On suivait depuis un petit moment l’étrange Blackwood Crossing des développeurs anglais de PaperSeven. Après une beta sur PC prometteuse, le titre arrive sur consoles également pour nous livrer l’histoire de Finn et Scarlett, frère et sœur voyageant à bord d’un train.

Un train que vous ne quitterez que rarement, mais qui contient de drôles de choses

Se réveillant seule dans son compartiment, Scarlett part à la recherche de son petit frère qui semble l’appeler à l’aide. Rien ne vous sera plus expliqué. Ni votre destination, ni la raison de votre présence dans ce train habité par d’étranges personnages aux masques d’animaux.

Hey Brother

La magie contribue aux situations oniriques

Très vite, vous comprenez que Finn nourrit une certain animosité à l’égard de Scarlett, et vous vous lancez à sa poursuite, tandis que le train se métamorphose au fil de votre avancée. Il va être difficile de parler plus avant de l’histoire, puisque Blackwood Crossing est un titre qui repose sur l’incongruité des situations rencontrées, que nous pourrions rapprocher au voyage d’Alice dans le terrier de lapin. Il ne s’agit pas non plus d’un simple Walking Simulator, puisque quelques énigmes et objets à combiner parsèmeront l’aventure, sans toutefois essayer de bloquer la progression (petite astuce : pensez à vérifier les fenêtres). En effet, chaque énigme représente une pièce du puzzle narratif où rien n’est clairement expliqué. Il vous faudra comprendre la situation de Scarlett et de sa sœur aux travers des situations et de la narration environnementale principalement, point qui s’avère des plus réussis, en plus de poser la relation frère et sœur de manière assez réaliste.

Au fil de votre progression scriptée, vous voyagerez dans la peau de Scarlett alors que des éléments merveilleux et inquiétants s’inviteront pendant l’aventure. Scarlett gagnera ainsi des capacités magiques qui l’aideront à progresser et à démêler le fin mot de l’histoire.

La narration environnementale est un aspect très réussi de Blackwood Crossing

Les énigmes vous demanderont tantôt de relier des personnages figés dans le temps ensemble suivant ce qu’ils disent, retrouver des objets voire manier le feu ou combattre des ombres. Chaque élément apporte donc sa petite pierre à la compréhension générale, alors que l’univers onirique se déploie.

Découvrir tous les références au cinéma est un jeu dans le jeu

On regrettera sans doute la lenteur des déplacements de Scarlett, assez pénalisante quand il s’agit d’arpenter des zones plus larges, mais on peut aussi partir du principe que la lenteur est un parti pris; sensé nous immerger encore plus dans ce qui s’apparente à un rêve éveillé, avec ses contradictions, ses métaphores et la dilatation du temps.

De même, les temps de chargement un peu longuets nous sortent de l’ambiance, même si ils ne sont pas nombreux. Enfin, il s’avère parfois difficile de viser correctement les éléments interactifs, tant la fenêtre d’interaction semble étroite. Des défauts avec lesquels on compose, mais qui mériteraient quelques ajustements dans une prochaine production.

Blackwood Crossing s’avère également réussi techniquement et possède une empreinte graphique très colorée, se rapprochant des films d’animation. C’est particulièrement visible avec Finn, qui multiplie les expressions faciales et sa gestuelle sans cesse, tantôt drôle ou rassurant, tantôt inquiétant ou colérique. On se prend aussi d’affection pour Scarlett, qui même si on ne voit son visage que dans les reflets des vitres, se pose en grande sœur un peu dépassée, parfois désinvolte avec son frère, mais toujours affectueuse.

Le jeu joue avec nos émotions, et instille autant un certain malaise que de la tendresse

On peut aussi noter les nombreuses références cinématographiques du jeu à travers les affiches des films modifiées, qui sont autant un mini-jeu pour le joueur que des indices pertinents à l’intrigue générale. Intégralement doublé en anglais (mais sous-titré en français), on salue d’ailleurs le travail réalisé à ce niveau, tant la relation entre Scarlett et Finn semble réelle. L’ambiance musicale n’est d’ailleurs pas en reste puisqu’elle accompagne parfaitement les différents événements. Les autres protagonistes (Cam notamment) ont chacun leur personnalité et importance, même si leur visage reste constamment masqué, et apporte une touche relationnelle supplémentaire au jeu.

Conclusion

Il ne faudra guère plus de deux heures en ligne droite pour voir le bout de Blackwood Crossing et c’est bien là le principal défaut que l’on pourrait lui faire. Néanmoins, ce voyage de l’autre côté du miroir est très bien mené, prenant, onirique et touche à un sujet peu exploité tout en finesse et en non-dit. On en ressort un peu sonné, tant le rythme est lent et les informations laissées à notre intelligence, mais Blackwood Crossing est une très bonne virée narrative qui parvient à être touchante grâce à son doublage, à sa narration environnementale et à la manière de distiller son histoire.

Blackwood Crossing

  • Développeurs PaperSeven
  • Type Aventure narrative
  • Support PS4, PC, Xbox One
  • Sortie 04 Avril 2017
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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