Omega Quintet : 5 filles au Blaire

Après avoir personnifié de façon plutôt originale la guerre des consoles avec la série des Neptunia, Idea Factory remet le couvert avec Omega Quintet en adaptant un autre concept propre au Japon : Les Idols.

Idols will save the World

Omega Quintet prend donc place dans un monde ravagé par une étrange brume pourpre nommée “The Blare” qui permet à des créatures sanguinaires d’apparaître pour dévorer des humains. La brume s’est tellement étendue qu’elle a ravagé le monde entier et qu’une seule petite portion subsiste. Pour repousser les incursions des monstres et fermer les failles, l’ordre des Verse Maidens a été mis en place. Capable pendant quelques années d’invoquer de puissants sorts et de dissiper le Blaire à l’aide de leur voix, les Verse Maidens sont adulées par la population à laquelle elles redonnent espoir. Seulement aujourd’hui, la seule encore en activité, Miss Momoka, voit ses pouvoirs décroître, et est forcée de mettre sur pied une équipe de débutantes pour reprendre le flambeau…

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Ne vous fiez pas à son apparence, Momoka est une vraie peste.

Seulement voilà, si Momoka possède un fan-club gigantesque, c’est qu’elle sait donner le change devant les caméras. Chaque intervention de Verse Maidens est en effet filmée en direct et commentée par son manager Ayumi. Douce et avenante en apparence, Momoka cache un caractère égoïste et colérique, refusant que d’autres Verse Maidens, pourtant prêtes à la seconder, interviennent lors des affrontements. Les pouvoirs des Verse Maidens étant limités par leur âge, et même si elle fait tout pour le cacher, Momoka a atteint sa limite et se voit forcée de former de nouvelles recrues… et de les faire connaître au public ! Le scénario s’attarde sur la jeune Otoha, obnubilée par l’idée de devenir une Verse Maiden malgré ses piètres capacités vocales. Lors d’une intervention de Momoka qui tourne mal, elle dévoile cependant des capacités hors-norme pour sauver la vie de son ami d’enfance, Takt et se voit ainsi embauchée par Ayumi, qui voit le jeune garçon comme son propre successeur à la tête de l’équipe.

Omega Quintet Style

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Les chapitres sont découpés comme une petite série télé, avec leur générique

En bon Visual Novel, Omega Quintet abreuve le joueur de dialogues, parfois ad nauseam, démultipliant les conversations anodines. Certes, cela étoffe un peu les personnages, le background général et les relations entre tout ça, mais on arrive ici à une telle saturation qu’on en vient rapidement à passer tous les dialogues pour enfin avoir une petite phase de gameplay. Ces phases de dialogues peuvent intervenir à tout moment lors de déplacements ou de changements de zone, et d’autres – heureusement facultatives – sont à activer au QG (“Office”) des Verse Maidens. Ce QG contient bien entendu le bureau du Manager, les chambres des filles, un bureau pour activer les quêtes, un autre pour acheter du contenu principalement vestimentaire pour nos guerrières, un troisième pour les appliquer et une application dédiée à la fabrication et à la réparation des équipements. Car oui, les vêtements des héroïnes s’usent à force et peuvent même être détruits en plein affrontement (Nous sommes heureusement loin de Senran Kagura). Une zone d’entraînement est disponible directement pour augmenter le niveau des filles dans un labyrinthe dont l’ouverture des portes est conditionné par des objets obtenus en combat. Un dernier mode – nommé “PVS” – est rapidement accessible aussi, mais j’y reviendrai plus loin.

Mais Omega Quintet n’est pas seulement un Visual Novel, c’est aussi un JRPG au tour par tour (miracle !), et le premier d’Idea Factory sur Playstation 4 !

Les Artworks sont très jolis et ne sont pas statiques.
Les Artworks sont très jolis et ne sont pas statiques.

Oui, je tiens à le préciser, car graphiquement, on reste toujours dans la même veine des Neptunia, avec ses jolis Artworks 2D pour les dialogues et des environnements – certes d’une belle taille – taillés à la serpe pour les phases d’exploration. Quelques cutscenes viennent ponctuer ça et là l’aventure, mais la majorité des interactions se font via les dialogues et quelques images fixes. Rien de très folichon, il faut le reconnaître. Cependant, le titre se démarque par un système de combat intéressant, mais à mon sens inutilement complexe.

A la manière des plus anciens JRPG, les combats se déroulent au tour par tour, avec un système rappelant un peu Final Fantasy X : vos 5 héroïnes du côté droit de l’écran, et les monstres du côté gauche, sur plusieurs lignes, et une “timeline” affichant l’ordre de passage des héroïnes et des monstres. Il est effectivement possible de positionner ses personnages sur 3 niveaux de profondeur, influençant alors les dégâts, car chaque arme est associée a une portée et une efficacité différente suivant la profondeur des ennemis. Certaines armes seront plus efficaces sur les lignes éloignées ou au contraire proche, avec des malus de dégâts en cas d’attaque sur des lignes moins optimales. Chaque fille pouvant équiper n’importe quelle arme et pouvant être customisée jusque physiquement, on a de quoi créer de toute pièce son équipe de rêve pour les combats les plus ardus.

De nombreuses données sont à prendre en compte dans les combats... un peu trop même.
De nombreuses données sont à prendre en compte dans les combats… un peu trop même.

Aux attaques physiques s’ajoutent deux types d’attaques spéciales : la Magie et les “Mic”. Si les premières peuvent être communes à toutes et dépendantes de l’arbre de compétences déverrouillé au fil des niveaux, les attaques “Mic” sont elles dépendantes de l’arme employées et ne peuvent être sélectionnées qu’à condition d’avoir équipé l’arme en question. Chaque attaque ou capacité de défense est affiliée à un élément, auquel les ennemis seront plus ou moins sensibles (ce qui est visuellement indiqué), et il est possible de chaîner certaines techniques (une attaque feu peut avoir la capacité “Link” liée à un autre élément, qu’il sera intéressant d’enchaîner directement) pour maximiser les dégâts. Chaque personnage – allié comme ennemi – a un nombre de coups par tour précis qui pourra évoluer en cours de combat suite à l’excitation causée par l’affrontement. Au plus un combat dure longtemps, au plus les personnages peuvent utiliser d’attaques par tour, mais attention, car la jauge SP utile à lancer des sorts se vide rapidement et ne se recharge qu’au retour au QG où au moyen de boissons vitaminées qu’il est possible d’acheter ou de récupérer après les combats.

Combattre avec Takt et doigté

Takt ne peut pas être joué directement, mais il peut être associé à l’une des Verse Maiden pour lui venir en aide pendant les combats. Ainsi, chaque attaque d’une héroïne peut être suivie d’une attaque de Takt, plus faible, mais qui a l’avantage de retarder le tour ennemi. De la même façon, il peut protéger l’héroïne à laquelle il est affilié en réduisant ses dégâts. Néanmoins, les actions par combat du jeune garçon sont limitées à un certain nombre (qui augmente au fil des niveaux) et il peut également s’en servir pour aider ses Idols à lancer une attaque “Harmonic” qui – si les conditions sont remplies – permet à toutes les filles de lancer leurs attaques l’une après l’autre ! Pour peu qu’on ait économisé les interventions de Takt et que le combat se fasse tendu contre un boss, le mode Harmonic peut clairement donner un coup de pouce. Le “Concert Mode”, enfin, permet à toutes les filles de profiter d’une augmentation certaine de leurs statistiques pendant une durée limitée, conditionnée par la hauteur de la jauge d’excitation susnommée, la vidant graduellement.

Chaque niveau gagné octroie des points à dépenser sur un damier de compétences qui sera commun – ou presque – à toutes les héroïnes. On se retrouve alors assez rapidement avec une foule de techniques à employer dont on ne se sert au final que rarement, exceptées celles capables de toucher plusieurs ennemis à la fois. Enchaîner les coups normaux et utiliser Takt pour retarder les attaques ennemies fonctionnant à merveille pour la plupart des combats, l’utilisation des Skills ne sert en grande partie qu’à se soigner ou augmenter ses statistiques un bref instant, mais on aura d’avantage intérêt à les préserver pour les combats de boss jalonnant l’aventure.

Chaque niveau apporte son lot de bonus, aux filles comme à Takt.
Chaque niveau apporte son lot de bonus, aux filles comme à Takt

La carte du monde est assez vaste, néanmoins, la progression est assez laborieuse. Il est possible à tout moment d’aller se promener dans diverses zones dangereuses, mais là encore, la progression est balisée aux capacités obtenues. Chaque fille possède un pouvoir qui permettra au groupe de déverrouiller des portes, de sauter très haut ou de passer à travers des barrières, mais ces capacités sont découpées en niveau et il n’est pas rare de croiser une barrière nécessitant un niveau plus élevé pour progresser, rendant la progression terriblement linéaire, mais permettant de découvrir progressivement les différents lieux. Ce qui fait qu’on les arpente très souvent. Les nombreuses quêtes annexes (du Fed-Ex pour la plupart) vous demanderont de revenir souvent dans les zones déjà visitées pour tuer un certain type de monstre, un boss ou récolter des objets spécifiques. La boussole s’avère ici d’ailleurs assez bien pensée, puisqu’il est possible d’afficher la carte complète des zones découvertes pour éviter de se perdre, mais aussi d’y afficher les objectifs annexes, pour éviter de tourner en rond. La progression du scénario principal vous obligera souvent à accomplir des missions banales avant de débloquer la suite de l’histoire, tant est que les quêtes annexes ennuyantes se mêlent à l’histoire principale jalonnée de dialogues…

PVS

Le jeu se voulant une transposition de la vie d’Idols japonaises plus poussée qu’un simple Dating Sim, avec la “péremption” des chanteuses, remplacées par des plus jeunes, des fans clubs, de l’audimat et “Premiers pas” devant le public, les Verse Maidens pourront aussi – dans un mode complètement annexe – se produire en concert dans le mode PVS dédié. Divisé en plusieurs phases, ce mode permet en fait de réaliser un petit concert avec les 5 Verse Maidens en paramétrant les angles de caméra, les chorégraphies de chacune, voire même d’utiliser la Playstation Camera pour inclure votre salon à la scène du spectacle. Personnellement, je trouve ce mode amusant, d’autant que la découverte des chansons est entre-autre liée à l’utilisation du “Concert Mode” pendant les combats, et permettra aux Fans d’Idols virtuelles (et il y en a) de partager leurs concerts personnalisés en ligne.

Coooonclusion. Je dis non! Mais un Avis, je dis OUI!

On ne peut pas parler d’indispensable avec Omega Quintet, la nouvelle génération de console permettant ici des environnements plus grands, et des temps de chargements quasi instantanés durant toute la partie. Si les Artworks sont joliment dessinés et vivants, la surenchère de dialogues – tenant presque du running gag – plombe une progression déjà pas très avenante avec son système de missions. Pourtant, les possibilités sont là pour ceux qui veulent investir leur temps à concevoir une équipe parfaite et à la personnaliser jusqu’au bout des ongles. La multiplicité des possibilités de gameplay et des techniques n’est cependant pas ici synonyme de richesse, mais on est tout de même heureux de pouvoir gérer ses combats de façon plus stratégique grâce au tour par tour. A réserver aux Fans de Neptunia qui voudraient arpenter une métaphore des Idols japonaises… en attendant peut-être une suite ?

Omega Quintet

  • Développeurs Compile Heart
  • Type JRPG
  • Support PS4
  • Sortie 04 Mai 2015

Y’a bon!

  • Le concept des Idols
  • Le système de tour par tour
  • Les grands environnements
  • Les Artworks
  • Les Concerts

Beuargh!

  • Beaucoup trop bavard pour rien
  • Techniquement limité
  • Système de combat trop compliqué
  • La progression saccadée par le système de missions
  • L’univers musical finalement très en retrait
  • Le « Concert Mode » en combat un peu décevant…
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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