J’étais un fan de Hunter x Hunter, jusqu’aux sorties trop sporadiques des tomes de Togashi et au mal des mangas modernes, à savoir un trop grand nombre de personnages et des arc qui s’étirent trop en longueur pour se donner un genre sérieux. Mais au départ, et depuis les premières pages du manga j’ai été happé par cet univers plein de personnages charismatiques et de combats débordant d’ingéniosité grâce au Nen, ce pouvoir complexe rappellant un peu les Stands. Alors, quand Hunter x Hunter Nen x Impact a été annoncé comme le premier jeu de combat d’envergure de la licence, vous pensez bien que je signais tout de suite. La naïveté, que voulez-vous…

Un rêve de Hunter… à petit budget

Un jeu de combat 3v3 signé 8ing, l’équipe derrière Marvel vs. Capcom 3 ? Allait-on enfin pouvoir incarner Gon, Kirua, ou Hisoka dans des duels épiques ? Eh bien, après avoir passé quelques heures à arpenter les arènes de ce titre, manette en main, je dois poser un constat « Emotional Damage » : Nen x Impact a du potentiel, mais il échoue sur bien trop de points. Comme quoi, changer de crêmerie ne donne pas toujours un meilleur fromage.

Dès les premières minutes, Nen x Impact m’a donné l’impression d’entrer dans un ring avec des gants trop petits, rappelant de douloureux souvenirs, comme un certain Dragon Quest Daï… Vous commencez à comprendre non ? Visuellement, le jeu manque cruellement de panache. Ce n’est pas honteux, mais les modèles des personnages semblent figés, comme s’ils avaient été taillés dans un budget de production digne d’un fast-food. Les animations sont raides, les effets de coups manquent vraiment d’impact, et les arènes manquent vraiment de vie. On est en 2025, sur PS5, Switch et PC, et pourtant, j’ai l’impression de jouer à un titre qui aurait pu sortir sur PS3, voire PS2 pour certains aspects. Le jeu souffre d’un manque flagrant de finition visuelle, loin des standards actuels des jeux de combat animés.

Mais bon, soyons honnêtes, un jeu de combat ne se juge pas seulement sur son apparence. Le cœur d’un titre comme celui-ci, c’est la baston, le feeling manette en main, et la fidélité à l’univers. Alors, j’ai enfilé mes gants de chasseur, choisi mon trio – Gon, Kurapika et Leolio pour rester roleplay – et je me suis lancé. Et là, surprise : le gameplay a du répondant, mais il est loin d’être sans défauts.

Des mécaniques solides, mais déséquilibrées

Le système de combat de Nen x Impact repose sur une formule 3v3 qui rappelle Marvel vs. Capcom 3, avec des changements de personnages à la volée, des assists, et un gameplay rapide. Les commandes sont simplifiées à l’extrême : un bouton de « rush » combiné à des attaques légères, moyennes ou lourdes permet de déclencher des auto-combos dévastateurs. Appuyez sur un bouton, et bam, votre personnage enchaîne une série de coups qui font des étincelles. C’est accessible, presque trop, mais moins que sur certains jeux de combats. Ici, il ne suffit pas de marteler une touche, mais de maintenir une gâchette et de marteler une touche pour partir en auto-combo, et je trouve ce choix très pertinent !

Même un novice peut sortir des combos qui infligent des dégâts monstrueux, mais jouer sans presser la gâchette permet tout simplement de gérer soi-même les combos. Les Aura Arts, ces super attaques propres à chaque personnage, ajoutent une touche de spectacle : voir Gon balancer son Jajanken ou Hisoka jouer avec son Bungee Gum fait son petit effet. Les descriptions des coups, détaillées dans le menu, sont un vrai plus : elles indiquent clairement si une attaque peut être annulée, si elle touche au sol, ou si elle possède des frames d’invincibilité. Fini les devinettes, tout est transparent, et ça, j’apprécie.

Mais cette accessibilité a un revers. Les auto-combos sont tellement puissants qu’ils dominent les matchs. Une fois que vous ou votre adversaire en place un, c’est souvent game over, surtout si vous jouez en ligne et que la connexion décide de faire des siennes. Et c’est là que le bât blesse. Le jeu penche vers un style exagéré, où les combos font des ravages et où l’équilibre n’est pas une priorité. Certains personnages, comme Meruem, semblent taillés pour tout détruire, tandis que d’autres, comme Biscuit, peinent à suivre. Avec seulement 16 personnages au lancement – un roster riquiqui pour un 3v3 – le manque de variété se fait sentir. J’ai vite tourné en rond avec mes équipes, et l’absence de crossplay limite encore plus la diversité des adversaires.

Le Nen Stance, une sorte de garde avancée qui repousse l’adversaire, apporte un peu de stratégie, tout comme les jauges qui boostent temporairement vos dégâts. Mais ces mécaniques ne suffisent pas à masquer les déséquilibres. J’ai souvent eu l’impression que le jeu récompense plus le spam de combos que la maîtrise, ce qui m’a clairement frustré : pourquoi apprendre à maîtriser un jeu si de toute façon, certains personnages et leurs auto-combos sont taillés pour dévaster tout les autres ?peut frustrer les joueurs expérimentés. Le gameplay est sympa quand il fonctionne, mais il manque d’intérêt sur le long terme.

Parlons maintenant du gros point noir : l’online. En tant que fan de jeux de combat, je sais que l’expérience en ligne est le cœur d’un titre comme celui-ci. Malheureusement, Nen x Impact rate complètement le coche. J’ai passé des heures à attendre des matchs, parfois plus de 10 minutes pour une seule partie. Et quand enfin je trouvais un adversaire, le rollback netcode, censé fluidifier l’expérience, se transformait en cauchemar. Des personnages qui se téléportent, des inputs qui ne répondent pas, des combos qui s’interrompent sans raison… C’est à se taper la tête contre les murs.

Pourtant, quand la connexion tient la route, les matchs peuvent encore être amusants. J’ai eu quelques duels serrés où le switch entre personnages et les assists étaient bien gérés. Mais ces moments sont trop rares. La communauté en ligne semble déjà se détourner du jeu, et sans crossplay, les serveurs risquent de devenir un désert d’ici quelques semaines. Les Cartes à collectionner qu’on peut parier en ligne, sont une idée sympa, mais sans une infrastructure solide, ça reste anecdotique. Si vous voulez jouer avec des amis en local, ça passe. Mais pas longtemps avec si peu de personnages.

Côté solo, Nen x Impact propose plusieurs modes : Story, Arcade, Heavens Arena, Time Attack, et Combo Trials. J’avais hâte de plonger dans le mode histoire, espérant revivre les moments épiques de l’examen des Hunters ou des Kimera Ants. Quelle déception. Le mode Histoire n’est qu’une succession de diapos tirées de l’anime de 2011 (d’où le souvenir douloureux de Dragon Quest Daï…), avec du texte et quelques grognements en guise de doublage. Pas de cinématiques, pas de narration digne de ce nom. Si vous êtes nouveau dans l’univers, vous n’y comprendrez rien. Si vous êtes fan, vous vous sentirez insulté par ce manque d’effort. Ce mode est si simpliste qu’il en devient inutile, et je suis d’accord. Il sert vaguement de tutoriel, avec des missions optionnelles pour apprendre des coups, mais même là, c’est rudimentaire.

Le mode Arcade est classique : huit combats contre l’IA, avec un boss final, Meruem, qui a une barre de vie interminable. Vous pouvez choisir entre facile, normal, ou difficile, mais sans récompenses significatives, ça manque d’intérêt réel très rapidement. Heavens Arena, un mode survie sur 31 étages, est plus intéressant. Vous gagnez de l’argent à chaque victoire pour soigner votre équipe, mais les soins coûtent cher, et sans checkpoint, une défaite vous ramène au début. J’ai tenté une run, et arrivé au 20e étage, j’ai craqué face à une IA devenue trop agressive. C’est frustrant, mais au moins ça pousse à s’améliorer. Time Attack m’a donné du fil à retordre : cinq combats à enchaîner le plus vite possible, sans difficulté réglable, et l’IA ne fait pas de cadeau. Enfin, Combo Trials sort du lot. Plutôt que de vous donner des combos prédéfinis, le jeu vous demande de commencer avec un coup spécifique et de trouver un moyen de finir l’adversaire. C’est créatif, mais un peu brouillon : sans inputs clairs, j’ai passé plus de temps à tâtonner qu’à apprendre. Une option permet de voir un exemple, mais ça reste un peu bordélique.

Ces modes solo tournent vite en rond, surtout le famélique mode Story. Vous affrontez l’IA dans des conditions légèrement différentes, et c’est tout. Les récompenses – des icônes de profil, des Titres ou des cartes, ou des G.I. Cards – manquent de charme et l’absence de contenu narratif substantiel laisse un goût d’inachevé. Pour un jeu vendu à plein tarif, c’est difficile à avaler.

Les fans de Hunter x Hunter méritaient enfin un jeu à la hauteur de la licence, mais le budget bien trop limité et les problèmes techniques auront raison de leur patience. Le jeu a été retardé de 2024 à juillet 2025 pour améliorer le netcode mais à l’heure actuelle, les promesses n’ont pas été tenues. Des patchs, comme la version 1.04 ont apporté des ajustements mineurs, mais rien de suffisant pour sauver l’expérience en ligne. Des DLC sont prévus, avec Neferpitou dès l’automne 2025, mais sans une refonte majeure, le jeu sera oublié d’ici là. Et des rédemptions tardivent sont possibles, regardez le jeu de combat Power Rangers qui s’est métamorphosé dans sa version 2.0. Ou même Street Fighter V, revenu de loin. Mais je doute que la licence HxH profite du même glow up.

Après des trop longues heures à enchaîner les matchs, à rager contre des lags, et à espérer un sursaut dans le mode Story, je ressors de Nen x Impact avec un mélange de frustration et… d’affection. Le gameplay, quand il fonctionne, rappelle pourquoi j’aime Hunter x Hunter : les personnages ont du caractère, et les mécaniques de tag renvoient aux combats du manga. Mais le manque de polish, le roster famélique, et surtout l’online désastreux plombent l’expérience.

Hunter x Hunter Nen x Impact


SupportsPC, PS5, Switch
GenreCombat
Date de sortie17 juillet 2025
ÉditeurArc System Works
Développeur8ing
MultiOui


  • Les auto-combos avec la gâchette et les descriptions détaillées des coups rendent le jeu facile à prendre en main, même pour les débutants.
  • Les movesets, comme le Jajanken de Gon ou le Bungee Gum d’Hisoka, sont bien respectés.
  • Les modes Heavens Arena et Combo Trials offrent des défis intéressants, même si c’est pas fou non plus.
  • L’expérience en ligne est gâchée par des lags, des déconnexions, et un matchmaking lent.
  • Les graphismes et animations semblent sortis d’une autre époque, loin des standards modernes.
  • 16 personnages ? Pour un 3v3 ? C’est trop peu pour assurer une vraie diversité.
  • Les diapos sans doublage ni narration digne de ce nom sont presque une insulte.

Hunter x Hunter Nen x Impact

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

À plein prix, le prix est difficile à justifier, surtout face à la conccurence de ces dernières années. Si vous êtes un fan absolu de la licence et que vous jouez en local, vous trouverez peut-être votre compte quelques temps. Mais pour nous, joueurs en ligne ou amateurs de contenu solo, Nen x Impact est un mauvais titre. Essayez la démo gratuite sur PSN avant de sortir votre portefeuille, et croisons les doigts pour que les patchs et DLC redressent la barre.

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