Test : Catherine Full Body – C’est Catherine avec plus de corps

Liaisons encore plus dangereuses

Sorti initialement en 2011 sur PS3 et XBox 360, Catherine avait fait couler beaucoup d’encre en amont à cause de son ambiance sexuelle très prononcée et assez inhabituelle pour une production vendue sur consoles. De nos jours et après le carton Persona 5 qui a mis Atlus très en lumière, plus personne ne tentera de véhiculer ces clichés sur Catherine Full Body, qui entend bien proposer une version “Golden” de son excellent puzzle game.

Le début du cauchemar ou juste le premier piège…?

Tout en haut de la tour

Les séquences de Flashback permettent de mieux comprendre la relation entre Vincent et Katherine

Revenons un moment sur l’histoire principale de ce Catherine Full Body. Comme l’énonce très bien Trish, la présentatrice de cette histoire tout en sirotant un excellent vin, il s’agit ici du même Catherine, mais avec plus de corps (Full Body). Une affirmation que l’on peut comprendre de plusieurs manières, puisque stricto sensu, Catherine Full Body propose un scénario remanié, de nouveaux défis, un mode “Remix” pour les puzzles proposant de nouvelles formes et de nouvelles règles et du multijoueurs. Une édition plus généreuse donc que l’original déjà très fourni.

Mais dans Catherine Full Body, il y a littéralement plus de corps, car en plus de la sévère Katherine et la tentatrice Catherine, nous rencontrons directement Qatherine – surnommée Rin – une jeune fille amnésique que l’infortuné héros de cette aventure – Vincent Brooks – va prendre sous son aile. Après l’avoir découverte apeurée dans la rue la nuit, il lui trouve un appartement à côté du sien et un emploi au Stray Sheep, le bar où il passe toutes ses soirées à boire et discuter avec ses amis. Très vite, cette nouvelle (Qate)Rine va jouer le rôle de soutien pour Vincent et devenir – bien évidemment – le troisième chemin possible, apportant la nuance qu’il manquait sans doute entre les deux autres femmes qui se disputent Vincent.

Car notre bon Vincent est tombé dans un piège mortel qui l’envoie chaque nuit dans un cauchemar épouvantable où – en caleçon et affublé de cornes – il doit gravir des blocs tandis que ceux-ci s’effondrent ou qu’il se voit poursuivi par une matérialisation monstrueuse de ses angoisses, le tout avec d’autres victimes qu’il voit sous forme de moutons.

Et des angoisses, il en a des pelles. Trentenaire insouciant, employé dans une boite d’informatique, aimant son indépendance et sortir le soir avec ses amis, il est en couple depuis 5 ans avec la belle Katherine, une femme indépendante mais très amoureuse de lui et surtout désireuse de mener leur couple et leur vie un peu plus loin, au grand dam de notre héros. En effet, pour ce dernier, pourquoi modifier un modèle de vie qui fonctionne ? C’est dans cette période de doute qu’apparaît la belle et désirable Catherine. Blonde aux yeux de biches bleus, légèrement vêtue et peu farouche, Catherine envoûte Vincent et ne lui dit que ce qu’il souhaite entendre avant de finir dans son lit. Du moins, c’est ce que Vincent constate avec effroi le lendemain matin, quand il retrouve Catherine nue accrochée à lui. Que s’est-il passé ? Il ne s’en souvient pas, mais de là démarre un véritable cauchemar éveillé, alors qu’il tente de cacher son erreur à Katherine, alors que cette dernière n’a de cesse de parler mariage et bébé et que la belle Catherine le harcèle de sextos et de photos suggestives.

La douce Qatherine est heureusement là pour vous donner du soutien bienvenu

Remise à niveau

Isolez-vous pour regarder vos photos…

Scénaristiquement donc, Catherine Full Body garde ses grandes lignes en intégrant parfaitement la nouvelle Rin à l’intrigue et en ajoutant quelques séquences de flashback sur la rencontre et la relation entre Katherine et Vincent, histoire de mieux contextualiser la situation de leur couple. En terme de gameplay, Catherine Full Body se divise en trois phases distinctes : la première étant narrative dans différents lieux (la chambre de Vincent, un café, l’appartement de Rin, le bar Stray Sheep), une séquence un peu plus libre au bar dans lequel il est possible de discuter avec les clients – étrangement familiers – jouer à une borne d’arcade, faire un tour aux toilettes, et répondre comme on le souhaite aux SMS des différentes C/K/Qatherine. En effet, à vous de choisir si vous voulez encourager la belle Catherine dans votre relation adultère ou tout faire pour l’en dissuader, ou tenter de rassurer Katherine sur vos intentions avec elle, ou au contraire, lui faire comprendre que vous ne souhaitez pas vous engager dans une vie de couple rangée, avec les gosses, la maison, le chien et les beaux-parents le dimanche (du moins c’est ainsi qu’il l’imagine).

Ces choix de situations, tout comme les réponses aux questions du confessionnal de vos cauchemars conditionnent bien évidemment la fin du titre, et si vous souhaitez atteindre la nouvelle fin dédiée à Qatherine, armez-vous de patience… ou d’une soluce !

Le patron du bar aura des choses à vous apprendre… tout comme les autres clients

Concrètement, Vincent sera envoyé chaque nuit gravir la monstrueuse tour en compagnie d’autres hommes infidèles ou ayant une conception de la femme, du couple ou de la fidélité assez relative. Certains n’en reviendront d’ailleurs jamais et d’autres moutons devront même être sacrifiés pour que vous puissiez continuer de gravir les cubes. Ces derniers peuvent être tirés ou poussés et restent en position tant qu’au moins une arête ou un côté est en contact avec un autre cube. Le temps étant limité, il faut analyser rapidement la configuration des lieux et ne pas se boucher de chemins pour parvenir à bon port, d’autant que diverses techniques – que l’on vous enseigne si vous le désirez pendant votre ascension – sont indispensables et vitales pour réussir les niveaux.

Si le jeu dispose d’un checkpoint à chaque moitié de palier, et malgré quelques objets bonus que vous pourrez récupérer sur la route ou acheter avec l’or récupéré, Catherine Full Body reste un titre difficile et exigeant en mode Normal. Pour ceux d’avantage intéressé par l’histoire passionnante de Vincent, un mode Facile vous permettra d’avancer sans trop d’encombre en vous retirant le stress de la tour qui s’effondre, vous donnant plus de temps pour réfléchir. Et si il est possible de changer de mode de difficulté dans les phases éveillées au Stray Sheep, gardez en tête que cela ne sera plus possible une fois plongé dans les cauchemars…

On notera que le titre n’est plus du tout censuré – le contenu restant coquin sans tomber dans le graveleux – et on remercie Sega pour cela, surtout depuis que Sony a décidé  d’être plus puritain dans les titres édités sur sa machine.

Catherine Full Body propose d’autres contenus comme le mode Babel, un puzzle-game au niveau de difficulté encore plus important mais avec la possibilité de jouer à deux.

Conclusion

Déjà énorme en 2011, Catherine Full Body propose ici l’équivalent d’un Persona 4 Golden en rehaussant le contenu narratif tout en proposant une difficulté à la carte pour s’ouvrir à plus de monde . Si le contenu restera dédié aux jeunes adultes sur ses thématiques, reste un titre toujours aussi parfaitement exécuté et fascinant à faire et refaire. Bref si vous avez découvert Atlus avec Persona 5 comme beaucoup, vous ne pourrez qu’apprécier l’écriture et l’ambiance de Catherine Full Body.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Catherine Full Body

  • Développeurs Atlus
  • Type Puzzle
  • Support PS4, PC
  • Sortie 03 Septembre 2019
Catherine Full Body à notre sauce
9/10
Catherine Full Body à notre sauce
Y'a bon
  • Qatherine, l'ajout qu'il fallait
  • Plus accessible, tant dans son histoire que dans sa difficulté
  • Les rajouts scénaristiques parfaitement intégrés
  • Visuellement toujours très beau
  • Aucune censure !
Beuuuuwark
  • Parfois bien difficile quand même
  • Des thématiques qui ne parlent pas à tous
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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