Here They Lie | Test

Parfois, les ténèbres existent pour une bonne raison

Here They Lie était l’un des jeux de lancement du Playstation VR qui suintait bon la sueur chaude, mais qu’on a mis un peu de temps à apprivoiser. C’est que les premières minutes du titre mettent vite à mal notre estomac, sueur, haut le cœur et malaise s’invitant dès les premiers pas dans le jeu. Je savais qu’Here They Lie distillait un malaise, mais je ne l’imaginais pas sous cette forme…

Ding-Dong… Minuit sonne…

Alors toi, tu as fini par me manquer :'(

J’ai donc dû laisser le jeu de Tangentlemen de côté un petit moment le temps de m’habituer un peu plus aux sensations de la VR et c’est avec un grand plaisir teinté de crainte que j’ai réalisé qu’il s’agissait là bien d’une histoire d’habitude avant tout. Une fois mes yeux et mon oreille interne redevenues bonnes amies, je me suis relancé avec une fascination morbide dans ce que je qualifierai de voyage dans l’antre de la folie…

Here They Lie vous propulse dans la peau de Buddy, enfin c’est tout du moins le nom que l’homme amical au téléphone vous donne. Une fois sorti de l’étrange train qui vous amène dans ce monde gris, vous suivez une belle femme toute vêtue d’or qui contraste avec sa peau d’ébène. Mais, si vous en doutez encore, le voyage vers votre mémoire ne sera pas une partie de plaisir, car le monde dans lequel vous allez évoluer est tordu, violent, malsain et dangereux.

Le titre n’est certes pas un jeu d’action et d’ailleurs, vous ne pourrez que marcher, courir, utiliser une lampe torche et ramasser quelques objets nécessaires à la compréhension du scénario. On pourrait donc qualifier Here They Lie de Walking Simulator en VR, terme qui pourrait faire fuir bon nombre de joueurs.

C’est l’heure d’aller au lit…

Si l’aventure est relativement courte – et on attendra de voir ce que donne un gros jeu en VR à la sortie de Resident Evil 7 pour juger des longues sessions sous un casque – et ne dure que moins de 3h, le voyage peut se révéler glaçant et on évolue lentement, avec crainte. Car le jeu mêle habillement screamers, situations malsaines et créatures dangereuses pour vous faire douter.

– « Tu montes ? » – « Heeeuuuu »

On se surprend même parfois à s’arrêter pour regarder l’étrange vie de la Ville et de ses habitants par les fenêtres ou dans la rue, ou de jeter un œil dans l’entrebâillement des portes d’un Love Hotel crasseux où se livrent des jeux sexuels certes éloignés de la pornographie mais très glauques, entre les habitants à tête d’animaux et divers objets ou cadavres.

Here They Lie propose un voyage particulièrement éprouvant.

Il vous a vu, vous êtes mort

Le passage de la ville est d’ailleurs le plus réussi. On évolue dans un cauchemar éveillé, sorte de mélange entre le grotesque d’un film de Gilliam et l’esprit dérangé d’un Cronenberg, le tout engoncé dans l’univers de Silent Hill, avec autant d’émerveillement que de dégoût. Le titre doit d’ailleurs beaucoup à la réalité virtuelle, sans quoi il peinerait davantage à convaincre, mais les quelques moments d’effroi causés par l’obscurité, les quelques courses poursuites ou les jeux de cache-cache avec les étranges habitants de ce monde suffisent – surtout dans la première moitié – à donner envie de se réfugier dans un placard en sanglotant.

L’histoire en elle-même est relativement cryptique, même si les obscures photos et messages malsains découverts en cours de route trouveront un écho dans la dernière partie, reflétant même par moment vos choix moraux à certains moments du jeu.

Conclusion

Here They Lie propose un voyage particulièrement éprouvant. D’abord pour notre estomac les premières minutes si vous n’êtes pas habitués à la VR, ensuite pour nos nerfs quand il s’agit de braver nos peurs les plus primaires et d’évoluer dans des environnements fous. Enfin pour notre cerveaux, afin de mettre bout à bout correctement les indices récupérés pour comprendre enfin le fin mot de l’histoire. On aurait sans doute aimé en avoir plus, car la proposition tient la route en VR.

Here They Lie

  • Développeurs Tangentlemen
  • Type Voyage en enfer
  • Support PS4
  • Sortie 13 Octobre 2016
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • L’immersion
  • Un univers dérangeant au possible
  • En français
  • Plusieurs fins

Beuargh!

  • Spatialisation sonore parfois ratée
  • Un effet flou très présent, même si on s’habitue
  • Éprouvant pour l’estomac au début
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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