Bhou que j’ai eu du mal à m’y mettre. Evidemment, cette fin d’année est excessivement chargée et il faut pouvoir accorder le temps qu’elles méritent à toutes ces productions. Aussi, cette critique de Root Letter arrive un peu tardivement. Penchons-nous alors ensemble sur cet étrange Visual Novel sur console portable… et de salon.

Lettre perdue

Vous allez rencontrer du (beau) monde. Mais vous aideront-ils ?
Vous allez rencontrer du (beau) monde. Mais vous aideront-ils ?

Vous incarnez Takayuki, âgé d’une trentaine d’années, venu remettre un peu d’ordre dans sa chambre d’adolescent chez ses parents. C’est alors qu’il retrouve une courte correspondance qu’il a eu 15 ans plus tôt avec une certaine Aya Fumino, et qui s’est brutalement arrêtée sans raison au bout de 10 lettres.

Mais en fouillant un peu plus, il met la main sur une onzième lettre, qu’il n’a jamais lue, dans laquelle Aya lui avoue qu’elle a tué quelqu’un et qu’elle devra en assumer les conséquences. Il n’en faut pas plus à notre héros (que vous pouvez renommer) pour partir dans la petite ville de Matsue retrouver sa correspondante… Mais ça ne sera pas si simple.

Là où on attendait le jeu comme un VNovel romantique et convenu sur un jeune homme parti retrouver un amour d’adolescence, Root Letter parvient rapidement à nous surprendre et à renouveler son intérêt en prenant un chemin inattendu et mystérieux. En effet, une fois arrivé à Matsue, la maison d’Aya n’existe plus et personne ne semble prompt à vous donner les informations nécessaires à y voir plus clair. Et certainement pas ses amis d’enfance.

Lors de vos échanges, Aya vous a parlé de 7 camarades de classe, auxquels elle a donné des surnoms pas toujours sympathiques (on passera rapidement sur “Four Eyes” pour remarquer une “Talky Bitch”… sympa, Aya, sympa…) qu’il vous faudra retrouver en enquêtant dans la petite bourgade réelle de Matsue. Un guide touristique vous sera d’ailleurs remis très vite afin de pouvoir en apprendre plus sur les lieux que vous visitez, seuls les faits et personnages du jeu étant fictionnels.

Matsue dispose de nombreux lieux à visiter
Matsue dispose de nombreux lieux à visiter

On remarque aussi que pour un VNovel, Root Letter impose des illustrations de qualité, qui aide à se projeter dans la petite ville japonaise. On n’en dira pas autant du thème principal, utilisé à outrance lors de vos déplacements et relancé à chaque changement de lieux.

La jeune fille et l’eau

Tout VNovel qu’il soit, Root Letter trouve rapidement un rythme très prenant, alliant discussions jamais trop longues (mais en anglais) et révélations toujours plus intrigantes qui nous pousse à vouloir en savoir plus. Le comportement des 7 amis d’Aya ne fait d’ailleurs rien pour nous dissuader, car tous nient l’avoir connue et semblent très nerveux à l’idée de l’évoquer. Tout le jeu est donc de mener l’enquête lieux après lieux, rencontres après rencontres pour obtenir le plus d’informations possibles et forcer les 7 protagonistes principaux à révéler ce qu’ils savent.

Root Letter parvient rapidement à nous surprendre et à renouveler son intérêt

On plonge alors dans un véritable jeu d’enquête où rien ne semble aussi simple qu’il n’y paraît. Que s’est-il passé il y a 15 ans ? Qui est Aya ? Qui est mort ? Loin du jeu de romance attendu, Root Letter propose une enquête certes posée par son ambiance sereine et sa musique douce, mais passionnante et très bien rythmée.

On a connu mieux comme accueil...
On a connu mieux comme accueil…

Une fois que vous aurez identifié un ancien camarade d’Aya, vous pourrez alors passer en phase d’interrogatoire, où – à la façon d’un Ace Attorney – vous devrez démonter les mensonges de votre interlocuteurs grâces aux preuves accumulées pendant votre enquête, le forçant alors à vous lâcher des bribes d’information. En pratique, vous avez 5 “vies” qui représentent les échecs possibles avant de relancer entièrement la séquence. Ecoutez bien ce que vous raconte le suspect et utilisez les objets ou informations en votre possession pour le contredire et affirmer les faits. 

Les séquences d'interrogatoires révèlent beaucoup de choses
Les séquences d’interrogatoire révèlent beaucoup de choses

A certains moments, votre personnage passera en « Max Mode » (Max étant le surnom du héros, car il estime toujours devoir faire le maximum dans ce qu’il entreprend) qui permet de choisir une phrase assassine parmi plusieurs, celle qui pique là où il faut pour mener l’interrogatoire vers un autre niveau. On peut d’ailleurs regretter que le jeu soit à ce niveau très dirigiste puisqu’une seule affirmation est la bonne sans nuance possible. En cas d’échec ici aussi, on reprend la séquence depuis le début, rien de bien compliqué.

Pris en flag’

L’interface du jeu reste sobre, avec diverses options à la droite de l’écran, vous permettant de changer de lieux via la carte de la ville, inspecter les décors, poser des questions aux personnes présentes, utiliser un objet de l’inventaire, réfléchir (ce qui vous donnera souvent un indice sur ce qu’il reste à faire, ou débloquera une situation demandant un peu de réflexion), utiliser le guide touristique et enfin utiliser le smartphone (l’équivalent des options du jeu, pour sauvegarder et charger la partie). Dommage que le smartphone soit si inutile en terme d’histoire, car le héro ne s’y référera jamais pour lancer une recherche ou passer un appel. Il ne s’agit que du menu « Options ».

Niveau interface, c'est simple et clair
Niveau interface, c’est simple et clair

Comme tout bon VNovel qui se respecte, Root Letter possède plusieurs embranchements menant à diverses fins. Ces modifications de route s’opèrent à la lecture des diverses lettres d’Aya de l’époque, qui vous donnent également beaucoup d’informations utiles pour retrouver ses camarades. A chaque fin de lettre, Aya vous adresse un post-scriptum dans lequel elle vous pose une question. Vous vous remémorez alors votre réponse à sa lettre et il vous est possible de choisir deux phrases entre plusieurs propositions pour répondre à ce post-scriptum. C’est bien là que s’opèrent les embranchements qui vous mèneront à l’une des 5 fins du jeu.

Conclusion

A la fois édité sur PS4 et PSVita, on vous recommandera plus chaudement la version portable, plus adaptée au Visual Novels, qui peuvent se déguster n’importe où. Dans le genre, on n’atteint pas le niveau de l’excellent Steins;Gate, mais pas loin en terme de qualité et d’écriture. Root Letter surprend et opte pour un rythme soutenu tout en nous intrigant de plus en plus avec son histoire mystérieuse et sa galerie de personnages. Une fois les premières vingt minutes passées, il devient difficile de lâcher la manette et si l’on passe le cap du manque de localisation en français et sa bande sonore un peu trop lancinante et répétitive, on se retrouve avec un excellent VNovel qui trouvera sa place aux côtés de Steins;Gate et Danganronpa.

Root Letter

  • Développeurs Kadokawa Games
  • Type Visual Novel
  • Support PS4, PSVita
  • Sortie 28 Octobre 2016

Y’a bon!

  • Visuellement très réussi
  • Une histoire étrange et bien rythmée
  • Des personnages intrigants
  • Les phases d’interrogatoire
  • Les différents chemins déterminés par les lettres

Beuargh!

  • Le thème principal surexploité…
  • … et lancinant !
  • Le héros commente vraiment trop de choses…
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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