaya Games en 1991 sous l’égide de NCS. Elle sera adaptée sur la glorieuse PC Engine en 1993 et continuera son bonhomme de chemin au Japon jusqu’en 1998 avec l’épisode 5 sur Saturn avant de disparaître des radars jusqu’en 2019 et l’arrivée de Langrisser Mobile sur iOS et Android. Les puristes chipoteront avec les séries annexes, mais qu’on se le dise : Langrisser, c’est principalement 5 Tactical RPG.

Ah ces armures <3

Pour moi, Langrisser se résumait surtout aux magnifiques artworks que je pouvais voir dans les magazines de l’époque, section “Import“. Si la série ne vous dit rien, ne vous fiez pas aux Chara-Design de ce Remaster puisque cette fois il a été confié à Ryou Nagi, dont on avait pu déjà apprécier le travail sur Ar Tonelico par exemple. Au Japon, il était possible de récupérer le Chara-design original et les musiques originales via un DLC payant, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les fans, et à raison !

Clairement, les prêtes, c’était pas mon meilleur choix…

Non pas que je critique le travail de Ryou Nagi, mais le designer original n’était nul autre que Satoshi Urushihara, dessinateur de grand talent notamment connu pour ses œuvres érotiques (comme Plastic Little, Lemnear…) mais aussi pour ces design magnifiques ! Pour ma part, la série Langrisser étant indissociable de ce Chara-Design (imaginez Dragon Quest sans Toriyama ?), la douche fut froide. Heureusement, en traversant la moitié du monde, cette compilation de Langrisser I & 2 a eu le bon goût d’inclure tout cela directement sur la cartouche. On pourra donc choisir à loisirs le chara-design moderne ou classique, les musiques originales ou la nouvelles compositions de Noriyuki Iwadare (déjà compositeur original de la série, mais aussi de Grandia), ainsi que les décors classiques ou remasterisés ! Bref, une expérience à la carte très agréable pour profiter au mieux de cette licence chez soi.

Maintenant que le cadre est posé, revenons à une époque où les armures avaient une taille improbable et où le casting féminin n’avait rien de princesses en détresse. Après tout, on parle d’un jeu sorti dans la mouvance des Chroniques de la Guerre de Lodoss hein… alors même si visuellement les personnages féminins ont de grands yeux pleins d’étoiles (et manquent quand même de charisme sous les traits de Ryou Nagi), elle ne sont ni sexualisées, ni nunuches !

L’histoire progresse pendant les batailles

L’histoire nous place dans les bottes du prince Ledin devant soudainement fuir son royaume face à une invasion de l’empire. Au fil des rencontres, il se constitue des fidèles à-même de l’aider à se venger et finit par récupérer l’épée sacrée légendaire, Langrisser (dont le nom est toujours über cool même en 2020), afin de combattre un mal ancien.

C’est une histoire assez simple, avec sa galerie de personnages qui nous sont rapidement présentés mais rarement approfondis comme on pourrait l’attendre de ce genre de jeu aujourd’hui. Ah, si vous sortez de Fire Emblem Three House, ça va vous faire un choc, mais dans le bon sens du terme.

A gauche, le design d’Urushihara, à droite celui de Nagi

Non, Langrisser est l’un des rares TRPG qui va vite et qui nous emmène dans un tourbillon d’affrontements dans lesquels combats et narrations s’entremêlement pour des rixes passionnantes.

Si il ne faut pas plus d’une grosse dizaine d’heures pour en voir le bout, le remake propose de nombreuses routes alternatives dépendantes de vos actions pendant les batailles, ce qui permet une grande rejouabilité.  Il est en effet possible de venir à n’importe quel point du scénario pour prendre une autre route – au prix de votre sauvegarde puisque revenir ensuite sur votre Timeline “principale” sera impossible, les événements ayant changés. Cela dit, vous conservez vos objets et expériences, ce qui peut vous faciliter la tâche.

On peut revenir en arrière poursuivre une autre route

Langrisser II est une suite qui reprend exactement les mêmes codes que le premier, mais améliore la recette, surtout au niveau des personnages qui ont clairement plus d’ampleur. Le système de combat n’a pas changé d’un pouce, mais les cartes, les situations de combat et les objectifs sont plus variés. Voir le bout de Langrisser II vous prendra plus de temps que Langrisser I, et il a encore plus de routes annexes, et même des étapes secrètes.

Niveau gameplay, j’avoue avoir été agréablement surpris de l’efficacité du système. En effet, si l’on compare à sa série concurrente, Langrisser n’intègre pas le système de mort permanente, ce qui nous enlève un poids lors des batailles tendues. Chaque personnage est en fait un Commandant qui va diriger une unité de plusieurs soldat dont la nature va dépendre de la classe du Commandant. Si au départ vous n’êtes qu’un guerrier, chaque Héros va pouvoir modifier sa classe en échange de points obtenus pendant les batailles (avec un petit bonus pour le héros ayant le plus brillé), modifiant par la même occasion ses possibilités mais aussi le choix des unités sous ses ordres.

Les escarmouches peuvent être passés d’une touche

Chaque commandant va pouvoir emmener avec lui un seul type d’unité, qu’il faudra choisir en fonction des forces ennemies en place. En effet, chaque unité possède ses forces et ses faiblesses face à une autres unité. Les lanciers seront avantagés sur les cavaliers, eux-mêmes plus efficaces face aux soldats, qui eux-même auront un avantage face aux lanciers. Mais vous avez aussi des unités volantes, capables de parcourir des distances plus importantes, mais aussi de traverser les rivières ou des petites montagnes, mais redoutant les volées de flèche des archers, eux-même faibles face aux soldats. Des unités marines, comme les sirènes, auront un net avantage sur l’eau, tout en ayant des soucis sur la terre ferme, etc…

Ça en fait des unités à déplacer ! Ou pas…

On pourrait craindre un sacré capharnaüm pendant les combats, à cause de la quantité d’unités à gérer, mais ici aussi, Langrisser joue la carte du dynamisme, puisque si vous pouvez bouger toutes les unités sur le damier une à une, chaque unité – si vous le les bougez pas – aura tendance à rejoindre son Commandant d’elle-même afin de le protéger mais aussi de profiter de son “aura de soin”, active à chaque fin de tour, ainsi que d’un bonus de statistiques. Vous pouvez bien entendu définir une stratégie globale pour le bataillon (attendre, défendre, attaquer…), et même si il faut attendre que toutes les unités ennemies (et parfois les alliés) terminent aussi leur tour, tout va très vite, d’autant qu’il est possible de passer complètement les phases d’escarmouche pour n’en garder que le décompte des points de vie (mais on se passe des magnifiques illustrations de nos Commandants).

Véritable cœur de son bataillon, le Commandant est aussi son plus grand point faible puisqu’une fois celui ci vaincu, toutes ses unités disparaissent avec lui. Une faiblesse qui vous pousse à protéger votre Héros, mais qui s’applique aussi aux ennemis. Du coup, il faudra souvent réfléchir à la meilleure option pour entraîner ses Héros. Est-il plus efficace de vaincre toutes les unités ennemies pour gagner plus d’expérience ou de se focaliser sur le Commandant ennemi pour rapidement réduire les forces en présence ?

Le meilleur Commandant de la mission obtient des CP supplémentaires

Un système terriblement efficace qui donne une vraie dimension stratégie aux combats, d’autant que la narration prend principalement place pendant les combats, et il n’est pas rare que les forces en présence profitent de renforts au cœur de la bataille. Ce qui m’amène au dernier point : les combats sont extrêmement prenant et dynamiques, chose assez rare pour le genre. On est vraiment pris dans la bataille, sans avoir le temps de souffler, tout en profitant de la narration qui vient ponctuer la modification d’un objectif ou l’arrivée inopinée des renforts. Le Chara-design aidant, on s’attache autant aux ennemis qu’aux alliés, et tout le monde profite d’un doublage japonais de haute volée.

Conclusion

J’en veux encore !

Que je suis heureux d’avoir enfin pu toucher à la série Langrisser dans une version qui lui fait honneur ! C’est une Remasterisation de très grande qualité, présentant un système de combat rapide mais complexe, une narration simple mais très dynamique et un design magnifique. Je ne vois ici absolument aucune raison de passer à côté !

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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