Cela peut sembler anodin mais lorsquon achète un jeu, lune des premières choses qui nous frappe est son emballage. Et si le contenu (le jeu) a évolué, son contenant aussi a bien changé.

Eh oui, on n’y pense plus tant cela semble naturel, mais les jeux vidéo ont toujours été contenus dans des boîtes (quel scoop!).  Et force est de constater que les boitiers de jeux ont évolué avec le temps, ne serait-ce qu’au niveau design. A l’époque des premières consoles de salon (Atari, Amstrad, etc) c’était la fête des couleurs et des illustrations criardes. Des boîtes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel aux dessins aguichants ornaient les étals, transformant les rayons des magasins en véritable gang-bang visuels. Car si la boîte sert avant tout à contenir le jeu, elle servait aussi, à cette époque, d « argument » de vente.

Les plus jeunes ne sen rappelleront sans doute pas mais, dans ces temps obscurs, Internet n’existait pas (en tout cas, il n’était pas présent dans chaque foyer). Rares étaient les magazines de jeux vidéo et plus encore les émissions télé traitant de notre loisir favori. Du coup, pour se faire une idée d’un jeu, le joueur en était souvent réduit à se fier à la boîte. Autant dire que le choix de l’illustration se révélait donc primordial. Il fallait attirer l’oeil du client et lui vendre du rêve, quitte à tricher un peu. Les consoles étant fort limitées techniquement à cette époque, pas question de les orner des graphismes réels du jeu ! Il fallait en foutre plein la vue, le principal étant que le jeu trouve preneur et pour ça, toutes les astuces étaient bonnes, même les moins reluisantes. La part belle était donc donnée aux illustrations qui en jetaient et aux textes d’ambiance racoleurs (et mensongers).

80s video games

C’est au milieu de tout ce chaos visuel que surgirent 2 nouveaux acteurs majeurs : Nintendo et Sega

Les 2 grands de l’époque décidèrent d’uniformiser ce marasme de couleurs et d’illustrations dégeulasses pour imposer une standardisation de leurs matériaux et visuels respectifs.

Chez Big N, on opta pour des boîtes en cartons, une couleur standard pour tous les jeux (noir puis gris argenté)  et des illustrations très proches des graphismes du jeu. Le boitier de Super Mario Bros en est d’ailleurs le parfait exemple.  Evidemment, ce choix visuel ne dura qu’un temps et les grosses illustrations pleines de couleurs refirent leur retour très rapidement.  Et concernant le carton, autant dire que ce fut une fausse bonne idée. Bien sûr, sur le moment, ce choix semblait pertinent : le carton est peu cher et facile à produire, parfait pour faire des économies ! Mais (oui il y a un mais), il faut bien avouer qu’il accuse mal le poids des années ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous trouverez rarement sur le marché de l’occasion des jeux Nintendo de la période 8-16-32 bits dans leurs emballages d’origine. Et si par (mal)chance, la boîte accompagne le jeu, alors préparez la douloureuse !

Le pire dans ce choix est que Nintendo s’entêtera à produire des emballages en carton pendant 3 générations de consoles de salon (Nes, Super Nes, et Nintendo 64) et 3 de consoles portables  (Gameboy, Gameboy color et GBA) !

boxes everywhere

Chez Sega, le choix se porta sur des boitiers en plastique dur et des illustrations plutôt fades. Si les choses s’arrangèrent avec la Megadrive, sur Master System par contre, ce n’était pas la joie. Vous vous rappelez surement tous de ce fond blanc à carreaux bien naze et de ces illustrations aussi moches qu’insipides. Et on se rappellera également des boîtes Mega CD et Saturn, au design  tout en hauteur et franchement peu pratique pour le rangement. Néanmoins, le choix du plastique dur pour la génération 8-16bits aura permis à une nouvelle génération de joueur de découvrir les titres de chez Sega dans leur habillage d’origine.

Et les jeux PC me direz-vous ? Eh bien au départ, les emballages étaient assez minimalistes et légers. Pensez donc, les tout premiers jeux tenaient sur une  cassette ! Mais avec le temps, les jeux devinrent plus beaux, plus gros et les boîtes suivirent le même chemin. Car il en faut de la place pour caser des dizaines de disquettes ! Les boîtes de jeu PC étaient des mastodontes de cartons pleines à craquer et ce, même après l’apparition du support CD. Manuel épais comme un roman, cartes diverses (arbres technologiques pour les RTS, maps du terrain pour les jeux d’aventures, etc), jeu dans un boitier en plastique (boite-ception !), autant dire que le joueur PC se devait d’avoir de la place pour entreposer ses jeux !

Avec le temps, les boitiers finirent par arborer  un design standard tous supports confondus. D’abord avec les jewel case fragiles sur Playstation One et Dreamcast  pour terminer avec le format actuel, le keep case  de chez Amaray (ou boitier DVD). Que ce soit PlaystationNintendo, Xbox ou PC, tous ont aujourd’hui opté pour ce type de boîte. Les illustrations, elles, gagnent en sérieux mais perdent en originalité. Parfois trop d’ailleurs : il est bien loin le temps des  illustrateurs comme Greg Martin (qui nous a quitté cette année) et des dessins au doux parfum kitch. Mais si les boîtes ont changé, un format semble faire de l’ombre à ces dernières: le dématérialisé. Si les consoles de salons sont moins touchées, cela fait déjà un certain temps que les joueurs PC achètent leur jeux en dématérialisés. Gain de place et de temps, le dématérialisé à ses avantages. Cela veut-il dire que les boîtes de jeux vont disparaitre? Bien sûr que non !

Car pour survivre il faut s’adapter et les boîtes de jeux l’ont fait et l’incarnation de ce changement est le coffret collector !

assassin creed collector

Pour continuer à écouler  des boîtes de jeux, les marketeux du jeu vidéo ont eu une idée de génie : vendre le même jeu avec un enrobage différent et en augmenter le  prix ! Vous avez tous au moins une édition collector dans vos étagères, vous savez donc de quoi il retourne.

Néanmoins les coffrets collectors, c’est un peu comme les chasseurs : y a les bons et les mauvais. Si le bon collector sera rempli de goodies en tous genre et à la qualité variable (de la grande statuette de 20cm au jouet en plastique façon kinder-surprise), le mauvais, lui se contentera dune illustration différente sur la boite et de 3 pauvres cartes postales.  Eh oui, certains font fi de scrupules quand  il s’agit de  facturer un jeu 20 euros de plus.

Et n’allez pas croire que les collectors sont réservés aux gros blockbusters du genre ! Un soft comme Farming Simulator 2013 a eu droit à son édition collector (avec entre autre, un tracteur miniature !) et Goat Simulator aurait eu droit à une vraie chèvre inclue dans son collector si les problèmes d’envois et de droits des animaux ne sen était mêlés (non allez là on rigole !). Et pourtant, même sur ce terrain, le dématérialisé tente de concurrencer les boîtes physiques avec des collectors numériques : en gros vous remplacez les « merdes en plastiques »  (cc Benzaïe) des coffrets collectors par des bonus in-game (souvent cosmétique) tout aussi dispensables.

Vous le voyez, les jeux vidéo en boîte ont encore de beaux jours devant eux, mais pour combien de temps? Ira-t-on-on vers une généralisation des coffrets collector? (qui du coup ne seront plus vraiment collector) Ou bien à terme, passerons-nous tous au dématérialisé (en ce compris pour les collectors)? Seul l’avenir nous le dira…

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Petit Ange Parti Trop Tôt

Parfois, un Pixel s'éteint et vogue vers d'autres horizons. Mais ce n'est pas parce qu'il ne fait plus partie de notre grand barbecue que ce qu'il a écrit disparaît !

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