Saint Seiya Soldiers’ Soul

Que Dieu t’Asgard

Avec la nouvelle série animée prenant place en même temps que l’Arc Hadès, mais se déroulant à Asgard avec les Saints d’Or en armures divines, la licence Saint Seiya tente de faire “son Ikki” et renaît de ses cendres en brossant le fan dans le sens du poil. Car autant te le dire tout de suite, gentil lecteur, le rédacteur aux commandes de cette critique est un fan, depuis que Dorothée nous a fait grâce d’importer cette série chez nous. Pour autant, pas un fan aveugle et j’attendais ici un titre de bien meilleure facture que le très décevant Brave Soldiers, il y a deux ans.

Plusieurs flèches à son Arc

Car oui, Brave Soldiers avait des qualités, mais surtout une montagne de défauts impardonnables allant d’un roster de clones à une mise en scène pitoyable en passant par des combats d’une mollesse abyssale. Bref, pas de quoi se réjouir de l’annonce de ce nouvel opus.. et pourtant.

Shiryu ne manque pas une seule occasion de montrer son torse. POURQUOI ?

Shiryu ne manque pas une seule occasion de montrer son torse. POURQUOI ?

Dimps a revu sa copie pour ce que les médias appellent “le Brave Soldiers de la PS4”. Cette appellation m’a fait assez rire, j’avoue, car tout – ou presque – a été revu et amélioré pour ce qu’on peut nommer le meilleur jeu Saint Seiya sorti à ce jour.

J’exagère ? Je ne pense pas. Saint Seiya est sans doute la série la plus casse-gueule à adapter. Comment faire un jeu de combat d’une série qui au final ne règle ses affrontements qu’en une ou deux attaques, entrecoupées de longs dialogues ? En 10 ans, Dimps a eu la lourde tâche d’essayer de retranscrire la puissance de cette oeuvre du manga sans grand succès, mais il a peaufiné sa recette, jusqu’à obtenir une excellente adaptation, faute d’un jeu de combat irréprochable.

Les combats sont fidèlement reproduits, tous comme les décors quoi qu'on en dise

Les combats sont fidèlement reproduits, tous comme les décors quoi qu’on en dise

Car oui, Soldiers’ Soul emprunte une fois de plus ses mécaniques de combats à Cyber Connect et Naruto, mais en recopiant également le meilleur, à savoir le dynamisme des affrontements et un plus large éventail de possibilités. Tout n’est évidemment pas parfait, mais impossible ici de se sentir floué ou de ne pas prendre du plaisir à retracer les 4 arcs principaux de la saga, cette fois mis en scène avec le moteur du jeu (et non pas en immondes plans fixes), en japonais, dans une multitude de décors, et avec une foule de skins et de techniques.

4 arcs

Oui 4, je ne me suis pas trompé. L’Arc non-officiel d’Asgard est enfin jouable, retraçant fidèlement tous les combats opposants les Saints de Bronze aux Guerriers Divins d’Hilda de Polaris, qui rejoint donc l’assaut du Sanctuaire, Poseidon et Hadès. Et cerise sur le gâteau, ces Arc sont jouables dans l’ordre voulu ! Peu de Saints sont disponibles au début, mais ils se débloquent au fil de votre avancée dans le scénario, tandis que leurs variantes peuvent être achetées dans la boutique en échange de points de combats, glanés après chaque bataille. Petite nouveauté, il est également possible d’acheter des répliques de personnages, qui boostent l’une ou l’autre statistiques dans certains modes de jeu, des modèles 3D à admirer, les musiques, les différentes arènes et bien entendu, les nombreuses variantes de costumes (Seiya avec son armure reprise du manga – qui diffère de celle de l’animé – armure de bronze dorées, tenues d’entraînements, Marine avec ou sans masque etc…). Bref, il y a de quoi dépenser les points de combats si durement gagnés, et on touche ici un problème du jeu : tout coûte assez cher, et il faudra farmer tous les modes de jeu pour espérer débloquer le roster complet et les arènes (d’autant que les Kamui coûtent une blinde), et le mode nous permettant d’incarner les chevaliers d’Or dans leurs armures divines dans une série de défis est tributaire de l’achat – assez onéreux – de flambeaux, à dépenser à chaque combat. Bref, cela fleure bon les DLC payants permettant de tout débloquer, ou les flambeaux à acheter à 0,99€ sur le Store d’ici quelques semaines. Bandaï Namco, tu es un filou.

Tout le monde est là, en plusieurs versions, mais étonnamment sans réel doublon

Tout le monde est là, en plusieurs versions, mais étonnamment sans réel doublon

Les modes de jeu sont hyper classiques, allant des nombreux tournois avec différentes règles aux jeu en ligne en passant par les affrontements classiques… bref, à part le mode des Chevaliers d’Or (qui ne reprend pas la trame de Souls of Gold, je précise), rien d’original, mais du bien fait, hormis cette boutique aux prix un poil exagérés.

Taureau à la Taurine

Outre la mise en scène – perfectible mais enfin présente – les combats eux-mêmes ont gagné en dynamisme. Le Cosmos permet toujours de placer moult attaques tandis que les touches carré et Triangles servent respectivement de coup faible et coup fort, à combiner pour obtenir différents enchaînements. La garde, elle, est cantonnée à la touche R1. Mais rien de nouveau ici. Ce qui devient plus intéressant, c’est la touche rond, qui permet d’envoyer une petite déflagration de Cosmos pour briser éventuellement l’animation d’attaque de l’ennemi à distance. Et concrètement le Cosmos devient si important que sa gestion devient une véritable priorité durant les affrontements. En effet, une pression sur la touche L2 permet de charger son Cosmos, mais combinée à la touche X, elle permet de foncer vers l’adversaire – esquivant même certaines attaques à distance – pour lui asséner un coup et débuter un combo.

Du Sanctuaire à Hadès, tout est enfin là

Du Sanctuaire à Hadès, tout est enfin là

Vous êtes pris dans une attaque ennemie ? Pressée au bon moment et en échange d’un peu de Cosmos, esquivez les coups et déplacez-vous comme l’éclair un peu plus loin, dans une position favorisant la riposte. Mais la touche L2 sert aussi à charger des coups simples (carré et triangle) avec du Cosmos pour effectuer un brise-garde et envoyer voltiger votre adversaire au sol. Rajoutons à cela les attaques spéciales (R2+rond), au nombre de deux par personnages et la fameuse attaque Big Bang qui devient accessible quand la jauge du 7ème sens est remplie, et on obtient un gameplay plus complet, plus dynamique et plus réactif que dans Brave Soldiers. Cerise sur le gâteau, le combat se terminera également parfois sur une mise en scène directement tirée d’une case de manga, avec les “Kaboooom” en avant plan pour un final réjouissant.

"Bakoooom"

« Bakoooom »

Donc quand je lis que c’est une copie de Brave Soldiers, je ne comprends pas. Soldiers’ Soul est une adaptation fidèle, graphiquement réussie au niveau des personnages et des armures, proposant tous les environnements de la série (les temples, les différents lieux d’Asgard, les enfers…) certes plutôt simples graphiquement, mais au final ceci n’a aucune importance une fois le jeu en main. Ce qui fait tache par contre, ce sont les ombrages sur le sol, terminés à  la truelle et tranchant littéralement avec le rendu des armures.

Conclusion.

[dropcap]L[/dropcap]e meilleur jeu de Saint Seiya jusqu’ici ? Indubitablement. Dimps affine son gameplay, respecte la licence et propose aux fans le jeu de combat qu’ils attendaient. Complet, plus dynamique, plus varié, reprenant enfin tous les arcs dans un seul et même jeu, on pourrait pester contre les prix de la boutique, contre Athéna qui nous casse les pieds pour qu’on se relève à chaque fois qu’on perd (“Bordel Saori, il dort là, fous lui la paix !”), contre la caméra qui prend parfois ses libertés, contre cette IA qui a du mal à contrer des coups aériens ou contre un certain déséquilibre entre les protagonistes.

Mais au final, on s’amuse, on en prend plein les yeux et on constate avec joie que les possibilités de combats sont variées.

C’est bon Dimps, l’erreur Brave Soldiers n’est pas oubliée, mais tu es sur le bon chemin.

Saint Seiya Soldiers’ Soul

  • Développeurs Dimps
  • Type Combats de légendes
  • Support PS3, PS4
  • Sortie 25 Septembre 2015
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

[unordered_list style= »green-dot »]

  • Tous les arcs, enfin !
  • La modélisation des armures et personnages
  • Une mise en scène fidèle pour l’histoire
  • Un système de combat plus dynamique
  • des ABB repensées et plus accessibles

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Beuargh!

[unordered_list style= »red-x »]

  • Les prix prohibitifs de la boutiques porte ouvertes aux micro-transactions
  • Les ombres dégueulasses sur le sol
  • Les déséquilibres entre les personnages
  • L’IA très vulnérable aux coups sautés
  • Vous pourriez pas la fermer pendant les combats ?

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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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