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Atelier Firis: The Alchemist and the mysterious journey | Test

Le rap c'était mieux avant... ou pas.

Un des problèmes majeurs auquel les séries prolifiques sont confrontées est la lassitude qui peut s’installer lorsqu’on a l’impression de jouer au même jeu opus après opus. La série des Atelier avait sans doute essayé d’éviter ce problème en changeant légèrement la recette à succès des titres phares sortis sur PS3 mais n’avait toutefois pas suscité l’unanimité parmi les fans de la licence. Avec Atelier Firis, Gust tente de recréer une expérience proche des épisodes emblématiques de la série. Voyons ensemble si cette nouvelle recette alchimique a pu créer un jeu de qualité 120.

Atelier Firis the alchemist and the mysterious journey art

Firis (le nombre de fois où j’ai lu Fist dans ma tête…) et Liane, les deux héroïnes de cet opus

Alchimie pour les nuls

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout la série Atelier, il faut avant tout savoir que la licence n’en est pas du tout à son coup d’essai. Depuis maintenant quelques années, nous avons même droit à plus ou moins un titre par an publié dans nos contrées, ce qui est tout de même remarquable pour une licence de JRPG de niche.

Tous les jeux de la licence que j’ai pu essayer reposent sur la même base : une jeune fille apprentie alchimiste accompagnée de ses amis actuels et à venir va devoir explorer le monde pour développer ses compétences alchimiques et accomplir un objectif particulier. Dans les précédents opus, cet objectif a été : retrouver sa mère ou sa sœur disparue, construire un pays ou encore sauver le monde d’un vilain « monstre-dieu » se réveillant d’un long sommeil.

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey combat

On a droit à un système de combat au tour par tour classique mais efficace.

Jusque là, plutôt classique me direz-vous. Par contre, la mise en scène a toujours été assez singulière. En effet, à part pour les deux derniers opus, le joueur sera pressé par le temps pour accomplir ces objectifs. Toute action effectuée fera avancer la date et s’il n’a pas réussi l’objectif principal avant une date fixe, c’est le game over, ou plutôt le new game +.

Au niveau du gameplay, la série a toutefois toujours proposé un JRPG au tour par tour relativement classique. On explore des zones où l’on peut récolter des matériaux, engager le combat contre les monstres qui y vivent, déclencher les événements du scénario principal ou encore y rencontrer de nouveaux alliés avec lesquels on tissera des liens d’amitié. Ces liens définiront généralement une fin spécifique parmi toutes celles déblocables.

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey chaudron

Dans Atelier Firis, vous pourrez « planter » votre tente atelier aux feux de camp que vous trouverez dans les zones explorables. Vous aurez donc un atelier itinérant plutôt qu’un atelier fixe dans une ville.

On reçoit également un bon nombre de missions secondaires en ville, on crafte son équipement et on utilise l’alchimie pour créer de nouveaux objets qui permettront de progresser dans l’aventure.

Comme on dit si bien, on ne change pas une équipe qui gagne. Du coup, quasiment tous ces constats sont valables dans Atelier Firis. D’un côté, les fans restent en terrain connu, mais est-ce que cela va justifier le fait de se lancer à nouveau dans un énième épisode ? Je serai plutôt mitigé sur cette question.

stock3Dmodels.com

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey paysage

Ça pique un peu les yeux

On va d’abord taper là où ça fait mal, on est en 2017 et il n’y a que très peu d’efforts apportés à l’esthétisme des environnements 3D parcourus en comparaison avec les opus sortis sur PS3 il y a plusieurs années.

Je trouve même que le rendu 3D est encore moins aguichant qu’à l’époque. On a droit à des textures grossières et pixelisées, une pléthore de NPC « sims » sans personnalité, le tout parsemé de petits ralentissements quand on engage les combats sur la map.

Le titre évite toutefois le naufrage esthétique grâce aux détails et à la qualité des modèles des personnages principaux et aux artworks à collectionner.

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey Liane

Les personnages principaux ont bénéficié de plus d’attention

Yo dawg, I heard you like open worlds

On continue dans le registre des points qui font mal. Nos amis de chez Gust se sont très certainement rendus compte de la hype qui entoure le concept d’open world depuis quelques temps. Du coup, ils se sont très sans doute dits qu’il était grand temps de s’essayer à l’exercice avec Atelier Firis. Malheureusement, ne réussit pas cette tâche qui veut…

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey carte du monde

La carte du monde est plus petite qu’à l’accoutumée.

Là où les titres précédents proposaient une carte du monde et un grand nombre de « mini-zones » à explorer, Atelier Firis propose toujours une carte du monde mais avec un nombre limité de zones plutôt vastes (et moches… comme dit plus haut). On doit s’y promener pendant un long moment à pied, jusqu’à en trouver une sortie, revenir sur la carte du monde et passer à la zone suivante. Fini également les villes « hub », la plupart sont modélisées dans ces grandes zones peu praticables.

La monotonie de nos ballades est interrompue par un grand nombre de NPCs nous donnant des missions à réaliser qui consistent généralement à occire X monstres, récolter X ingrédients ou créer un objet particulier grâce à l’alchimie. Un des gros problèmes en terme d’ergonomie est que le jeu ne vous indiquera pas où se trouve le NPC après avoir fini une quête, du coup si vous avez dû vous taper une longue marche pour accomplir l’objectif d’une quête tout en déclenchant 56 autres au passage, il y a de fortes chances que vous ne vous souveniez plus où aller pour les valider…

Atelier Firis the alchemist and the mysterious journey exploration

Les zones à explorer sont vastes et parfois très vides.

C’est d’autant plus problématique que marcher fait avancer la date et vous rapproche donc toujours un peu plus du game over. Et dieu sait que vous allez devoir faire un paquet d’allers retours. Il va donc bien falloir gérer votre temps et ne pas trop batifoler.

Pour couronner le tout, le concept d’open world est censé nous donner un certain sentiment de liberté. Dans Atelier Firis, le moindre buisson ou caillou vous forcera à faire un détour pour l’éviter… Bonjour la liberté d’action.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Atelier Firis rend également le concept d’alchimie plus compliqué, comme si on en avait vraiment besoin… Surtout que l’objectif principal ne dépend quasiment que sur l’alchimie. Il n’y aura en effet quasiment aucun combat contre des gros boss avant le post game…

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious

L’alchimie « Tetris style ». Alignez les ingrédients pour remplier les traits discontinus pour booster la qualité du produit fini.

Créer de nouveaux objets nécessitera à Firis de trouver des « idées » de recettes lors de l’exploration des zones. Le jeu nous propose toutefois quelques indices pour débloquer ces idées, mais certaines ne sont particulièrement pas claires et vous feront perdre beaucoup de temps.

De plus, créer de bons objets a également été complexifié. Là où Escha&Logy proposait un système clair et structuré, on nous propose à nouveau un système basé sur un espèce de Tetris où il faut positionner correctement les ingrédients sur un damier pour booster leurs capacités. Ce n’est pas toujours hyper facile ou clair de positionner nos objets aux bons endroits pour obtenir les capacités souhaitées. Bon courage pour faire des objets de qualité maximale…

Toi et moi dans le même bermuda

Atelier Firis The Alchemist and the Mysterious Journey CG

On prend toujours plaisir à suivre les aventures des personnages et à collectionner les artworks.

En somme, quel plaisir reste-il à jouer à Atelier Firis ? Et bien, le même que pour tous les ateliers, on s’attache relativement vite aux personnages et on apprécie de voir leurs relations évoluer petit à petit tout en créant de nouveaux objets, tentant d’explorer des zones reculées ou de faire face à des boss optionnels apportant un certain challenge.

Les personnages de cet opus sont particulièrement réussis. Le duo de départ composé de Firis et de sa sœur fonctionne parfaitement et suffit à nous donner envie de continuer l’aventure malgré tous les défauts de gameplay listés ci dessus.

L’histoire principale est malheureusement relativement banale et tient réellement sur un ticket de métro : Firis veut devenir alchimiste et aura 365 jours pour passer son examen. Point à la ligne, c’est tout. Il est donc relativement difficile de captiver le joueur à arriver au bout de ces 365 jours.

Atelier Firis The Alchemist And The Mysterious Journey fan service

L’empathie pour les personnages étant l’attrait principal , Japon oblige, on n’évite pas les « sexy costumes » DLC

C’est meilleur une fois fini

Une fois ces 365 jours écoulés et notre examen en poche, c’est là que le jeu prend « enfin » son envol. Fini la limite de temps et c’est parti pour explorer le monde à la recherche de boss optionnels et développer les liens avec nos amis pour débloquer leurs fins respectives.

Il est toutefois regrettable qu’il n’ait pas été possible d’intégrer ces moments plus intéressants dans la trame principale en la découpant en différents « chapitres » comme c’était le cas dans les opus précédents.

Conclusion

Les derniers titres de la licence Atelier n’avaient pas réellement convaincu en changeant beaucoup de points ayant fait le succès de la trilogie Arland sur PS3. Atelier Firis tente clairement un retour aux sources en reprenant certaines bases de ces épisodes mais ne réussit malheureusement pas à les égaler.

Bien qu’Atelier Firis conserve l’essence de la série avec une histoire légère et des personnages attachants, l’histoire peine réellement à captiver et la mise en scène d’un autre âge n’arrange pas les choses. On recommandera ce titre aux fans nostalgiques de la série, mais les nouveaux venus et les curieux feraient mieux de s’essayer aux opus bien plus réussis sur PS3 tels qu’Atelier Totori, Atelier Meruru ou encore Atelier Ayesha et Atelier Escha&Logi.

atelier firis ps4 pochette

Atelier Iris : The Alchemist and the mysterious journey

  • Développeurs Gust
  • Éditeurs Koei Tecmo
  • Type Alchimie 101
  • Support PS4, PS Vita, PC
  • Sortie 10 Mars 2017
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Atelier Firis: The Alchemist and the Mysterious Journey à notre sauce
5/10
Atelier Firis: The Alchemist and the Mysterious Journey à notre sauce
Y'a bon
  • Un certain retour aux sources pour la licence
  • Un character design fignolé
  • Un essai de monde ouvert
  • Le ton choisi et les relations entre les personnages
  • Le nouveau système de gestion du temps en post-game
  • Beaucoup de contenu
Beuuuuwark
  • Ce retour aux sources n'est pas à la hauteur la trilogie Arland sur PS3
  • Un univers d'une réelle pauvreté graphique
  • Un monde "ouvert" où on est bloqué par un caillou sur la route
  • Un objectif principal peu captivant
  • Des soucis d'ergonomie dans le système de quête
  • Manque de clarté du système d'alchimie
  • La gestion du temps pendant la quête principale
  • Technique
    4/10
  • Esthétique
    3/10
  • Ergonomie
    5/10
  • Audio
    8/10
  • Contenu
    7/10
Catégories
Tests jeux
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Amateur de japonaiseries en tous genres, rédacteur et correcteur sur pxlbbq.com
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