Y’a un truc avec Farming Simulator 17, mais je parviens difficilement à mettre le doigt dessus. Il faut savoir que je suis un profane complet en ce qui concerne cette série, mais l’engouement qu’elle provoque à chaque nouvel épisode a eu raison de ma curiosité, et j’ai moi aussi sauté le pas. Si vous aussi vous êtes perplexe devant ce titre, essayons de comprendre cela ensemble. Je m’excuse par avance auprès des connaisseurs de cette licence.

Epicness

Dis-moi ça a l’air épique ton jeu”, balance ma femme d’un ton amusé en passant devant l’écran alors que défile la cinématique de lancement mettant en avant les tracteurs et autres engins agricoles. L’effet y est, et c’est plutôt bien fichu. On nous demande alors de choisir l’une des deux régions disponibles, la première – Goldcrest Valley – est typée campagne américaine avec sa zone forestière et sa petite ville typique, tandis que la seconde est nommée Sosnovka et se situe davantage dans les pays de l’est. Pas de réelle différence entre les deux si ce n’est l’ambiance. Chacune des carte vous proposant votre coin de ferme, divers champs annexes pour vous agrandir à terme et une petite bourgade proche pour aller vous ravitailler et vendre votre production. Et une dette colossale qu’il faudra rembourser, véritable moteur du jeu.

Me voilà dans les ennuis quotidiens d’un agriculteur.

On ne soupçonne pas les paramètres à régler pour en arriver là
On ne soupçonne pas les paramètres à régler pour en arriver là

Alors – et je m’adresse à toi, lecteur qui découvre aussi cette licence – il y a quelque chose de fascinant à jouer à Farming Simulator, quelque chose de reposant et d’hypnotique. J’avoue passer à côté de l’aspect “skin” et “pro” des licences présentes, aussi, je suis le rapide tutoriel qui m’apprend les bases de l’agriculture, de l’ensemencement à la vente en passant par la récolte. La possibilité d’embaucher des ouvrier dédiés à des tâches spécifiques est d’ailleurs appréciable pour tous ceux qui souhaite avancer un peu plus vite, histoire de ne pas laisser sa ferme en plan le temps d’aller vendre la récolte. L’IA est d’ailleurs assez limitée à ce niveau puisque le moindre obstacle bloquera sa course, tout comme le fait d’avoir son chargement plein, vous demandant alors d’aller le vider vous-même avant de le transférer dans les greniers dédiés.

Il y a quelque chose de fascinant à jouer à Farming Simulator

Ne faites point l’erreur de vous étendre trop vite, car tout ouvrier ou ressource à planter coûtent bien entendu de l’argent. Les champs environnants attendront patiemment leur acquisition quand le besoin se fera sentir et que vous gérerez à coup d’automatismes votre ferme de départ.

Somewhere over the Rainbow…

Il y a même des Mods - limités - sur console
Il y a même des Mods – limités – sur console

Vendu comme cela, on pourrait se demander pourquoi Focus Home Interactive a décidé de porter le titre sur consoles, avec qui plus est un support de Mods (limité tout de même, puisque devant être approuvés). La licence Farming Simulator reste pour ma part un mystère. On apprenait il y a peu que cette version 2017 s’était écoulée à un million d’exemplaires le premier mois, un score que vient à peine d’égaler le récent Dragon Quest Builders, une licence qui génère en général un engouement certain, en deux fois plus de temps.

Complètement dépourvu d’une quête principale ou d’un scénario, Farming Simulator 17 vous laisse seul aux commandes de votre exploitation que vous gérez comme il vous semble. Si vous préférez batifoler dans le foin ou partir vous promener toute la journée, tel un hipster des campagnes et laisser les dettes s’accumuler, c’est votre choix et rien ne viendra vous sanctionner. Il s’agit ici d’un pur bac à sable, entre vous et vos champs. Bien entendu, plus vous progressez, plus vous pouvez investir dans du nouveau matériel, élargir votre production, animale comme végétale et donc rentabiliser votre ferme au mieux.

Aidez votre prochain ?
Aidez votre prochain ?

Quelques missions spécifiques pourront toutefois être déclenchées, vous demandant de réaliser une tâche précise en un temps donné, principalement pour vous faire la main sur du matériel que vous ne possédez pas encore (et en voir l’utilité) ou gagner de l’argent. Le tutoriel est bien suffisant pour débuter la partie, mais sachez néanmoins que nombres de nuances et de spécificités sont décrites dans les menus d’options, et même si c’est plus rébarbatif à lire, n’hésitez pas à vous y plonger quand vous avez l’intention de vous lancer dans quelque chose de nouveau.

Farming Simulator 17 se résume au final à 3 type d’occupation principales : la culture, l’élevage et la gestion financière pure. Chacun de ces aspect a été poussé très loin à coups de statistiques et données à interpréter pour évoluer au mieux – ce qui laissera sans doute le nouveau public sur console sur la touche, peu habitué à avoir de gros jeux de gestion. Le bon côté, c’est qu’on comprend du coup un peu mieux les misères et problèmes rencontrés par les agriculteurs – et on bénit le fait que la politique ne soit pas représentée. Autre possibilité sympathique pour gérer au mieux son budget : la location de véhicule. Si vous avez besoin ponctuellement d’une machine agricole, louez-la au besoin, cela vous aidera à maintenir vos finances !

Débrouilles-toi, t’as le choix

Aspect amusant, on peut se la jouer bûcheron et utiliser des semi-remorques voire des trains de marchandises pour porter sa cargaison à la scierie. A moins que vous ne préfériez gérer des animaux comme les poules, moutons, les vaches ou les cochons ! C’est bête, mais la multiplicité des activités et des moyens de gestion est telle qu’il est aussi facile de se perdre que de trouver le bon filon d’exploitation – le tout sans pression et avec plaisir.

Investir reste le meilleur moyen de gagner de l'argent... #nonàlaustérité
Investir reste le meilleur moyen de gagner de l’argent… #nonàlaustérité

Côté graphique, c’est très propre, sans réellement de cachet, mais visuellement très satisfaisant, surtout côté machines, dont un très grand nombre de marques réelles ont été reproduites. N’étant pas fan de machinisme agricole, j’ai cependant été assez surpris du soin apporté à chaque machine et à leur utilisation, où chaque aspect est mis en place, de la conduite à la pose de harnais, au remplissage des réserve en passant par chaque étape de montage d’accessoires. C’est idiot, mais on apprend comment les choses fonctionnent, et pour peu que vous soyez curieux, tout ceci se révèle très intéressant. Et que les fans soient rassurés : nous avons ici 250 machines modélisées jusque dans le cockpit avec un souci du détail plaisant.

On regrette tout de même quelque peu d’être lâché si vite “dans la nature” avec seulement les concepts de base. Une campagne d’apprentissage en plus du mode bac à sable aurait permis l’introduction de nombreuses subtilités nécessaires pour les joueurs néophytes désireux d’un excellent simulateur. L’absence d’objectifs, de missions ou de connaissances réelles du domaine laisse quelque fois les joueurs livrés à eux même sans trop savoir quoi faire, si ce n’est répéter les actions du tutoriel de base, se privant alors de nombreuses fonctionnalités.

Conclusion

Alors qu’on râle parfois en suivant un tracteur sur la route dans la vie réelle, on se surprend à être incroyablement détendu à la conduite de celui-ci sur les petites routes menant à la ville. Oubliez toutefois ce jeu si vous êtes du genre à avoir l’œil sur l’horloge ou peu de temps à y consacrer, parce qu’il s’agit ici de faire les choses dans l’ordre, de gérer une ferme sur tous ses aspects, de prendre le temps de se poser et de profiter du calme de l’ensemble. Certains font du coloriage, d’autres démontent et remontent des trucs, ici on gère une ferme sans réellement de stress, en prenant le temps de comprendre comment les choses fonctionnent… c’est étrangement relaxant, on y revient souvent “juste pour voir un truc” et on y repasse des heures sans trop savoir pourquoi… quel étrange jeu !

Farming Simulator 17

  • Développeurs Giants Software
  • Type Simulation agricole
  • Support PS4, PC, XBox One, Mac
  • Sortie 25 Octobre 2016

Y’a bon!

  • Une simulation très complète
  • Deux grandes cartes bien construites
  • C’est assez joli
  • 250 véhicules
  • Le système de location, le gain d’argent
  • la diversité des exploitations possible
  • Engager des ouvriers, le gain de temps
  • Les mods, même sur console
  • Hyper relaxant

Beuargh!

  • Il manque une campagne complète d’apprentissage
  • On est lâché trop vite
  • On choisit son sexe sans autre implication que visuelle
  • Trop peu de différences entre les deux cartes
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A propos de l'auteur Voir les articles

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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