On fait nos devoir chez PXLBBQ. Quand Namco Bandaï a annoncé la sortie de Little Witch Academia sur PS4, on a regardé toute la série, pour être certain de pouvoir en parler correctement. Mais manette en main, on s’est dit ensuite que ce n’était peut-être pas nécessaire…

Du temps à perdre

Pour ceux qui découvrent la licence, Little Witch Academia suit les aventures d’Akko, une jeune fille qui a été émerveillée plus petite par un spectacle de la sorcière Shiny Chariot et qui ne rêve depuis que de suivre ses traces. D’abord réalisé sous forme d’un court métrage d’animation par le talentueux studio Trigger, Little Witch Academia a depuis été décliné en série télévisée et en manga suite au succès rencontré.

Dans cette sorte d’Harry Potter japonais et féminin, on y suit donc les aventures d’Akko au sein de l’école de magie Luna Lova en compagnie de ses amies Lotte et Sucy, la première très studieuse et capable de parler aux esprits des objets, la seconde quelque peu inquiétante et très portée sur les poisons. Colorée, gaie et rythmée, la série avait tout pour être adaptée en jeu vidéo, surtout en reprenant des séquences animées de la série et en travaillant la modélisation de ses personnages et leurs animations avec grand soin. Les premiers instants, on se dit qu’on va passer un chouette moment…

“Oui madame” (Héhéhéé…)

Vanish+Doom

Prêtez l’oreille aux ragots, les infos sont souvent intéressantes

L’histoire prend place à la fin de l’année scolaire, alors que la plupart des élèves quittent Luna Lova pour des vacances bien méritées. Akko et ses comparses, quant à elles, restent à l’école, mais les comportements souvent fainéants et gaffeurs d’Akko lui valent d’être punie et de ranger l’énorme bibliothèque de Luna Lova… tâche à laquelle elle s’appliquera quelques courts instants avant de faire une longue sieste, fidèle à elle-même. En se réveillant et en compagnie de ses deux amies, elle découvrira un étrange ouvrage qui déverrouillera une pièce secrète de la bibliothèque menant à un mécanisme inconnu mais qui aura pour effet de relancer la même journée encore et encore une fois celle-ci terminée. Pour sortir de cette boucle infernale, Akko et ses camarades n’ont d’autres choix que de s’aventurer dans les donjons mystérieux créés par magie.

On va le dire tout de suite : Little Witch Academia va lorgner très fortement sur les productions de Vanillaware (GrimGrimoire pour le côté école de magie où la journée se répète à l’infini – Dragon’s Crown pour ses inspirations de gameplay) sans jamais – au grand jamais – parvenir à la cheville de ses inspirations.

Le jour d’Akko la marmotte

Visuellement, c’est une réussite

On l’a dit, si visuellement, les personnages sont très expressifs et très bien modélisés et si l’on profite des séquences animées du studio Trigger, les décors sont d’une pauvreté absolue  (les couloirs de l’école, les donjons…) tandis que l’on multiplie les allers-retours dans des couloirs à la conception déroutante, que même la mini-carte ne parvient à rendre intelligible. Les points de sauvegarde sont à débloquer avec des objets spéciaux, tout comme les sorts qu’Akko – incapable de manier la magie – qui doivent être utilisés à des endroits précis à l’aide d’objets dédiés.

On s’amusera quelques temps de la capacité d’Akko à écouter discrètement certaines conversations dans les couloirs de façon ici encore très expressive, mais on pestera très vite à mesure qu’on se perd dans les couloirs fades dont les connexions ne sont pas logiques, d’autant que les quêtes annexes abusent des déplacements.

Mais si ce n’était que cela. Little Witch Academia dispose aussi d’une seconde partie dédiée à l’exploration des donjons par équipe de trois élèves (les autres filles de l’école ne tardant pas à rejoindre le trio de base) qui rappellera cette fois Dragon’s Crown, autre titre de Vanillaware, sous forme de Beat’m Up (oui, on dit Shoot’m Up, donc c’est correct) un peu mou et très peu réactif dans des donjons à l’image des couloirs de l’école : tristes, génériques et sans vie. Il va même jusqu’à copier l’IA des alliés déjà pas très maligne du titre de Vanillaware qui ne font aucun cas des pièges des décors.

Les donjons sont très génériques et le gameplay peu réactif >_<

Ici encore, les personnages sont bien modélisés, et leurs animations détaillées, mais ils sont très lents à déplacer, et les attaques à distance loupent leur cible la majorité du  temps, la faute à des déplacements verticaux peu lisibles. Chaque fille a pourtant son caractère, ce qui influera sur la cohésion d’équipe, et elles peuvent aussi être entraînées et équipées séparément pour configurer son équipe de favorite avec son propre panel de sortilèges.

L’apprentissage des sorts est assez original

Et c’est bien dommage, car à l’image de Seven Deadly Sins, tout le côté Fan Service fonctionne (histoire inédite, modélisation, cinématiques créées par le studio d’animation…) le titre de Bandaï Namco a presque oublié d’être un jeu et ne réussit pas grand chose dans son gameplay. Outre les allez-retours ad-nauseam dans les couloirs insipides de Luna Lova, il faudra aussi composer avec des horaires fixes d’une journée à respecter pour faire avancer l’histoire, alors que les quêtes annexes – si elles respectent tout de même les personnages – ne nous imposent au final que de nouveaux allers-retours dans l’école pour récupérer des objets.

Conclusion

Little Witch Academia Chamber of Time, ou comment faire rimer Adaptation avec Déception. L’enrobage y est, assurément, et comparé à certains titres qui loupent aussi cet aspect, c’est déjà pas mal. Mais tout ce qui accompagne le côté purement “jeu vidéo” est raté. Progression laborieuse, répétitive, contraintes peu amusantes à respecter, bestiaire limité, gameplay mou, exploration ennuyeuse… Cela présageait du bon en regard des trailer, mais je ne vous cache pas que je suis tombé de très haut manette en main.

Little Witch Academia Chamber of Time

  • Développeurs Bandaï Namco
  • Type Aventure, D-RPG
  • Support PS4, PC
  • Sortie 15 Mai 2018
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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