Test : Ace Combat 7 Skies Unknown – Bleu fonçé

Au septième ciel !

On va être clair tout de suite : les simulations d’aviation, c’est très peu pour moi. La bonne nouvelle, c’est que ce nouveau Ace Combat 7 Skies Unknown n’est absolument pas une simulation d’aviation, mais à mes yeux une version suboostée d’After Burner ! Premier pas dans une série que je regardais de loin sans trop m’y intéresser, c’est à la faveur de son annonce au Playstation Experience 2015 (déjà !) qu’il a commencé à titiller ma curiosité. A l’heure du verdict, qu’en est-il dans les mains d’un novice ?

Vers l’infini et au-delà ?

Take my breath away

Bha oui, difficile de ne pas évoquer le classique Top Gun (1986) quand il s’agit de parler de pilotes de chasseurs en plein dogfights épiques dans les cieux ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans ce Ace Combat 7, qui se paye le luxe de proposer des conditions météos épatantes influant sur la gestion des combats tout en proposant un spectacle visuel certain.

Les effets météos sont saisissants visuellement et influent sur la stratégie et le gameplay

Pour être honnête, étant nouveau venu dans la série, l’histoire générale m’a un peu laissé sur le carreau. Il est question d’un conflit entre deux puissances dans un monde alternatif daté en 2019. Quand le royaume d’Erusea déclare la guerre à la fédération Oséenne pour prendre possession de l’ascenseur spatial international, véritable atout sensé capter l’énergie solaire de l’atmosphère pour la transférer aux centrales terriennes, 20 années après le crash d’un météore sur Terre. Craignant que Oséa ne se serve de ce monopole pour contrôler le continent Uséen, la princesse Eruséenne d’Elise déclare la guerre à Oséa en prenant le contrôle de l’ascenseur et des redoutables Arsenal Birds, de gigantesques transporteurs de drones destinés à la défense de la structure.

Vous incarnez le pilote Trigger, pilote Oséen et émérite de l’escadron Mage parti affronter les drones et reprendre possession de l’ascenseur spatial. Lors de l’une des missions, il est accusé d’avoir abattu un transport allié contenant une importante personnalité politique et est incarcéré pour meurtre. Transféré à la base aérienne 444, lui et d’autres prisonniers sont réquisitionnés pour tenir une base en état comme leurre pour l’ennemi, et sont également envoyés en missions suicides pour perturber les forces Eruséennes. Après tout, ils forment un groupe de criminels de guerre tenus en laisse par la justice Oséenne et leur vie n’a que peu de valeur.

Paradoxalement, si les combats sont présentés du point de vue de Trigger (que l’on ne voit pour ainsi dire jamais, véritable avatar pour le joueur), l’histoire nous est contée par une autre détenue, Avril, véritable as de la mécanique incarcérée pour violation des restrictions de l’aviation en temps de guerre après avoir été confondue avec un drone par les pilotes Oséen lors de l’attaque Eruséenne, tandis qu’elle effectuait un vol d’essai dans un prototype construit de ses mains. Dure à cuire, Avril va peu à peu s’intéresser au cas de Trigger suite aux différents succès en missions et aux rumeurs qui circulent sur son compte.

Si Trigger est votre Avatar, l’histoire est principalement vu du côté d’Avril la mécano

Niveau modes de jeu, Ace Combat 7 Skies Unknown la joue sobre mais efficace, avec un mode Campagne décliné en 25 missions scénarisées, un mode “Libre” pour tester ses avions tranquillement sur les très grandes cartes, et un mode multijoueurs d’affrontements en solo ou en équipe pour s’amuser entre amis en ligne. C’est plutôt léger, mais un accent a été mis sur la campagne pour que non seulement sa narration soit intéressante, ponctuée de cinématiques élégantes (la direction artistique est magnifique pour un jeu de ce type, avec de forts contrastes) mais aussi variée dans ses objectifs.

Les briefings sont très sobres également, voire un peu austères

Dans la peau de Trigger, vous sillonnez le ciel d’abord en héros, puis en tant que rebut dans des missions qui vous demanderont d’abattre des objectifs précis, d’échapper à des radars ou de protéger des alliés. Le déroulé est souvent identique, à savoir qu’on envoie votre escadron de bras cassés en mission pour le bénéfice des vrais héros de la guerre, à qui vous prémâchez le travail. Affaiblir une base, détruire des défenses anti-aérienne ou simplement… défendre votre position.

La narration se poursuit pendant les missions (avec des doublages anglais ou japonais) et les objectifs changent en cours de mission, si bien qu’il faut toujours être attentifs aux dialogues pour ne pas rater le nouvel objectif, synonyme d’échec de la mission et de retour au dernier checkpoint… si il y en a. Quoi de plus normal me direz-vous ? Le souci se pose justement sur les fameux sous-titres, bien traduits mais affichés non pas en bas de l’écran, mais dans la partie supérieure. Une gymnastique déjà inhabituelle pour nos yeux et qui nous force à quitter l’action – rapide – pour suivre les dialogues. Mais en plus, ces sous-titres sont écrits en blanc, ce qui les rend vraiment très peu lisibles, puisque – sauf en rares exceptions – ils sont donc superposés au ciel et aux nuages des décors. La seule solution consiste alors à mettre le jeu en pause pour consulter l’objectif en cours, solution fort peu ergonomique et qui nous sort complètement de l’expérience.

Ace Combat 7 Skies Unknown est une vraie réussite !

Car – et je ne pensais pas que ça serait le cas – on ressent vraiment l’adrénaline pendant les combats aériens ! L’une des thématique du jeu étant la confrontation entre les pilotes virtuoses humains et les drones, ces derniers peuvent gérer des déplacements qu’un véritable pilote ne saurait encaisser, ce qui donne des combat contre des machines relevés, puisqu’ils peuvent virer presqu’à angle droit pour esquiver vos tirs. Et ils ne sont pas non plus avares en missiles, car en plus de devoir gérer les combats, vous ferez souvent danser votre chasseur afin d’éviter de prendre des dégâts. On croirait d’ailleurs presqu’entendre les missiles siffler à nos oreilles !

L’apparition des majestueux Arsenal Birds est souvent synonyme de combats tendus

Et que dire des conditions météorologiques évoquées plus haut ? Il est en effet possible de profiter de la densité des nuages pour se camoufler, mais aussi esquiver les missiles. De la pluie viendra alors éclabousser votre cockpit et de la glace finira par se former sur votre avion si vous restez trop longtemps caché. Protéger des alliés dans des combats aérien par temps nuageux devient rapidement épique, les tirs se faisant alors à courte distance, votre avion transperçant les explosions ! Et quand l’orage s’en mêle et que la foudre déchire le ciel, le spectacle est non seulement fabuleux à regarder, mais aussi très dangereux, puisque les éclairs peuvent heurter votre chasseur et perturber ses instruments de détection.

Utilisez les PAM à bon escient pour débloquer des avions et améliorations

Certaines missions scénarisées vous imposeront ces délicates conditions, en y ajoutant des reliefs de terrain très accidentés et des affrontements relevés contre d’autres pilotes stars de l’armée adverse. Vous serez alors amené – au son de la bande-originale épique du jeu – à virevolter entre les pics rocheux pour y fracasser les missiles ennemis tout en tentant des manœuvres dangereuses et des loopings pour tenter de reprendre l’avantage. Subtilement scénarisée et ponctuée de petites cinématiques pour mettre en évidence une nouvelle menace (les majestueux Arsenal Birds par exemple) ou des manœuvres virtuoses des ennemis ou des alliés, la campagne solo est très agréable à suivre d’autant qu’elle est vécue par Avril et non Trigger directement.

Un casque sur les oreilles, la manette en main et les alertes fusant de toute part, le joueur s’engage alors dans des combats aériens intenses, sublimés par une prise en main très intuitive, même si on n’aurait pas craché sur un petit tutoriel qui nous indique par exemple que la touche Triangle (PS4) pouvait servir à passer d’une cible à l’autre – fonctionnalité pourtant décisive en combat et introduite nulle part. On pourra aussi regretter le manque de sensation quand notre avion est poussé à pleine vitesse, car sans véritable référent visuel, on ne se rend pas compte de la vitesse, quelques petites déformations visuelles auraient pu palier à cela.

Les séquences narratives sont intéressantes et sobres

Au fil des missions, le joueur gagnera des points PAM en rapport avec son degré de réussite, qu’il pourra dépenser dans l’équivalent d’un arbre de compétences pour débloquer de nouveaux avions et des améliorations pour ceux-ci, ainsi que de nouveaux types d’armes. Les missions étant différentes, il faudra faire preuve d’un peu de réflexion avant de dépenser ses points, puisque certains avions sont davantage taillé pour les missions de type Sol-Air tandis que d’autres excellent d’avantage en type Air-Air ou proposent un juste équilibre entre les deux.

Eviter les radars ennemis et récupérer un politicien ? Facile vous direz-vous…

Certaines missions imposant par exemple de réussir un score de destruction de bases ennemies en un temps limité, il conviendra de choisir un avion et des munitions adaptées, sachant qu’il est parfois possible – et indispensable – de repartir à la base en pleine mission pour se ravitailler et faire quelques réparation. Si les cartes sont immenses et proposent parfois de véritable reliefs, il est à noter qu’elles sont vraiment bien modélisée – même à faible altitude – mais c’est vers le ciel que vos yeux se porteront le plus souvent et ici, l’effet est saisissant, entre les jeux de lumière avec le soleil, les nuages, la pluie ou la foudre… on apprécie alors le mode Libre juste pour profiter d’en prendre plus sereinement plein les yeux.

C’est aussi ici que le mode multijoueurs trouvera une utilité même aux plus réfractaires, puisque chaque partie – même perdante – octroie au joueur son lot de points PAM en belle quantité pour l’aider à débloquer de nouveaux éléments et avions en mode solo. Une branche de l’arbre étant tout de même dédiée exclusivement au mode multijoueurs, chacun pourra donc profiter d’Ace Combat 7 à sa manière, en étant récompensé et pouvant évoluer quel que soit son mode de jeu préféré. Si il fallait le noter, les combats en multijoueurs sont également d’une rare intensité, bien plus complexes que contre l’IA et il va de soit que sans une parfaite maîtrise de votre coucou, vous allez difficilement pouvoir égratigner vos ennemis. Mais les défaites ne sont pas frustrantes, car après quelque secondes, vous êtes replongé au cœur de la bataille, l’adrénaline procurée par le jeu de chasse en plein ciel est décuplée en multijoueurs, et vous êtes de toute façon récompensé par des points d’amélioration !

VR-aiment prenant !

Un mot enfin sur le mode VR exclusif au PSVR, il s’agit de quelques missions dédiées séparées de la campagne principale et qui vous propulsent dans des joutes aériennes très immersives qui rappellent quelque peu Eve Valkyrie en plus intense… voire trop intense. Hyper maniable à la manette, l’expérience propose des combats fulgurants et des sensations grisantes, mais rappelle aussi que ce n’est pas pour rien qu’il faut un entraînement pour être pilote. Sans parler de la technique, ou des G que ces derniers doivent encaisser en plein vol, la nausée peut survenir et limite le nombre de partie à la chaîne. Mais quelles sensations de pouvoir suivre les ennemis des yeux en pleine bataille et de passer à travers la fumée noire après en avoir abattu un à quelques dizaines de mètres, en fonçant à toute allure !

Conclusion

Je ne partais pas spécialement excité au lancement d’Ace Combat 7 Skies Unknown, hormis l’attrait de ses quelques bandes-annonces qui avaient réussi à m’intriguer et me séduire avec sa direction artistique. Me voilà maintenant pressé de rentrer du boulot pour relancer une mission échouée la veille et ressentir à nouveau l’adrénaline des combats dans les airs et mettre au point de nouvelles manœuvres d’évitement toujours plus spectaculaires, à raz du sol ou entre les reliefs, voire en piqué depuis les cieux.

Si le scénario fait référence à des événements propre à la licence, sa narration est très bien menée et se révèle très prenante, même pour un novice ! Il est question d’honneur, de prouesses et de courage, de confrontations entre les générations mais aussi entre l’homme et la machine, un récite mené tambour battant et sublimé par une bande-son épique ! Si l’on peut sans doute regretter un peu le manque de modes variés, Ace Combat 7 Skies Unknown s’avère pourtant une vraie réussite technique et ergonomique et saura séduire les nouveaux venus comme les vieux briscards ! Messieurs, dames, à vos sièges !

Temps de lecture : environ 4 minutes

Ace Combat 7 Skies Unknown

  • Développeurs Bandaï Namco
  • Type Dogfights
  • Support PS4, PC, Xbox One
  • Sortie 18 Janvier 2019
Ace Combat 7 Skies Unknown à notre sauce
9/10
Ace Combat 7 Skies Unknown à notre sauce
Y'a bon
  • Une histoire bien menée et prenante
  • Visuellement très réussi, avec une DA très élégante
  • Les sensations durant les dogsfights
  • Une maniabilité accessible et très réactive
  • Le mode VR, jouissif (PS4 uniquement)
  • Les effets météos influent vraiment sur le gameplay
Beuuuuwark
  • Les sous-titres quasi-illisibles perturbent les missions
  • Le manque de ressenti de la vitesse
  • Peu de modes de jeux
  • Un vrai tutoriel aurait été utile pour certains aspects
  • Technique
    8/10
  • Esthétique
    9/10
  • Eronomie
    7/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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