Nuclear Throne

Nuclear Throne et le vertige de l’échec infini

ou la souffrance comme passe-temps

Quand j’ai écrit ma critique de Nuclear Throne il y a quelques mois, j’ai évoqué la difficulté d’atteindre l’objectif du jeu : s’asseoir sur le trône éponyme. J’ai pondu cette critique avec quelques 70h de jeu dans les pattes, mais surtout une frustration : celle de n’avoir pas pu terminer une run victorieuse. Je viens tout juste de dépasser la centaine d’heures sur Nuclear Throne, et je suis désormais fier de voir dans mon tableau des stats le petit chiffre 1 à côté du mot “wins”.

Nuclear Throne

Hail to the king baby !

Quel sentiment, que celui d’être enfin venu à bout d’un jeu, de ses pics de difficulté retors et de ses boss infernaux. Nul besoin que j’énumère à nouveau les atouts de Nuclear Throne qui font du jeu de Vlambeer un chef d’œuvre de l’année 2015, vous les trouverez soit en lisant la critique sus-nommée soit manette en main. Et c’est bien en y jouant qu’il est possible d’éprouver toute l’ambiguïté de sentiments que procure Nuclear Throne.

Tout au long de ma croisade contre cette chaire gangrenée, je n’ai eu de cesse de me demander, dans les moments les plus douloureux : “Y arriverai-je jamais ? Ne suis-je pas voué à échouer encore et encore, au pied du trône, balayé par la danse macabre des centaines de projectiles fluorescents qui pleuvent sur ma pauvre carcasse ?”. J’ai douté. Beaucoup. Comme lorsque Downwell me donnait du fil à retordre, quand il ne m’offrait pas même la chance d’entrevoir ses niveaux aquatiques, et ce qui se tapissait encore dessous.

Chaque run de Nuclear Throne fût entourée d’une aura toute particulière, celle de la possible bonne run. Un frisson unique me parcourait l’échine, celui que je n’y arriverais peut-être jamais mais qu’au fond, un peu de détermination finirait par payer, comme elle m’a fait faire plier Downwell que je boucle désormais une fois sur trois.

Mais ce frisson à double tranchant vaut toutes les transes aveugles et les frustrations que Nuclear Throne sait donner à son joueur. Même si c’est un frisson propre au rogue-like et qu’il m’est arrivé de douter sur FTL: Faster Than Light par exemple, je dois dire que l’espoir en moi s’était bien amaigri au bout de cette centaine d’heures de jeu. J’ai bien failli verser une larme devant le générique de fin, et j’ai hurlé “merci !” intérieurement au moment des remerciements des développeurs. Mais quelques secondes plus tard, j’étais déjà en route vers mon second règne, que je savais plus que jamais à ma portée.

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Rédacteur sous perfusion de jeux alternatifs et obsédé par ceux qui se cachent derrière. Ce sémillant individu attend sans sourciller la sortie de Red Dead Redemption sur PC en goûtant des bières belges les fesses posées sur la selle de son vélo. Accessoirement dépendant à Grand Theft Auto V.
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