Nous nous retrouvons une fois de plus à pousser cette sphère insatiable qui transforme le quotidien en amas cosmique. Vingt et un ans après les premiers tours de roue sur PlayStation 2, Bandai Namco ravive la flamme de Katamari avec Once Upon a Katamari.

Roule ton Katamari

Oubliez les niveaux génériques où l’on ramasse punaises, baguettes, chats et tours de bureaux : ici, nous avalons samouraïs, dinosaures et hommes des cavernes, chacun dans son époque dédiée. Les décors historiques injectent une fraîcheur inattendue, avec des gags visuels qui jouent sur nos attentes : un Cerbère qui résiste avant d’être englouti, une pyramide qui orbite autour de notre création, ou un sumotori égaré au milieu des Spartiates.

L’histoire démarre avec le Roi de Tout le Cosmos dans sa maladresse habituelle. En pleine journée de ménage, il tombe sur un parchemin ancien, se laisse distraire et l’expédie dans l’espace, anéantissant une fois de plus le ciel étoilé. Nous, le Prince, nous lançons pour réparer les pots cassés en voyageant à travers les âges. Plus de cinquante niveaux s’étendent sur neuf ères distinctes : l’ère Edo au Japon avec ses lanternes et marchands, l’Âge de Glace peuplé de mammouths, la Grèce antique où nous chassons philosophes et torches olympiques, ou l’Ouest américain avec saloons et cow-boys.

Chaque période apporte ses objets thématiques – pots en argile, bœufs, Aristote et Platon qui débitent leurs citations en étant roulés – et des surprises comme un sarcophage ou un yokai luminescent dans un stage nocturne inspiré du folklore japonais. Nous avons adoré ces twists qui cassent la routine : vent qui nous dévie, sols glissants, ou une obscurité à percer en collectant des lumières bleues pour illuminer la carte.

Le gameplay garde sa simplicité addictive, mais affinée pour les consoles modernes. Nous choisissons entre commandes classiques à deux sticks – pour cette sensation tank chaotique des origines – ou un mode simplifié au stick gauche, idéal pour les newcomers ou des sessions détendues. Sur PlayStation 5, tout roule en 4K à 60 images par seconde impeccables, sans saccade même quand des centaines d’objets s’agglutinent. La caméra s’améliore drastiquement : un filtre rayon X s’active quand un mur ou un gros élément bloque la vue, et un bouton dash permet des ajustements rapides. Les power-ups, disséminés dans les stages, ajoutent de la stratégie : aimant pour aspirer en masse, chronomètre qui fige le temps et les volatiles en fuite, fusées pour un sprint, ou sonar pour traquer les cibles. Ces outils nous aident à optimiser nos runs, surtout dans les objectifs variés – taille maximale, couleur spécifique, ou ramassage précis – avec un timer généreux de dix minutes qui laisse place à l’expérimentation.

Les vibrations du DualSense transforment l’expérience en quelque chose de palpable. Nous sentons les menus frémissements pour les papiers froissés, les coups plus lourds pour un fauteuil avalé, ou le grondement profond d’un impact contre un obstacle. Pas de gâchettes adaptatives complexes, mais ces haptiques suffisent à nous renseigner naturellement dans la composition changeante de notre Katamari, qu’il s’agisse de fruits, de meubles ou de monuments entiers. Le hub SS Prince sert de base : nous y customisons notre cousin – ces créatures mignonnes que nous nommons et modelons –, échangeons jetons royaux contre émotes ou visages, ou revisitons des dioramas d’époques. Les couronnes cachées (trois par niveau) et cousins à libérer alimentent la progression sans obligation.

La bande-son reste un pilier de joie. Remixes des pistes jazzy et pop des classiques se mêlent à de nouvelles compositions, signées entre autres Daoko et Seiya Sakura, adaptées à chaque ère – J-pop enlevée pour le Japon féodal, instrumentaux apaisants pour les plaines préhistoriques. Les bruitages absurdes ponctuent chaque absorption : cloches, cris comiques, explosions farfelues. Nous marchons dans le hub au rythme de pas ASMR relaxants, mais ce klaxon strident en fin de mission nous agace parfois – un simple tic-tac aurait mieux clos les sessions. Visuellement, le style brut et coloré des PS2 est poli sans perdre son charme.

Développé par Rengame – alliance de trois studios japonais, dont Monkeycraft derrière les remakes récents comme Katamari Damacy Reroll (2018) et We Love Katamari Reroll + Royal Reverie (2023) –, ce titre marque le premier vrai sequel en quatorze ans, Bandai Namco ignorant poliment Katamari Damacy Rolling Live sur Apple Arcade (sorti en avril 2025, pourtant fun mais sans nouveauté majeure). Keita Takahashi, créateur original parti depuis longtemps, laisse la place à une équipe qui capture l’esprit initial tout en innovant modérément. Le multijoueur Katamari Ball oppose en ligne : nous gonflons notre boule, la rapportons au vaisseau avant les rivaux, dans un chaos scoring imprévisible. Contre l’IA, c’est déjà marrant, en ligne, cela promet des soirées animées.

La narration légère se déploie en vignettes familiales drôles, avec le Roi qui nous téléporte impulsivement. La campagne se boucle en une douzaine d’heures, extensible via collectibles et high scores. Un antidote parfait aux épopées narratives lourdes en somme…

Pourtant, il y a des trucs qui me chiffonnent. Trop peu de niveaux dinosaures, par exemple, certains stages basiques déçoivent face aux idées brillantes comme la parade des cent démons. Les power-ups, pratiques, manquent d’audace pour une vraie sensation de puissance débridée. Le hub reste fonctionnel mais sous-exploité.

Once Upon a Katamari


SupportsPC, PS5, XBox Series, PC
GenreHeu… Puzzle ?
Date de sortie24 octobre 2025
ÉditeurBandai Namco
DéveloppeurRengame
MultiNon


  • Ères historiques riches en gags et objets thématiques.
  • Contrôles fluides, caméra intelligente et retours haptiques PS5 immersifs.
  • Power-ups stratégiques et objectifs variés.
  • Bande-son éclectique et multijoueur compétitif fun.
  • Progression libre avec customisation étendue.
  • Power-ups trop sages, sans chaos transformateur.
  • Niveaux conventionnels qui pâlichent parfois.
  • Klaxon de fin agaçant et hub limité.
  • Manque de niveaux dinosaures.

Once Upon a Katamari

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Once Upon a Katamari n’est pas une révolution pour sa série, mais il s’en rapproche en injectant du neuf via l’histoire. Nous y trouvons un équilibre entre nostalgie et fraîcheur. Si vous cherchez du chaos joyeux et intemporel, lancez-vous : les époques n’attendent que votre boule.

3.5
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