Test : Kill la Kill IF – La Terreur c’est la Liberté

Satsuki à l'assaut de la Fibre de Vie Primordiale

Pour être honnête, je ne connaissais Kill la Kill que de nom jusqu’à son annonce en jeu vidéo. L’occasion de découvrir une série animée de 2014 complètement barge de la part du Studio Trigger (Little Witch Academia) qui a il me semble écrit l’histoire parallèle qui nous sera contée dans Kill la Kill IF. En effet, il ne va pas s’agir d’une adaptation stricto sensu de l’animé, mais d’une histoire qui vient s’intercaler dans la série même, explorant une autre piste scénaristique.

Si vous n’avez pas vu la série, vous allez être un peu paumés

La contradiction c’est la vérité

Avant de repartir à l’assaut de l’académie, c’est Satsuki qu’il faudra incarner

Parce qu’il faut bien comprendre le délire du Studio Trigger avant de se lancer dans son adaptation vidéoludique. On y suit les aventures de Ryuko Matoi, qui découvre son père assassiné aux côté d’une demi mais gigantesque paire de ciseaux. La piste de l’assassin la conduira à l’Académie Honnōji, une école un peu particulière puisqu’elle dirige une vraie dictature sur toute la région et rêve de s’étendre dans tout le pays. Pour cela l’académie possède deux atouts : sa présidente du conseil des élèves, Satsuki Kiryūin, et les uniformes Goku, conférant des capacités extraordinaires à leurs porteurs.

Toute la région est d’ailleurs divisée en castes, allant des simples citoyens aux porteurs d’uniformes Goku, eux-mêmes subdivisés en 3 rangs, allant des uniformes faibles à une étoiles à ceux – surpuissants – à trois étoiles, constitués de 30% de Fibres Vivantes. C’est d’ailleurs le conseil des élèves – la crème de la crème au service de Satsuki – que reviennent ces uniformes 3 étoiles, et ces derniers constituent un véritable rempart entre la présidente des élèves et la vengeance de Ryuko.

Les fans attendaient un jeu Kill la Kill à la hauteur ? Il est là.

Mais cette dernière découvre dans les décombres de l’atelier de son père un uniforme étrange doté de parole – le Kamui Senkentsu – qui oblige Ryuko à le porter pour se nourrir de son sang. En échange, il lui confère des pouvoirs incroyables car à la différences des uniformes de l’Académie, Senkentsu est fabriqué à partir de 100% de Fibres Vivantes.

A partir de là, Ryuko repart à l’assaut d’Honnōji et de sa terrible présidente Satsuki.

Spectaculaire, Kill la Kill IF tente de varier ses affrontements

C’est peu ou prou l’endroit où vous débutez la partie, alors que Ryuko défie une fois encore Satsuki et que celle-ci révèle posséder également un Kamui Junketsu. C’est lors de leur affrontement qu’apparaît la mère de Satsuki : la terrible Ragyō Kiryūin qui souhaite asservir l’humanité entière à l’aide des Fibres Vivantes.

Aidez Satsuki à débarrasser le monde de sa mère et des Fibres de Vie

Bref, un petite résumé s’imposait avant de s’attaquer au mode Histoire du titre, qui propose donc une histoire inédite écrite par le studio Trigger et mettant en avant Satsuki Kiryūin en héroïne principale lors de sa rébellion contre sa propre mère. Kill la Kill est une sorte de manga parodique des Shonen, mettant en scène des guerrière dénudées (qui ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi elles doivent être aussi déshabillées pour se battre), avec pas mal d’humour (Mako et sa famille par exemple, le Nudist Beach étant complètement absent de cette histoire) et surtout de l’action complètement débridée et des combats d’anthologie. En choisissant de mettre en avant Satsuki comme héroïne principale, Trigger propose une histoire complètement nouvelle et vue sous deux angles, puisqu’une fois le scénario de Satsuki terminé, vous débloquerez le scénario de Ryuko, suivant un cheminement identique mais d’un autre point de vue.

Le règne, c’est la délivrance

Concrètement, Kill la Kill IF se présente comme un jeu de combat en arène où vous devrez affronter un adversaire seul, mais aussi deux ou trois à la fois, en 1VS1VS1, voire carrément passer en mode Muso et trancher des centaines d’ennemis. Avec un bouton pour les attaques rapprochées, un bouton pour les attaques à distance, un pour les brise-garde et le dernier pour le saut, le gameplay est très intuitif et les combos s’enchaînent avec une grande réactivité, à coup de directions de sticks et d’enchaînements des boutons. Les combattants disposent de deux jauges distinctes : une de vie classique et une autre d’énergie, qui une fois pleine à moitié, donnera l’accès à 3 coups spéciaux à l’aide du bouton L1, qui seront des déclinaisons plus puissantes – et mises en scènes – des coups de base.

Un premier constat s’impose : c’est très fidèle à la série de Trigger, tant en termes de réalisation graphique que de mise en scène. On regrette dans un premier temps le faible nombre de personnages jouables10 si l’on compte les versions à deux mains de Junketsu et Senketsu – ainsi que le nombre d’arènes un peu limité compte tenu de la série, mais nous savons déjà que deux nouveaux personnages (Mako et Dotonbori Robo) viendront s’ajouter gratuitement par la suite. Le mode Histoire n’est guère très long, comptez deux fois deux heures pour avoir l’histoire alternative au complet avec en cerise sur le gâteau une forme inédite de Junketsu. Chaque personnage a heureusement ses propres spécificités que vous pourrez déployer dans le mode Défis, consistant à vider des arènes de Covers ou en des combats singuliers contre d’autres adversaires.

Les combats sont très violents et dynamiques

Chaque attaque spéciale est mise en scène et les combos s’enchaînent à toute vitesse. Si à première vue, le jeu propose peu de coups, c’est sans compter les combinaisons possibles au sol, dans les airs et à distance. Petit syndrome « Saint Seiya Soldiers’ Soul » ici, puisque l’IA est particulièrement sensible au brise-garde dans les airs, ouvrant sa garde sur de longs combos dévastateurs. On regrette également que la caméra soit en roue libre et décide de se placer au choix derrière votre combattant, mais aussi de l’autre côté de l’arène quand ça lui chante. On finit par s’y faire, mais globalement, cela n’aide pas à la lisibilité des combats, surtout que les attaques sont très rapides et que notre esquive dépend de la lecture de la préparation des coups ennemis.

La difficulté est en dents de scie

Pour rendre les combats encore plus spectaculaires, un mode Bloody Valor permet d’entrer en Clash façon Pierre-Feuille-Ciseau où chaque protagoniste a le choix entre 3 options, l’une l’emportant sur l’autre, mais étant détruite par la troisième, échange de coups dans lequel les adversaires règlent leurs comptes vocalement avant que l’effet ne se fasse ressentir. Le vainqueur de l’échange gagne le boost voulu au départ de son choix (dégâts, régénération de vie…) et gagne un boost de sa jauge de Ketsui, menant au déclenchement d’une attaque Ultime. Autant dire que la tension est à son comble lors de ces échanges, surtout contre un joueur humain (je suspecte l’IA de nous la faire à l’envers et de systématiquement choisir l’option qui contre la mienne).

Notons également aussi une courbe de difficultés à l’image de la cohérence narrative du tout : complètement flinguée. Certains combats vous demanderont beaucoup de patience et de maîtrise (au hasard : quand Ryuko doit affronter à la suite sans régénération les Membres du conseil ? L’affrontement final de Ryuko dans le scénario B ?), et on pourra trouver ça en rapport avec le matériaux d’origine si on était indulgent, moi j’ai trouvé ça frustrant sans véritable raison. Les musiques soutiennent aussi efficacement les combats, se voulant épiques, le tout bercé par les voix originales, et les fans pourront même aller s’amuser dans les galeries pour revoir les cinématiques débloquées et jouer avec un diorama pour mettre en scène leurs personnages préférés – à débloquer avec la monnaie du jeu récupérable dans les autres modes.

Conclusion

Les fans attendaient un jeu Kill la Kill à la hauteur ? C’est le cas avec Kill la Kill IF : scénario original, respect de l’oeuvre tant au niveau de l’histoire que de la réalisation, formes inédites, fan service, musiques au top… Oui le casting est un peu limité, mais comprend les combattants les plus intéressants; les arènes sont peu nombreuses et la difficulté joue au yo-yo, mais le résultat est là : ça clash dans tous les sens et le spectacle est assuré à tous les instants. On n’a pas la profondeur habituelle des jeux de combats Arc System Work, mais la réactivité des contrôles rend le gameplay très dynamique. On attend avec impatience de pouvoir jouer avec Mako dans quelques temps et de venir remettre le boxon à l’académie Honnôji !

Temps de lecture : environ 4 minutes

Kill la Kill IF

  • Développeurs Trigger / A+ Games
  • Type Combat
  • Support PS4, PC, Switch
  • Sortie 26 Juillet 2019
Kill la Kill IF à notre sauce
7/10
Kill la Kill IF à notre sauce
Y'a bon
  • Visuellement très fidèle
  • Les animations sont top
  • Un système de combat très réactif
  • Une histoire - IF - plaisante à suivre et variée
  • Des combattants très distincts en terme de gameplay
  • Une bande son qui dépote
  • Le fan-service partout
Beuuuuwark
  • Un peu chiche en contenu
  • Peu d'arènes
  • Peu de combattants
  • Élude pas mal d'éléments quand même
  • La caméra, reviens ici !
  • Une IA sensible aux même attaques
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    9/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    8/10
  • Contenu
    6/10
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Catégories
Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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