J’ai refermé le deuxième tome de System Universe avec le sentiment que Sunrise CV a une drôle de façon de nous rendre accro. Le premier volume nous avait déjà laissé une bonne impression : un type de la Terre balancé dans un monde régi par un Système impitoyable, une classe unique qui fait trembler les lois mêmes de la physique locale, et une bonne dose d’humour noir. On pensait avoir fait le tour. Et puis arrive le tome 2, et on comprend que Derek n’a même pas encore commencé à jouer sérieusement.

Après avoir retourné comme une chaussette un petit village paumé et son donjon, notre livreur de chaos préféré décide qu’il est temps de voir du pays. Direction Torith, la ville la plus proche qui mérite encore le nom de ville. Là où le premier tome nous enfermait dans un microcosme rural, celui-ci ouvre grand les portes : noblesse corrompue, guildes, académies, intrigue politique, et surtout… un restaurant qui mérite presque son propre siège à l’ONU du royaume.

Derek, toujours aussi peu diplomate

On retrouve Derek exactement là où on l’avait laissé : surpuissant, vaguement associal, et toujours incapable de passer inaperçu plus de cinq minutes. Il cache son niveau réel – parce qu’il le peut – mais sa simple présence physique fait bugger les scanners de la Guilde des Aventuriers locale. Le pauvre examinateur doit se contenter de lui filer le rang maximum que sa petite antenne de campagne est autorisée à attribuer. On sent presque la sueur froide du fonctionnaire.

Très vite, il croise à nouveau la route de la famille noble dont il a, disons… écourté la lignée dans le tome 1. L’incident était parfaitement justifié, mais ça ne rend pas les retrouvailles plus chaleureuses. Derek navigue donc entre alliances de façade, sourires crispés et menaces à peine voilées. Comme d’habitude, la subtilité n’est pas son premier réflexe : quand on peut briser une épée légendaire à mains nues, on a tendance à résoudre les problèmes… directement.

Et puis arrive le moment où le livre prend une tournure qu’on n’avait pas vue venir. Derek décroche, presque par hasard, une carte de membre dans ce qui ressemble à un restaurant trois étoiles… sauf que c’est bien plus que ça. Derrière les nappes blanches et les plats à 500 pièces d’or l’assiette se cache une organisation quasi indépendante du royaume, avec ses propres règles, ses propres espions, ses hôtels, ses relais dans chaque grande ville. Ca m’a un peu fait penser à l’hôtel de John Wick. La propriétaire ? Une femme d’une puissance tellement absurde qu’elle pourrait probablement renverser le roi si l’envie lui prenait, mais elle préfère apparemment servir le meilleur café du continent.

Oui, du café. Parce que Derek, comme tout terrien qui se respecte, est en manque. Et quand il découvre qu’on peut en importer – à prix d’or – via un réseau parallèle, il se met en tête d’en faire une industrie. On passe donc vingt pages à le voir négocier grains, torréfaction, routes commerciales, comme s’il montait une start-up version médiévale-fantastique. C’est complètement absurde, et pourtant ça coule avec une logique implacable.

Ce qui change dans ce tome 2, c’est qu’on sent enfin le monde réagir à la menace Derek. Dans le premier volume, il était un phénomène local. Ici, les rumeurs courent, les gens chuchotent, les espions notent. Il commence à se faire des ennemis qui n’ont pas seulement un gros ego et une épée +15 : ils ont des réseaux, des alliances, des académies entières sous leur coupe. Et surtout, ils ont compris que ce type ne joue pas selon les mêmes règles qu’eux.

En parallèle, il continue de veiller sur Thomas, Brandy, Rayna et les autres. Il entraîne, il protège, il distribue des conseils d’un autre monde avec cette nonchalance de gars qui a déjà vu la fin du game. On sent poindre l’embryon d’un empire : pas un empire de conquête, mais un empire de loyauté. Les gens commencent à graviter autour de lui non pas parce qu’il les force, mais parce qu’il est simplement… trop fort pour qu’on puisse l’ignorer.

Côté mécanique, Sunrise CV continue de creuser son Système avec une certaine malice. Derek découvre de nouvelles façons d’exploiter ses compétences uniques, de combiner des effets qui n’étaient clairement pas prévus par les développeurs divins du truc. Il y a des moments où on rigole franchement en le voyant trouver des failles que personne n’avait envisagées depuis des siècles. Et en même temps, le livre n’oublie jamais de nous rappeler que ce même Système broie la majorité des gens. La différence de traitement entre un villageois lambda et un type avec une classe « erreur 404 » est brutale, presque cruelle. Et Derek commence à s’en rendre compte.

Alors, mieux que le premier ? Difficile à dire. Le premier tome avait l’avantage de la découverte totale, celui-ci a l’avantage de l’approfondissement : le monde s’étoffe, les enjeux montent, les personnages secondaires prennent de l’épaisseur. Personnellement, j’ai une légère préférence pour le tome 2, ne serait-ce que pour la séquence du restaurant et tout ce qu’elle implique pour la suite. On sent que l’auteur a posé des bases solides et qu’il a maintenant la place de faire n’importe quoi.

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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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