X Rebirth

  • Développeur : Egosoft
  • Editeur : Deep Silver
  • Type : Simulation spatiale
  • Support : PC
  • Sortie : 15 novembre 2013

Dans le même genre :

  • X³ : Reunion
  • Starpoint Gemini II
  • X : Beyond The Frontier

Après sept longues années de développement, X Rebirth a enfin pu voir le jour. Et malgré cette interminable gestation, Egosoft donne l’impression d’avoir prématurément accouché d’une souris. Une souris boiteuse, toussotante et percluse de bugs en tous genres.

Sur le papier, le projet est charmant : proposer aux joueurs un gigantesque bac à sable spatial rempli de quêtes, d’opportunités commerciales, de management, de combats spatiaux, de stations pleines de PNJ et de trésors à découvrir. Un titre dans lequel le joueur se forge son propre empire dans un univers où liberté est le maître mot. C’est donc le cœur rempli de belles promesses et excité par les joies de la découverte que l’aventure démarre. Et il faut reconnaître que ça commence plutôt bien. L’histoire nous trimballe gentiment d’un point à un autre dans un mode Campagne qui remplit relativement bien son rôle de tutoriel géant s’étalant sur plusieurs heures. Les rétines sont agréablement flattées grâce à des décors joliment mis en valeurs par une direction artistique coloréevariée et soutenue par une réalisation tout ce qu’il y a de plus honnête. L’impression de n’être qu’un moustique flottant dans le vide intersidéral prend aux tripes. Egosoft a vraiment soigné son travail en termes de design et de modélisation pour les environnements extérieurs. Petite cerise sur le cake de l’espace : l’univers fourmille de vie, est rempli d’étoiles, de couleurs, d’astéroïdes et le nombre de vaisseaux affichés en même temps à l’écran force le respect. Cette mise en scène donne clairement l’impression que tout ce petit monde vaque pépère à ses occupations. Bon, on remarque direct certains bugs de collisions, des chutes de framerates pas du tout normales ou des comportements parfois un peu chelou de la part des véhicules, mais l’illusion d’avoir quelque chose de vivant arrive à masquer un temps ces désagréments.

X Rebirth sur PC (2)

Les yeux pleins d’étoiles, le pilote en herbe se dit qu’il va pouvoir profiter de ce que les développeurs lui ont vendu comme l’une des grosses nouveautés de cet opus : la possibilité de visiter à pied l’intégralité des stations spatiales. Hélas, trois fois hélas, la triste réalité choisit ce moment pour frapper un grand coup et anéantir cet espoir candide et un peu fou qui nous laissait miroiter la possibilité d’aller gambader dans des mini villes remplies de PNJ. Si les stations paraissent démesurées de l’extérieur, de l’intérieur, elles sont tout simplement risibles. Ternes, peu inspirées et abritant deux pelés et trois tondus à la modélisation plus que douteuse, ces stations filent le cafard. Pire encore, il faut croire que dans le futur, les spatioports sont franchisés, puisque toutes les stations ne sont que d’honteux copié/collé. Même les objets à looter ont l’air d’avoir été inlassablement placés aux mêmes endroits. D’ailleurs, il faudrait vraiment que quelqu’un aille dire aux aventuriers de l’espace d’arrêter de perdre leurs portefeuilles dans les conduits de ventilation. Sérieusement les gars, il y en a toujours 4 ou 5 qui traînent là-dedans…

C’est donc dépité qu’on veut retourner dans l’espace en se promettant de passer le moins de temps possible dans ces horribles cloaques où les PNJ regardent béatement dans le vide en attendant leur mort. Manque de bol, de nombreux objectifs, comme embaucher du personnel de bord, ne peuvent être atteints qu’en interagissant face à face avec les personnages non joueurs. Du coup, il faut arpenter ces fichus couloirs en accostant les badauds pour qu’ils nous vomissent éternellement à la face les même lignes  de dialogues bas de gamme. Si seulement ce n’était que répétitif, on pourrait peut-être tenter de s’en accommoder, mais non, en plus de ça les menus sont vraiment mal foutus. Enfin, pour être plus précis, c’est toute l’interface qui laisse à désirer.

Coucou
Coucou

C’est par où la sortie ?

Avec quinze années d’expérience dans le domaine de la simulation spatiale, Egosoft devrait identifier facilement quelles sont les fonctionnalités qui sont nécessaires et celles qui sont inutiles dans une interface ? Apparemment non… Egosoft a eu la fausse bonne idée de vouloir consoliser son interface. Résultat des courses : on se retrouve devant des menus remplis de sous-menus, eux-mêmes remplis de sous-menus truffés de sélections radiales imbuvables (qui ont aussi plein de sous-menus, soit dit en passant). C’est d’autant plus mal fichu qu’il ne semble pas avoir de réelle logique dans l’agencement des menus. Pour engager un ingénieur ou engager un recruteur, il faut passer par des chemins totalement différents et pas du tout intuitifs. Bonjour les prises de tête quand plus de six clics sont obligatoires pour demander son chemin.

Dépité, il reste toujours l’exploration spatiale sur laquelle se rabattre. Ok, on n’a qu’un seul vaisseau qu’on ne peut que maigrement customiser, ok, la copilote est pénible et n’existe que pour combler un siège vide (et exhiber ses boobs), ok un tiers de la vue est obscurcie par des morceaux de métal et il n’y a pas de radar, mais après tout, ça peut être cool de gambader dans l’espace ? Non. Comme tout le reste, il y a des trucs qui clochent. La carte est illisible, il n’y a pas de pilote automatique et il est impossible d’accélérer le temps lors des déplacements. A la place, notre limace de l’espace peut emprunter de grandes autoroutes jaunâtres. Ces tunnels aspirent tout navire qui les pénètre et les propulse à grande vitesse vers un point de sortie. Si le cœur vous en dit, il est possible de sortir à n’importe quel moment de l’autoroute et d’y retourner. X Rebirth a même parfois la drôle de lubie de vous éjecter sans raison des highways en vous propulsant à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de toute âme qui vive. Dans ces moments-là, priez pour avoir une sauvegarde récente dans votre besace où préparez-vous à naviguer dans le vide pendant de très longues heures. Comble du bon goût, les développeurs ont même pensé à pondre un mini jeu pour égayer vos trajets sur les autoroutes. Le but étant de prendre l’aspiration du navire en face pour accélérer. Oui, oui exactement comme s’il y avait de l’air dans l’espace. Si vous êtes trop absorbé par cette avalanche de fun et que vous manquez votre sortie, il faudra retourner à votre destination par le chemin le plus lent – les autoroutes étant bien souvent à sens unique. Vous comprenez maintenant pourquoi un système de voyage rapide aurait été préférable à cette corvée.

X Rebirth sur PC (5)

Idiotie Artificielle

Autre clou à enfoncer dans le cercueil de X Rebirth : l’IA, ou idiotie artificielle. Les mercenaires que vous engagerez s’amuseront la plupart du temps à se perdre, à se coincer quelque part, ou pire à ne jamais répondre. Bien qu’il y ait finalement peu d’options pour commander son escouade de crétins, rares sont celles qui ne buggent pas. Après avoir (enfin) trouvé ce que vous voulez dans la spirale sans fin des menus radiaux, soyez sûrs que vos subordonnés feront presque tout sauf ce qu’il faut. Ou alors ils réagiront à la vitesse d’un mollusque empêtré dans de la mélasse. A cause de ça, certaines actions qui pourraient être pliées en moins de dix minutes prennent trois heures. Même faire du commerce devient fastidieux et soporifique à souhait. Sans entrer dans le détail des pénibles phases d’analyse de stations, il faut manuellement acheter chaque produit et attendre ensuite que son vaisseau cargo veuille bien venir les prendre plusieurs minutes/heures/éternités plus tard. Idem pour vendre. Ajoutez à cela que vos sbires ne peuvent pas assimiler plus de trois ordres et qu’ils adorent aller se perdre au fin fond de la galaxie sans laisser de trace et vous capterez qu’on ne peut compter que sur soi-même.

Après, il faut remettre les choses dans leur contexte. La série des X est connue pour sa courbe d’apprentissage abrupte. Les routines s’y assimilent souvent dans la douleur, mais sont toujours gratifiantes. Ici, il n’en est rien, tant les mécaniques sont obscures et peu intuitives. Les vétérans auront le sentiment d’être dépossédés de tout ce qu’ils connaissaient, tandis que les nouveaux arrivants seront vite débordés après un court laps de temps. Même le mode Campagne qui fait office de tutorial échoue lamentablement dans sa tâche à cause de bugs critiques et autres crashes intempestifs, obligeant au mieux à relancer une sauvegarde, ou au pire à recommencer tout depuis zéro (et ce après plus de 8-10 heures de jeu). Pour éviter d’en rajouter une couche, je ne vais même pas vous parler des quêtes annexes rébarbatives et ô combien similaires… La volonté de rendre cette franchise accessible à un plus grand nombre était louable, mais in fine la profondeur et la complexité écrasante des anciens X, malgré leurs interfaces utilisateurs alambiquées et inaccessibles, avaient une bien meilleure saveur que cette renaissance complètement ratée.

X Rebirth sur PC

Coooonclusion. Je dis non! Mais un Avis, je dis OUI!

On pourrait presque avoir de la peine pour Egosoft, tant on sent tout le potentiel latent du titre. Malheureusement à l’heure actuelle, X Rebirth se rapproche plus d’une bêta en cours de développement que d’un titre fini pour lequel il faille débourser 50 boules. Les patchs et les mods pourront sans doute colmater les brèches et éviter que X Rebirth ne s’écrase lamentablement la face contre un astéroïde. Mais en l’état, les bugs intempestifs, l’IA à la ramasse, les plantages, l’optimisation ratée et l’interface ôtent toute envie de jouer. 

Y’a bon!

  • Direction artistique en extérieur
  • Plus simple d’accès au début
  • Les musiques par endroit

Beuargh!

  • Intérieurs des stations
  • Les bugs à foison
  • Les PNJ
  • L’interface
  • L’optimisation
  • Crash réguliers du jeu
  • Doublage anglais morne

L’info en +

Le rayonnement fossile

C’est le nom donné au rayonnement électromagnétique issu, selon le modèle standard de la cosmologie, de l’époque dense et chaude qu’a connue l’Univers par le passé, le Big Bang. Bien qu’issu d’une époque très chaude, ce rayonnement a été dilué et refroidi par l’expansion de l’Univers et possède désormais une température très basse de 2,728 K (-270,424 °C). Le domaine de longueur d’onde dans lequel il se situe est celui des micro-ondes, entre l’infrarouge et les ondes radio. Plus précisément, les longueurs d’onde et fréquence typiques du rayonnement sont respectivement 3 mm et 100 GHz.

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Actuellement, je tape la carte sur MTG Arena et Legends of Runeterra, tout en continuant mon marathon Kingdom Hearts

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